Faut-il réinventer la Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE) en Afrique ?

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Vivafrik.com – Si la RSE est beaucoup plus une pratique des sociétés postindustrielles, les valeurs de solidarité, d’entraide, et de partage qu’elle véhicule, sont des réalités bien ancrées en Afrique. Il en est de même du souci de préservation de l’environnement et de préservation des intérêts des générations futures dans les activités humaines de mise en valeur des ressources naturelles. Toutefois, force est de constater que l’Afrique est encore absente dans les classements mondiaux RSE. VivAfrik vous propose un tour d’horizon sur la pratique de la RSE en Afrique.

Les principes essentiels qui guident les activités de RSE dont la gouvernance, l’éthique, la transparence et la reddition de compte sont en passe de devenir des principes universels partagés dans les sociétés modernes. Les entreprises et organisations en Afrique adhérent certes à ces principes, mais assez souvent, les pratiques RSE sont aux antipodes de ces mêmes principes. Résultat ; l’Afrique est absente dans les classements mondiaux RSE. Elle y est absente non pas parce que les sociétés implantées en Afrique n’ont pas encore intégré la RSE dans leur management, mais beaucoup plus parce que leurs pratiques au quotidien de la RSE révèlent que le concept est souvent vidé de sa substance originelle, et emprunte d’autres voies qui ne mènent pas forcement au développement durable, finalité ultime de tout programme de RSE.

Des montants colossaux continuent d’être investis au nom de la RSE sans qu’on puisse les quantifier ; ce qui est en porte à faux avec le principe de transparence ; un principe cher aux militants de la RSE.

Des initiatives pertinentes dans l’harmonisation des mécanismes et règles de bonnes gouvernance font jour un peu partout en Afrique ; comme l’instauration et la promotion de charte RSE, l’initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives en Afrique de l’ouest (ITIE), et bien d’autres cadres de promotion de la RSE. Mais, dans les faits, les vœux pieux l’emportent sur le respect des engagements souscrits.

Par exemple, il est généralement admis aujourd’hui que la RSE ne peut véritablement être au service du développement des communautés, que si elle contribue à la construction d’espaces de dialogue et de concertation entre les acteurs. Malheureusement, en Afrique, les cibles bénéficiaires assez souvent, ne sont pas associées aux processus de concertation qui doivent guider l’élaboration et la mise en place de programmes RSE.

Pour certaines sociétés installées en Afrique, qu’elles soient nationales ou étrangères, une simple certification à un certain nombre de normes comme la norme ISO 9001 ou ISO 26 000 (sans certification) suffit pour se donner bonne conscience et crier sur tous les toits qu’elles assument leurs responsabilités sociétales d’entreprise alors qu’au même moment, les activités qu’elles mènent mettent en péril la santé, le cadre de vie, et les moyens de subsistance de populations riveraines de leurs sites d’exploitation.

Bacary SEYDI / VivAfrik

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