La Chine et la France au cœur du commerce illégal du bois en RDC

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La République Démocratique du Congo est le bastion des grandes entreprises forestières qui opèrent dans cette zone d’Afrique centrale qui sont en connivence avec l’administration pour contourner les lois. L’ONG Global Witness a publié, le mercredi 3 juin, un rapport accablant, intitulé « L’impunité exportée »

Dans ce pays d’Afrique centrale, il y est noté l’exploitation en dehors des zones autorisées, dépassement des volumes de coupe, collecte d’espèces protégées exportées avec de faux permis Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction), marquage frauduleux du bois, non-paiement des redevances, non-respect des engagements de compensation économique et sociale pris auprès des communautés reviennent en priorité dans ce catalogue d’illégalités.

« Les violations du code forestier sont fréquentes. La gouvernance en RDC est très faible et l’impunité généralisée. La corruption gangrène le pays, car chacun cherche à manger », a expliqué le coordonnateur de l’Observatoire de la gouvernance forestière, Essylot C. Lubala.

Le « grand Congo » possède plus de 150 millions d’hectares de forêts denses et humides, soit près de 60 % du bassin forestier d’Afrique centrale. Dix millions d’hectares sont exploités dans le cadre de grandes concessions accordées à des entreprises industrielles. Jusqu’à présent, l’agriculture et le bois utilisé comme combustible restent les deux moteurs principaux de la déforestation. « C’est le cœur de la forêt africaine, sa préservation est cruciale », argue Frédéric Amiel, de Greenpeace, pour expliquer le tir groupé des ONG internationales.

La France, 2e client de la RDC (d’où elle a importé 13 350 tonnes de bois) derrière la Chine, porte une responsabilité particulière. Elle importe la moitié des quantités écoulées vers l’Europe, et les ports de Caen et de La Rochelle font partie des principaux points d’entrée du bois congolais. Selon les manifestes de navires déclarés au port de Matadi, et que Le Monde s’est procurés, plusieurs entreprises françaises sont clientes des principaux exploitants forestiers mis en cause.

Par Saër SY (source: lemonde.fr)

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