La FAO révèle que les prix alimentaires mondiaux ont baissé de 13,7% en 2023

0

L’indice des prix calculé en 2023 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui suit la variation des cours internationaux des principaux produits alimentaires échangés sur les marchés (céréales, huiles, viande, sucre et produits laitiers) s’est établi à 124 points, soit 13,7 % de moins qu’en 2022. C’est ce qu’a indiqué l’organisme onusien dans sa dernière note publiée le 5 janvier 2024. Ce recul vient mettre fin à une série de hausses consécutives entamée depuis 2020.

Ainsi, après la flambée de 2022 liée à la guerre en Ukraine, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont baissé de 13,7% en 2023, avec un repli marqué pour les huiles végétales et les céréales, a indiqué vendredi 5 janvier 2024, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

L’indice des prix calculé par la FAO, qui suit la variation des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires échangés sur les marchés, est en baisse de 15,4% en 2023 par rapport à l’année précédente pour les céréales, « reflétant des marchés mondiaux bien approvisionnés ».

Dans les détails, les huiles végétales ont connu le plus important reflux d’une année sur l’autre avec une contraction de 32,7 % avec le ralentissement de la demande de l’industrie mondiale du biodiesel qui a amélioré la disponibilité de certaines huiles pour l’exportation. Cette situation contraste avec le pic historique atteint l’année dernière sur fond d’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022.

Du côté des céréales, les prix ont reculé dans l’ensemble de 15,6 % portés par le repli des prix du maïs et des cours du blé avec l’abondance de l’offre de la Russie et de l’Australie. À l’opposé, le riz a augmenté de 21 % en 2023 avec les restrictions à l’exportation imposées par l’Inde et les inquiétudes liées à l’impact potentiel du phénomène climatique El Niño sur la production mondiale. 

Les cours du blé, indispensable céréale du pain, avaient flambé, faisant craindre à l’Organisation des Nations Unies (ONU) une catastrophe alimentaire accrue dans les Etats fragiles.

Le maintien d’exportations, même moindres, par Kiev, l’abondance de l’offre russe et australienne en blé et les belles récoltes brésiliennes de maïs et de soja ont favorisé le reflux des cours (-28% pour le blé sur le marché européen sur un an).

Si la tendance baissière est également notée du côté des produits laitiers (-16,7 %) et de la viande (-3,5 %), il faut signaler que les prix du sucre ont atteint en 2023, leur second plus haut niveau depuis 2010 avec une appréciation de 26,7 % d’une année sur l’autre.

Mais « le fait que le prix des matières premières baissent n’implique pas nécessairement une baisse de celui des produits alimentaires », a toutefois souligné l’économiste Bruno Parmentier, consultant spécialisé sur les questions agricoles et alimentaires.

Ceci du fait des craintes sur la production indienne et thaïlandaise en raison de El Niño et des problèmes logistiques du côté du Brésil, principal producteur. En septembre 2023, la livre de sucre brut pour livraison en mars a notamment atteint 28 cents, soit son plus haut niveau depuis 12 ans.  

D’une manière plus globale, il faut noter que ce répit des prix constatés sur les marchés agricoles peine encore à se répercuter sur les chaînes d’approvisionnement.

En Afrique, un rapport publié en décembre 2023 par la fédération mondiale des associations de protection des consommateurs (Consumers International-CI) estimait qu’au Ghana, au Nigéria et au Kenya, les prix au détail des denrées de base restaient élevés malgré des baisses notables dans les coûts d’achat en gros.    

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire