Le biomimétisme : développement et application en Afrique

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Centre Eastgate à Harare au Zimbabwe construit à l’image des monticules des termites.

Et si la nature était un laboratoire de recherches, le plus vaste dont nous disposerions au monde ? C’est l’idée du biomimétisme, qui consiste à imiter le vivant pour proposer des technologies qui ne polluent pas, utiliser des matériaux recyclables et puis pour économiser de l’énergie. Et si les réponses aux grands défis environnementaux qui se posent à notre planète existaient déjà, s’il suffisait de lever les yeux un instant, et de regarder ce que les ailes des oiseaux ou les toiles d’araignées ont à nous apprendre ?

 Le biomimétisme s’inspirer de la nature pour innover durablement

Depuis 3,8 milliards d’années, période de l’apparition du vivant, la nature a inventé des stratégies qui ont permis à des millions d’espèces de survivre, d’adapter leur forme à leur fonction, de consommer un minimum d’énergie pour un maximum de rendement, de ne faire aucun déchet… les formes, les matériaux, et même les écosystèmes sont des sources inépuisables d’inspiration pour répondre aux défis environnementaux qui s’imposent aujourd’hui. C’est le principe du Biomimétisme inventé par Janine Benyus au début des années 90.

D’après Mme Kalina RASKIN, docteure en biologie, chargée du développement scientifique du CEEBIOS auditionnée par la section de l’environnement du CESE dans le cadre de la saisine,  « le biomimétisme s’inspirer de la nature pour innover durablement ». Ainsi, la nature et le vivant sont déjà des sources d’inspirations. Dans la nature, les organismes vivent en équilibre dynamique avec l’ensemble de l’écosystème. Le CESE souhaite explorer les avancées du biomimétisme, identifier ses acteurs, évaluer l’état de la recherche fondamentale et appliquée, scientifique et industrielle, et envisager des approches transversales. L’étude permettra de s’assurer que cette nouvelle approche ou discipline est une véritable opportunité pour nourrir notre créativité et notre inventivité, et un atout pour accompagner efficacement les collectivités publiques et la société civile dans leurs efforts de transition énergétique et écologique.

Le biomimétisme peu connu en Afrique

Le domaine biomimétisme intéresse de plus en plus pas mal de personnes et les poussent même à faire une formation là-dessus. Aux Etats Unis et en Europe le biomimétisme est utilisé mais en Afrique cela reste encore peu connu même si certains pays s’efforcent de s’y inspirer. Il faudrait cependant une politique efficace pour faire passer l’information afin que les acteurs économiques s’y mettent. Le Centre Eastgate à Harare au Zimbabwe s’inscrit parfaitement dans ce dynamisme. Conçu en 1996 par l’architecte Mick Pearce en collaboration avec les ingénieurs Arup (qui est une firme indépendante de concepteurs, planificateurs, ingénieurs, consultants et spécialistes techniques travaillant sur tous les aspects de l’environnement), le centre a été construit à l’image des monticules des termites. Il ne dispose pas de climatisation ni de chauffage mais reste cependant régulé avec une consommation énergétique réduite grâce aux méthodes utilisées (inspirées par la maçonnerie zimbabwéenne et les monticules auto-réfrigérants des termites africains).

Le biomimétisme classe les innovations en trois niveaux : le biomimétisme de forme, le biomimétisme des matériaux et le biomimétisme écosystémique.

Le biomimétisme de forme ou de surface : Il s’agit de s’inspirer et imiter les formes retrouvées dans la nature par exemple la conception de l’avion inspiré par la forme de l’oiseau et son mode de déplacement.

Le biomimétisme de processus ou de fonction : Observer comment la nature fait pour « réaliser une fonction » afin de l’imiter. Nous allons reprendre l’exemple de l’avion mais nous allons nous intéresser aux cabines Airbus A380 qui sont conçus à l’image de la feuille du lotus. Sur cette feuille végétale, les gouttes d’eau y coulent sans jamais s’y accrocher. Ce miracle est repris dans cet avion pour gagner des heures de maintenance.

Le biomimétisme tend à s’inspirer de la nature au lieu de la détruire

Le biomimétisme écosystémique : Imiter les systèmes de la nature, leurs interrelations et la coopération entre eux : Création de parcs industriels visant la « symbiose ou l’écologie industrielle ». La Ville de Kalundborg au Danemark et son parc industriel bâti au début des années 1990, sans être le premier exemple de symbiose industrielle, en est tout de même une parfaite illustration. La coopération, le recyclage et l’échange de flux de matière ou d’énergie ont permis aux entreprises basées sur le parc industriel de minimiser leur impact environnemental en améliorant leur productivité.

Le terme biomimétisme, outil qui s’inspire de la nature pour innover durablement, fait son apparition dans la littérature scientifique dans les années 1960. Il tend à s’inspirer de la nature au lieu de la détruire. C’est une approche de conception pour des solutions technologiques durables et innovantes. Le 1er et 2 Juillet 2016 s’est tenu le premier salon international du biomimétisme et des innovations inspirées du vivant à Senlis. Une occasion de faire une exposition d’innovations émanant de la nature à travers les animaux et plantes qui nous entourent.

La biologiste Janine Benyus présente le biomimétisme comme une approche organisée et reproductible. Elle le définit comme « une démarche d’innovation, qui fait appel au transfert et à l’adaptation des principes et stratégies élaborés par les organismes vivants et les écosystèmes, afin de produire des biens et des services de manière durable, et rendre les sociétés humaines compatibles avec la biosphère». Dans son ouvrage « Biomimétisme », elle montre le comportement exemplaire de la nature :

  • Sa source d’énergie principale est l’énergie solaire. Elle n’utilise que la quantité d’énergie dont elle a besoin.
  • Elle adapte la forme à la fonction.
  • Elle ne jette rien mais recycle tout.
  • Elle parie sur la diversité et sur les complémentarités.
  • Elle travaille à partir des expertises locales.
  • Elle limite les excès de l’intérieur.
  • Elle utilise les contraintes comme source de créativité.

Aida Kébé DIAGNE (Stagiaire) / VivAfrik

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