« Pangolin connection » : cet animal camerounais, suspect numéro 1 de l’origine du coronavirus

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Devenu mondialement célèbre pour son rôle probable dans la transmission du coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19, le pangolin connaît depuis des décennies un braconnage intense le menaçant d’extinction. Petit mammifère à écailles, le pangolin est probablement un des transmetteurs du virus Sras-CoV-2 à l’origine de l’actuelle pandémie, a confirmé une étude publiée fin mars dans le journal scientifique Nature. Le pangolin, qui compte quatre espèces vivant dans les zones forestières d’Asie du Sud-Est et quatre autres en Afrique, est aussi le mammifère le plus braconné au monde. Selon l’ONG Traffic, un million d’individus auraient été chassés au cours des dix dernières années. Les Chinois, suivis des Vietnamiens, en sont les principaux acheteurs : ils consomment la viande de l’animal, mais utilisent aussi ses écailles, riches en kératine, en raison de leur prétendue vertu thérapeutique. Ce négoce a pris un tel essor que la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a classé, en 2016, le pangolin parmi les espèces les plus menacées, et a interdit sa commercialisation. Mais cette convention, signée par 182 pays, dont la Chine, a été jusqu’ici faiblement appliquée. Si bien que, au lieu de décliner, le marché du pangolin s’est beaucoup développé. Avec un changement important : alors qu’il était auparavant alimenté par des animaux capturés en Indonésie, en Malaisie et au Vietnam, il s’approvisionne désormais beaucoup en Afrique. La raison de cette évolution : le petit mammifère est devenu de plus en plus rare en Asie, victime du braconnage mais aussi de la déforestation, qui lui a fait perdre son habitat. Des chercheurs ont estimé en 2017 qu’entre 400.000 et 2,7 millions de pangolins sont désormais chassés chaque année dans les forêts d’Afrique centrale pour ravitailler le marché asiatique, lit-on à tract.sn.

Covid-19 : l’effet « boomerang » dangereux du trafic de pangolin en Afrique

D’après les investigations de EAGLE au Sénégal, le pangolin bien que discret est présent sur le territoire sénégalais où il fait l’objet d’un trafic annuel entre le Mali et le Sénégal pour la communauté asiatique.Au Sénégal, le traitement de la criminalité faunique est effectif. La révision des textes de lois à ce sujet, pierre angulaire à une meilleure riposte contre ce crime, est en cours et devrait apporter des outils plus efficaces dans le traitement de cette forme de criminalité. Une collaboration étroite et forte existe depuis 2014 entre les différents ministères concernés par la lutte contre le trafic de faune et le projet« EAGLE Sénégal » (Eco Activists for Governance and Law Enforcement), une organisation Américaine, pionnière et leader dans ce domaine en Afrique.Cette organisation accompagne et appuie activement les services de l’Etat en particulier le ministère de l’Environnement et du Développement durable et le ministère de l’Intérieur dans la lutte contre cette forme particulière de criminalité environnementale et sécuritaire.Grâce à cette collaboration fine, depuis 2014, le Sénégal renforce progressivement sa volonté de freiner ce trafic et affiche des taux de résultats bien supérieurs à certains pays voisins en termes de lutte contre le trafic de faune sauvage.Le ministère de l’Environnement, par ses deux directions des Eaux et Forêts et de la Chasse (DEFCS) et des Parcs Nationaux (DPN) avec l’appui de la Direction générale de la Police (DGPN) et du projet EAGLE Sénégal ont ainsi confisqué ces 6 dernières années, des contrebandes de faunes natives du Sénégal ou de la sous-région dont certaines sous-régions touchées par le virus EBOLA (lui aussi transmissible de l’animal sauvage à l’Homme !).Ainsi, ont été saisies et confisquées plus de 3500 peaux et pièces de diverses espèces protégées (lion, léopard, crocodiles, python, singes, antilopes, servals, loutres, chauve-souris etc.), plus de 1800 animaux sauvages vivants destinés à l’exportation illégale Internationale (perroquets, perruches, tortues etc.) et plus de 2000 objets en ivoire d’éléphants.Pour ces saisies majeures, ce sont plus de 70 trafiquants qui ont été interpellés, jugés et condamnés, pour des faits de détention, circulation commercialisation, abattage d’espèces protégées selon l’article L32 et L27 du code de la chasse, indique EAGLE Sénégal.

Le pangolin africain est braconné et commercialisé illégalement

Cette lutte engagée par le Sénégal, pour la survie des espèces de faune sauvage, dont notre propre survie est étroitement liée doit se poursuivre et se renforcer. Cette pandémie dont le pangolin africain est braconné et commercialisé illégalement à l’International est le vecteur principal du Covid-19 au même titre que la chauve-souris l’est pour Ebola, sont la preuve irréfutable du bien-fondé de cette lutte pour la sécurité des États. Il est devenu impératif de reconsidérer la criminalité faunique comme une priorité de tous les États Africains. Le trafic de faune sauvage engendre des monstres silencieux bien dangereux car il génère notamment des revenus illicites annuels de plus de 20 milliards de dollars, menace la paix des États Africains, grâce au financement facile que procure ce commerce à des groupes terroristes reconnus tels que la LRA, les Janjawid, les Al Shabab, vide nos précieux Parcs nationaux de sa faune, appauvrit le peuple africain de ses ressources naturelles et fait planer un énorme risque de santé publique. C’est notamment le cas avec cet effet « boomerang » du trafic de pangolin africain, qui non seulement génère une crise économique, sécuritaire et environnementale en amont, mais en aval, retourne à sa source, l’Afrique, avec le Covid-19. « La cruauté envers les animaux peut devenir violence envers les hommes ». Cette citation prémonitoire de l’actrice américaine Ali MacGraw ressurgit à l’heure où la pandémie du COVID-19 met à l’épreuve les systèmes sanitaires les plus modernes et étend ses tentacules dans toutes les régions du monde.

Moctar FICOU / VivAfrik           

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