Gestion de déchets : Averda annonce l’arrêt temporaire de tous ses services au Gabon

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Le torchon brûle entre l’Etat du Gabon et Averda. Ainsi, suite au non-paiement de ses prestations par l’État gabonais sur 24 mois cumulés, la société en charge de la gestion de déchets dans le pays, Averda a annoncé l’arrêt temporaire de tous ses services.  

La compagnie libanaise a annoncé par voie de communiqué qu’elle comptait suspendre temporairement sa collaboration avec les autorités gabonaises qui lui doivent pas moins de 24 mois d’arriérés. Pour Libreville, rien à regretter.

Les relations entre Averda et l’Etat gabonais deviennent tendues : l’entreprise a récemment essuyé les foudres de Leandre Nzué, nouveau maire de la capitale Libreville qui, face à l’insalubrité chronique qui pèse sur la ville, a voulu résilier le contrat de la société. Averda, en charge de la gestion des déchets au Gabon depuis quatre ans, est depuis en conflit ouvert avec le nouveau maire qui fait de la lutte contre l’insalubrité l’une de ses priorités. Les difficultés d’Averda ne sont pas sans rappeler celles de Veolia au Gabon, dont l’éviction de la gestion de la Société d’énergie et d’eau du Gabon a été très médiatisée.

Jusque-là, Averda s’occupait de la salubrité dans la capitale Libreville, mais aussi dans la ville d’Akanda en assurant la collecte des déchets, le balayage des rues, le nettoyage des plages ou encore le curage des caniveaux ainsi que le transfert des déchets collectés au centre d’enfouissement de Mindoubé. Mais, à en croire la compagnie, l’Etat gabonais, via sa filiale Clean Africa n’a pas respecté ses promesses durant deux années d’affilé.

«Toute l’équipe d’Averda a conscience des répercussions qu’entraînera cette décision regrettable sur les Gabonais, nos employés, ainsi que leurs familles. C’est pourquoi nous tenons à rassurer toutes les personnes concernées, car nous mettons tout en œuvre pour trouver un accord satisfaisant avec Clean Africa et l’État gabonais», lit-on dans le communiqué de la société.

Précisant qu’en dépit de cette période de non-paiement et de hausse constante de la dette, Averda a maintenu ses services et a continué à rémunérer l’ensemble de ses 700 employés. Une situation qui s’est répercutée sur sa trésorerie en occasionnant des pertes financières considérables auxquelles la société doit maintenant faire face.

Averda opère au Gabon depuis quatre ans, mais également au Moyen-Orient et dans des pays comme le Congo-Brazzaville.

Ces tensions viennent de nouveau illustrer la gestion des ordures en Afrique, rendue difficile par des contrats fragiles entre les autorités et les compagnies spécialisées. Au Cameroun, les sites locaux ont par exemple annoncé, mardi 6 août 2019 que les employés de la société d’Hygiène de salubrité du Cameroun (Hysacam) entreront en grève pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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