La question climatique divise les pays membres du G20

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Le sommet des 20 pays les plus développés du monde (G20), organisé du 28 au 29 juin 2019 à Osaka (Japon) pourrait être une opportunité pour trois ou quatre pays membres à rejoindre la position des Etats-Unis sur le climat. Un revirement qui va affaiblir le camp de ceux qui défendent l’accord de Paris, selon l’Elysée.

Dans un G20 divisé, il n’est pas acquis que le président français Emmanuel Macron parvienne à convaincre ses homologues de marquer dans leur communiqué final d’Osaka un engagement ferme pour le climat, lui qui a fait de « l’ambition climatique » une « ligne rouge ».

Le climat « est le sujet le plus difficile » du sommet qui s’est ouvert vendredi 28 juin, a-t-on souligné dans l’entourage du président français. « Les Américains tiennent un langage très dur autour de la table » pour « essayer de rallier d’autres pays » et « dégrader le langage du communiqué » final qui sera publié à l’issue du sommet ce samedi, explique cette source. De ce fait, « il n’est pas acquis » que soit réaffirmé le soutien, par 19 des 20 Etats – à l’exception des Etats-Unis – à l’accord de Paris sur le climat de 2015. Le président Donald Trump a décidé de s’en retirer en 2017. « Ce ne serait plus 19+1 mais 18+2 ou 17+3…, ce qui serait pour nous inacceptable », a poursuivi la présidence française. Cette position est partagée par les pays européens du G20 ainsi que par le Canada, d’accord pour « dire très fermement qu’on ne pourrait accepter un texte qui dégraderait ce qu’on a obtenu lors des deux précédents G20 et qui affaiblirait l’accord de Paris ».

Emmanuel Macron avait fait monter la pression à Tokyo en fixant une « ligne rouge ». A l’en croire, la France ne signera pas la déclaration finale du sommet si elle ne défend pas « l’ambition climatique », alors que Donald Trump peut compter sur plusieurs potentiels soutiens dans le groupe des 20 pays les plus puissants du monde : le Brésil de Jair Bolsonaro, ou des alliés historiques comme l’Arabie saoudite ou le Japon, pays hôte. « Le Brésil doit être respecté. Nous n’accepterons pas d’être traités comme par le passé », avait déclaré Jair Bolsanoro. La Turquie ou l’Arabie saoudite sont également citées parmi les pays « sous pression » des Etats-Unis. « On me dit que le Brésil hésite », a confié M. Macron. Qui ajoute que la Turquie se poserait aussi des questions, notamment pour des raisons financières.

Dans les coulisses du G20, on s’active donc pour fédérer. Les pays européens vont se coordonner dans la matinée sur cette question. D’autres, comme le Canada, devraient les rejoindre. Objectif : afficher toujours plus d’ambition sur la question climatique. Jugé parfois insincère sur l’écologie en France, le chef de l’Etat jouit toujours d’une réputation de défenseur du climat sur la scène internationale. Lui qui dit « avoir la foi du converti récent » va, pendant deux jours, demander des efforts à ses homologues.

Moctar FICOU / VivAfrik

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