Comment le réchauffement climatique et la recherche de la nourriture influent sur la migration des oiseaux

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 Grâce à une balise GPS miniature, on peut géolocaliser les coucous en temps réel et transposer leur parcours sur une carte. On prend ainsi conscience que les oiseaux font des haltes lors de leur migration et qu’il est très important de protéger ces lieux d’arrêt, quelle que soit l’espèce, relate lavenir.net de ce jeudi et lu par vivafrik.com.

L’évolution animale a conduit les espèces à se diversifier pour exploiter toutes les ressources disponibles. C’est ce qui pousse les oiseaux à migrer, à la recherche d’une meilleure nourriture lorsque les conditions climatiques deviennent défavorables pour les ressources. Voici les cinq grandes catégories d’oiseaux migrateurs que l’on peut apercevoir dans nos contrées, l’été ou l’hiver. On peut facilement l’imaginer, le réchauffement climatique influence aussi la migration des oiseaux, dont certaines espèces commencent à s’adapter. Mais les migrateurs sont pour la plupart génétiquement programmés pour quitter leur lieu de reproduction, quel que soit le climat. C’est l’une des stratégies déployées par les volatiles pour passer l’hiver, mais il y en a d’autres. Passage en revue.

Migrateurs à longue distance

Ces oiseaux sont des insectivores stricts, ils ont un impérieux besoin des insectes pour vivre. Ils quittent donc l’Europe en été une fois la reproduction terminée, traversent le Sahara et s’installent en Afrique où ils peuvent passer jusqu’à huit mois par an. C’est le cas du martinet noir, du coucou, de la tourterelle des bois. « Même si l’hiver est doux, comme c’était le cas les premières semaines, les migrateurs à longue distance s’en vont, fait remarquer Jean-Yves Paquet, directeur du département études de Natagora. Car ils partent avant l’hiver pour être sûrs de trouver de la nourriture.» Certaines espèces ne s’arrêtent pas pour manger, d’autres font des haltes migratoires, notamment dans les oasis.

Migrateurs à courte distance

Le rouge-queue noir, la fauvette à tête noire, le pouillot véloce en font partie. Ces espèces peuvent rejoindre le nord de l’Afrique, mais elles restent souvent en Europe, dans le sud de la France et en Espagne. « Ces zones comportent des risques de gel susceptibles de tuer les insectes, admet Jean-Yves Paquetmais ces oiseaux ont un régime mixte et peuvent manger des baies pour compenser. C’est leur façon de s’adapter.» La migration, ce n’est pas qu’une fuite devant l’hiver, c’est surtout un bon moyen pour que les oiseaux puissent tirer profit de l’abondance de ressources chez nous à la bonne saison, souligne encore le spécialiste.

Sédentaires

Les espèces sédentaires ont la capacité d’adapter leur alimentation à ce qu’elles trouvent sur leur lieu de vie. Les granivores sédentaires, par exemple, mangent facilement au printemps des insectes, plus nourrissants pour la période de reproduction. C’est le cas des mésanges, que l’on trouve sur les mangeoires à graines en hiver et au creux des arbres au printemps pour traquer les larves. Sittelles, pics, verdiers, troglodytes restent aussi au pays durant les mois les plus froids.

Migrateurs partiels

Certains partent, d’autres restent. Et d’autres encore arrivent du nord. En résumé, au sein d’une même espèce, certains individus passent l’hiver chez nous tandis que d’autres prennent le large vers le sud de l’Europe comme les migrateurs à courte distance. Pendant ce temps, on en observe dans nos jardins qui viennent du nord. L’exemple type est celui du rouge-gorge. « L’avantage, c’est que si les conditions hivernales sont mauvaises chez nous, les individus qui ont pris la peine de migrer peuvent repeupler l’espace une fois de retour », estime Jean-Yves Paquet. C’est ainsi qu’on observe de grosses fluctuations dans les populations selon la rudesse de l’hiver. « En 1997, l’hiver a été froid au point que la Meuse a gelé. On a perdu 50% de tous les troglodytes. Mais ils se sont adaptés et se sont reproduits davantage les années suivantes.» Au final, les populations s’équilibrent en fonction des ressources.

Migrateurs à caractère invasif

Les espèces des quatre catégories précédentes migrent chaque année de la même manière. Chez les migrateurs à caractère invasif, rien n’est immuable. Ces oiseaux nichent pour la plupart en Scandinavie. Certaines années, lorsque la reproduction a été bonne, ils descendent par chez nous, si les ressources ne sont plus suffisantes sur leur lieu de vie. Ce sont des espèces qui dépendent des fruits d’arbres et s’adaptent donc aux fluctuations de ces ressources. Le bec-croisé des sapins et le tarin des aulnes (espèce de passereaux) en font partie. « Ce caractère «  irruptif » et ces changements de zone d’hivernage restent quand même un peu mystérieux, admet le patron des études Natagora. Comment ces oiseaux savent-ils où il y a des ressources pour s’y rendre et s’y arrêter? » Un exemple cette année : vous avez peut-être aperçu des sortes de hérons blancs dans les prairies. Ce sont en réalité de grandes aigrettes qui viennent de l’est de l’Europe et se sont arrêtées chez nous. Le motif ? Une bonne reproduction des campagnols qui pullulent dans nos champs et font ainsi le régal des aigrettes qui s’en nourrissent.

Moctar FICOU / VivAfrik

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