Le Soudan du Sud mise sur l’hydroélectricité pour une meilleure expansion électrique

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La compagnie d’État South Sudan Electricity Corporation envisage de développer une centrale hydroélectrique de 120 Mégawatts (MW) et de déployer des projets régionaux de lignes de transport d’interconnexion. Cette initiative témoigne la volonté de la société d’ouvrer en faveur de l’amélioration de l’accès à l’électricité au Soudan du Sud.

Si le pétrole est une ressource stratégique pour le jeune État sud-soudanais, qui a d’abord consolidé son accès à ses richesses pétrolières, l’eau est une ressource vitale. Bien que le gouvernement sud-soudanais ait donné les lignes de sa politique en matière de gestion de l’eau, beaucoup reste à faire.

Le « pays des rivières », selon l’expression du géographe français du xixe siècle Élisée Reclus, englobe la partie du bassin nilotique à l’ouest de Bahr el-Jebel et entre le lac Albert et le sous-affluent du Nil, le Bahr el-Ghazal. Ce nom reflète la richesse des ressources en eau, composées d’une trentaine de fleuves et rivières qui forment un réseau hydrographique complexe et dense de chenaux, et contraste avec l’idée de l’Afrique sèche. Les rivières au Sud-Soudan sont souvent des ouadis temporaires fluctuants, apparaissant et disparaissant au rythme des saisons pluvieuses et sèches. Elles changent de nom suivant les régions au gré de leurs divagations.

Cette richesse des ressources en eau a permis au pays d’adopter une nouvelle posture. Ainsi, le Soudan du Sud qui a accueilli un webinaire organisé par Africa Oil and Power et la Chambre africaine de l’énergie le 27 juillet 2020, sous le thème « Soudan du Sud : préserver le progrès économique face au COVID-19 », compte tirer profit de cette richesse.

Tous les yeux étaient tournés vers l’hydroélectricité, a dit Jacob Manyuon Deng, directeur général de la planification et des projets de la South Sudan Electricity Corporation lors du webinaire, indiquant que la source d’énergie renouvelable est le premier choix de l’entreprise à utiliser pour élargir l’accès à l’électricité à travers le pays.

Cela fait suite à l’achèvement de la première phase du projet de réhabilitation et d’extension du système de distribution électrique de Juba de 38 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD), qui a ajouté 33 MW d’électricité au réseau national de Juba et détient le potentiel, une fois achevé, de générer 100 MW de puissance.

Au mois de mai dernier, 6 131 des 20 000 consommateurs commerciaux et domestiques du « dernier kilomètre » ciblés par le projet étaient connectés au réseau.

Parmi les autres projets prévus par le ministère de l’Électricité, des barrages, de l’irrigation et des ressources en eau, citons la ligne de transport Ouganda-Soudan du Sud, une ligne de transport d’interconnexion de 400 kV qui s’étend sur 382 km entre l’Ouganda et le Soudan du Sud. En 2018, la BAD a engagé 1,5 million de dollars pour financer des études de faisabilité pour la section de la ligne du Soudan du Sud, tandis que l’Ouganda est en train de confirmer le financement de sa portion.

« Nous recherchons le financement pour [cette] ligne afin que nous puissions utiliser la même ligne pour transmettre [l’énergie] à la région, [et pour que] le potentiel hydroélectrique du [Soudan du Sud] puisse être développé », a déclaré M. Deng. « Le Soudan du Sud est très riche en termes d’hydro parce que nous en avons le potentiel ; c’est là que nous allons augmenter l’accès à 50% », a-t-il poursuivi.  

La ligne de transport d’interconnexion Éthiopie-Soudan existante de 296 km et 230 kV fait également face à des projets d’extension, bien que la matérialisation du projet reste dépendante des investissements.

« Nous avons un plan [pour la ligne qui a été érigée] pour être étendu à la partie intérieure du Soudan du Sud », a encore ajouté directeur général de la planification et des projets de la South Sudan Electricity Corporation. «Tous sont dans le plan, mais nous avons besoin de financement ».

Le Soudan du Sud a le potentiel de produire plus de 2 500 MW d’électricité à partir de l’hydroélectricité, principalement dans sa région équatoriale. Fula, Shukoli, Lakki et Bedden sont parmi les plus grands sites de projets identifiés sur le Nil avec un potentiel de développement et devraient générer 2 927 MW d’électricité.  

Moctar FICOU / VivAfrik                                                    

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