COP21: Le projet d’accord final renvoyé à samedi matin

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Le projet d’accord final pour lutter contre le réchauffement de la planète a été repoussé de vendredi à samedi matin, a-t-on appris auprès de la présidence française de la conférence mondiale sur le climat, rapporte Afp.

« Nous préférons nous donner le temps de consulter les délégations tout au long de la journée de vendredi », avant de présenter le texte final en vue d’une adoption directe en séance plénière, a-t-on précisé de même source. Le texte « sera présenté samedi matin tôt pour une adoption à la mi-journée », a-t-on ajouté.

C’est à 5 h 45 vendredi 11 décembre que Laurent Fabius a clos la « réunion des solutions » convoquée la veille à 23 h 30. Les traits tirés, le président de la COP21 a reconnu qu’il fallait encore « un peu de temps » pour trancher les ultimes arbitrages et que le projet d’accord sur le climat ne pourrait pas être adopté avant samedi 12 décembre, et non comme espéré dès le vendredi, renchérit La Croix.

UNE RÉUNION « INDABA »

Toute la nuit, les ministres ont poursuivi les discussions sur le projet d’accord, au cours d’une de ces réunions informelles surnommées « indaba », un mot zoulou évoquant les palabres, qui a rejoint le lexique onusien lors de la conférence de Durban en 2011. Sur la table : un projet d’accord préparé par la présidence française et l’ensemble des ministres co-facilitateurs, présenté aux parties à 21 heures le jeudi 10 décembre, avec six heures de retard sur l’horaire prévu. Un texte toujours plus court, qui présente des formules de compromis sur plusieurs options mais qui ne tranche pas encore sur tous les points.

LA RECHERCHE D’ÉQUILIBRE

Le projet d’accord recherche l’équilibre entre les demandes en présence, qui peuvent sembler parfois irréconciliables. Ainsi les pays les plus vulnérables exigent que le seuil de température à ne pas dépasser soit fixé à 1,5 degré. Une exigence rejetée par le groupe des pays arabes et qui, par ailleurs, laisse sceptiques les scientifiques. « Le 1,5, on n’y arrivera pas, assène un économiste, auteur du Giec. Sauf à arrêter tout de suite toute émission de gaz à effet de serre. »

« RESTER BIEN EN DESSOUS DE 2 DEGRÉS »

La formule testée par la présidence française fixe comme objectif à la communauté internationale de « rester bien en dessous du seuil de 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5 degré ».

Tout au long des 26 articles, le projet d’accord cherche l’équilibre entre le souci d’universalité – le monde entier doit désormais s’impliquer dans la lutte contre le changement climatique – et la prise en compte des besoins spécifiques des pays les moins développés.

« UN PIC D’ÉMISSIONS LE PLUS VITE POSSIBLE »

Pour tenir cet objectif, le texte propose « un pic des émissions de gaz à effet de serre le plus vite possible » et « une neutralité des émissions de gaz à effet de serre durant la seconde moitié du siècle ». Les options prévoyant des objectifs chiffrés de réduction des émissions à l’horizon 2050 n’ont pas été retenues.

LES PAYS DÉVELOPPÉS « À LA POINTE »

Aussi, en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les pays développés doivent « être à la pointe ». À terme, « toutes les parties » devraient leur emboîter le pas « à la lumière de leurs différentes situations nationales et stades de développement ».

En revanche, la ligne de partage reste en suspens concernant les règles de transparence, c’est-à-dire la façon dont les pays rendent compte devant la communauté internationale de leurs efforts en matière de réduction des émissions. Deux options restent en présence : un système unique de vérification pour tous les pays, prévoyant une certaine flexibilité pour le pays en développement ou deux systèmes distincts, l’un pour les pays développés, l’autre pour les pays en développement.

UNE RÉVISION À LA HAUSSE TOUS LES 5 ANS

Le texte acte le principe d’une révision à la hausse, tous les 5 ans, des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un premier bilan devant avoir lieu en 2023, l’accord entrant en vigueur en 2020. Dans une décision annexe, il est cependant suggéré de commencer cet exercice de révision à la hausse dès 2019.

100 MILLIARDS DE DOLLARS, UN PLANCHER

Enfin, concernant les financements, le projet d’accord entérine le versement de 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud à partir de 2020, à la charge des pays développés. Cette enveloppe devrait être un « plancher » et les pays développés devront présenter tous les deux ans un bilan de ces versements. Par ailleurs « d’autres parties », propose le texte, peuvent aider les pays en développement sur une base « volontaire » et « complémentaire ». Sont visés les grands émergents comme la Chine et le Brésil ou d’autres puissances économiques à venir, le texte étant censé s’appliquer pour le siècle à venir.

 Par Saër SY