L’électrification du Sénégal au charbon : le climat en pâtira-t-il ?

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Le Sénégal inquiète les écologistes du monde entier, car le pays a décidé dans l’urgence de construire quatre centrales à charbon pour faire face à son problème numéro un : le manque d’électricité. Il n’y en a pas assez pour tout le monde en même temps. Les trois millions d’habitants de la capitale vivent au rythme des coupures de courant. Elles durent quelques minutes, une heure, une nuit voir une journée.

Cette volonté des autorités sénégalaises entraves le développement économique et social du pays. Les experts font état de deux points de croissance du Produit intérieur brute (Pib) qui s’envolent chaque année. Sur le port de Dakar, les pertes sont considérables. « Avec toutes ces coupures, tu te retrouves avec beaucoup de poisson et pas de glace. Donc au fur et à mesure, ton poisson pourrit » se désole le fils d’un pêcheur. Avant d’ajouter sur rtl.fr, parcouru par vivafrik.com que « C’est un problème qu’on doit résoudre, on ne doit pas attendre. L’argent qu’on met sur les autres trucs, on doit le mettre dans l’électricité et le faire une bonne fois pour toute, parce que sinon et bien rien ne marche. »

Comme si ce mal ne suffit pas, le coût de l’énergie, encore très cher Sénégal vient aggraver la situation : 18 centimes le kilowatt-heure. C’est trois fois plus qu’en France. Car ici, les centrales fonctionnent au pétrole, et sont donc soumises au cours du prix du baril. C’est pourquoi dans l’urgence, et pour éviter des émeutes comme en 2011, le pays s’est lancé dans la construction de ces centrales à charbon.

Le charbon reste une des énergies les plus polluantes aujourd’hui. Sauf que c’est aussi une des moins chères à produire. Les experts énergétiques du Sénégal accusent les pays du Nord de traîner des pieds quand il s’agit de transférer leur technologie verte aux pays du Sud.

« Quand on va voir les entreprises, elles vous disent : « C’est une technologie, je la vends ». On n’a pas les moyens d’acheter », raconte Adams Tidjani, professeur de physique et membre du réseau des écologistes du Sénégal. Poursuivant son speech, il s’interroge d’emblée. « Qu’est-ce qu’il faut faire ? » Répondant à sa propre interrogation, l’expert en énergie martèle « On fait avec les moyens du bord. Les moyens du bord, c’est d’aller voir les Indiens et les Chinois qui nous mettent en place rapidement des centrales au charbon. Nous, dans cette opération, on a l’énergie, c’est vrai on pollue. Mais on ne nous aide pas à changer d’attitude. »

Par ailleurs, les spécialistes du secteur énergétique pensent que le Sénégal pourrait se développer sans polluer puisqu’il s’est engagé à produire 15% d’électricité issue des énergies renouvelables d’ici 2020. Il a même signé un plan climat, l’un des seuls d’Afrique subsaharienne. Le pays est conscient des risques liés au réchauffement climatique. Il les subit même déjà (hausse du niveau de la mer, baisse de la pluviométrie). Outre cet état de fait, le pays se heurte à deux problèmes majeurs à savoir le manque d’argent et le manque de techniciens qualifiés. « On peut se promener dans Dakar et voir des panneaux solaires très mal orientés », constate Abdoulaye Seck, expert en énergie. Renchérissant qu’ « une personne peut dire : « Moi, je me suis lancé dedans mais c’est pas (Sic) très intéressant, ça ne marche pas ». Alors que si on a un bon technicien qui l’installe correctement, ça marche. »

Pourtant, le pays pourrait se développer sans polluer. Mer, vent, soleil toute l’année : autant de potentiels en énergies renouvelables. Mais pour l’instant, les seules initiatives sont très locales, pour une communauté ou une entreprise. Le Sénégal attend de la Conférence de Paris des mesures fortes pour que l’Afrique puisse avoir les moyens financiers et humains de mettre en place des énergies vertes.
Moctar FICOU / VivAfrik

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