Les lions d’Afrique, voués à disparaître ? Réponse de Sylvain Dufour, président de l’association Sylvatrop

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MANDATORY CREDIT: Paul Goldstein/Exodus/REX Shutterstock. Only for use in story about Paul Goldstein's photographs celebrating world lion day. No stock, books, advertising or merchandising without photographer's permission. Mandatory Credit: Photo by Paul Goldstein/REX Shutterstock (4931906g) Lions at the Olare and Mara North Conservancies and in the Reserve, Masai Mara, Kenya World Lion Day: Beautiful images by photographer Paul Goldstein, Masai Mara, Kenya, Africa - 10 Aug 2015 FULL BODY: http://www.rexfeatures.com/nanolink/qs8pIn honour of World Lion Day today, photographer, guide and predator expert Paul Goldstein has selected some of his favourite images of the endangered animals. (10 Aug 2015)Wimbledon-based Paul has spent years studying and photographing lions. /Rex_World_Lion_DayBeautiful_images_by_Paul_Go_4931906G/MANDATORY CREDIT: Paul Goldstein/Exodus/REX Shutterstock. Only for use in story about Paul Goldstein's photographs celebrating world lion day. No stock, books, advertising or merchandising without photographer's permission./1508100951

Sur les 20.000 lions qui peuplent encore le continent africain, près de la moitié pourrait disparaître d’ici 20 ans. C’est le résultat d’une étude publiée dans la revue « Proceedings of the National Academy of Sciences ». La situation est-elle si dramatique ? Réponse de Sylvain Dufour, président de l’association Sylvatrop, qui agit en faveur de la préservation de la biodiversité animale en milieu tropical.

L’étude qui affirme que sur les 20.000 lions qui peuplent encore le continent africain, près de la moitié pourrait disparaître d’ici à 20 ans est très sérieuse. Elle a été réalisée par les meilleurs spécialistes de la question du lion en Afrique et met en avant des données importantes.

Malheureusement, ses résultats ne sont pas surprenants, même si cette réalité fait mal au cœur, souligne leplus.nouvelobs, repris par Vivafrik.

Observer une trace de lion est devenu rarissime

Depuis une quinzaine d’années, je me rends régulièrement sur le terrain, en Afrique. À chaque fois que j’entends un lion ou que j’observe une trace de cet animal, c’est un jour de fête, car cela est devenu rarissime. En Guinée, par exemple, je n’en ai entendu qu’une seule fois.

Aujourd’hui, on ne sait même plus combien il y a de lions dans les plus fameuses réserves d’Afrique. À certains endroits, cet animal commence même à devenir une légende.

Le lion est en effet une des espèces les plus menacées au niveau régional.

Le braconnage, le pire ennemi du lion

Ce déclin s’explique par la pression humaine, qui donne de moins en moins de place à la nature. Mais ce n’est pas le seul facteur.

Le trafic, que ce soit d’animaux vivants, de trophées, de viande de brousse, et le braconnage sont en pleine expansion et expliquent aussi la disparition progressive des lions en Afrique.

Une des conséquences du braconnage est la raréfaction du gibier, source de nourriture pour les grands carnivores. Lorsque les écosystèmes sont vidés des proies habituelles du lion, ces derniers n’ont d’autre choix que de s’attaquer au bétail. Ils deviennent ainsi la cible des chasseurs.

L’être humain empiète sur le territoire des animaux

La perte de l’habitat est aussi une cause de la disparition des lions. À cause de l’expansion agricole et du développement des élevages, l’être humain empiète sur le territoire des animaux. Il prend de plus en plus de place, au détriment des espèces.

Prenons l’exemple des Masaïs. Au Kenya et en Tanzanie, ils sont respectivement gestionnaires des Réserves du Masai Mara et du Serengeti, leurs terres ancestrales. De ce fait, ils font paître leurs troupeaux dans les aires protégées. Leurs vaches entrent donc en contact avec les animaux sauvages et peuvent leur transmettre des maladies comme la tuberculose bovine.

De plus, lorsqu’il y a un conflit entre homme et animal, les humains préfèrent tuer un lion plutôt que de trouver des solutions alternatives pour l’éloigner.

L’homme est le principal responsable

Le commerce des espèces sauvages est également un facteur à prendre en compte. Mais comment venir à bout de cette pratique illégale quand on connaît la valeur d’une dent de lion, par exemple ? Pour quelqu’un qui gagne 200 euros par an, c’est un bénéfice incroyable.

Pour finir, des facteurs politiques peuvent expliquer le déclin du nombre de lions. La protection de la nature et de la faune sauvage ne semble pas être la priorité des différents gouvernements africains.

À cause de cette absence de volonté politique, il y a une mauvaise gestion et un véritable manque de moyens. Aujourd’hui, la situation est plus que critique et l’homme en est le principal responsable.

L’argent peut aider à les sauver, mais il ne suffira pas

On peut supposer que le déclin du nombre de lions a commencé après la Seconde Guerre mondiale, quand l’Afrique subsaharienne a connu un boom économique important.

À cette époque, il n’y avait pas de réglementation autour des espèces sauvages. Les grands safaris, la chasse, le braconnage ont lancé ce triste processus, qui aboutit aujourd’hui à une situation dramatique.

Pour remédier à cela, un sursaut des instances internationales, des pays occidentaux et des bailleurs de fonds est nécessaire. Quand on sait qu’il faut 2.000 dollars par hectare pour protéger un lion, on comprend qu’il est urgent de débloquer des fonds.

Pourtant, l’argent ne suffit pas. Les ressources humaines et matérielles sont également essentielles.

Il faut agir de toute urgence

Les éco-gardes, qui exercent dans les réserves africaines, par exemple, doivent être mieux équipés et mieux formés. Pour l’heure, ils sont confrontés au fléau de la corruption et cela peut donner lieu à des histoires comme celle de Cecil le lion, au Zimbabwe, qui a ému le monde entier.

La mise en place d’un suivi des lions, permettant d’actualiser les données plus régulièrement est également nécessaire. Pour cela, des scientifiques doivent être déployés sur le terrain.

La sensibilisation a également une place primordiale dans la protection des lions, car la lutte contre le braconnage ne se fait pas seulement avec des fusils. Il est donc important d’éduquer les enfants, pour qu’ils prennent conscience dès leur plus jeune âge des enjeux liés à la protection de la nature et de la faune sauvage.

Nous devons agir dans l’urgence, mais aussi pour demain.

Par Saër SY

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