Le Sénégal se tourne vers les forêts nourricières pour lutter contre la déforestation

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Le Sénégal est parmi l’un des pays africains qui souffre le plus des pressions liées à la gestion des forêts avec 40 000 hectares de forêts perdus par an. La multiplicité et la diversité d’enjeux difficiles à maîtriser donnent un signal fort : il faut réfléchir ensemble et mettre en œuvre des actions de lutte contre l’épuisement de nos ressources en arbres.

D’après un rapport du FAO, 13 millions d’hectares de forêts ont été convertis chaque année au niveau mondial entre 2000 et 2010. L’utilisation – ou la disparition sous l’effet de phénomènes naturels – de ces forêts accélère la probabilité qu’un risque se produise (glissement de terrain, perte de de biodiversités, augmentation niveau de la température…).                   

Le Sénégal, compte plus de 200 forêts classées dont la majorité se trouve dans le Ferlo, au Sénégal oriental, au Sine Saloum et en Casamance. En prenant en compte les activités des plus de 15,2 millions d’habitants au Sénégal, la plupart des forêts classées n’échappent pas à la dégradation et au déboisement. Dus à des facteurs naturels et anthropiques, les forêts se réduisent donc considérablement.

Cette situation a obligé les Sénégalais à adopter posture qui a porté ses fruits et le pays de la Téranga fait partie du projet international de la Grande muraille verte dans le Sahel. Dans cette dynamique de reforestation, un nouveau projet vient d’être lancé, les « tolou keur », soit des petites forêts nourricières et médicinales, replantées à côté de villages à vocation écologique. Un deuxième projet pilote a été lancé mercredi 12 août 2020 dans le village de Belvédère, à 40 kilomètres de Dakar.

À côté d’une zone industrielle, le village de Belvédère dénote par ses baobabs et ses champs verts. Djibril Sall, le chef du village, est content de voir pousser les jeunes arbres fruitiers et les légumes plantés grâce au projet « Tolou Keur ». « Il n’y avait rien, pas de pluie parce qu’ils ont tout rasé, mais si on replante des arbres, les pluies vont revenir. Les arbres c’est très important », se réjouit-il.

Avec la participation des 60 personnes du village et de l’Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande muraille verte à planter une forêt nourricière de 5 000 m², à quelques pas de leurs maisons.

« Ce design ce n’est rien d’autre qu’un petit poulailler au centre, 90 % d’arbres autour, avec quelques légumes et plantes médicinales. Cela nous permet de diminuer l’utilisation de l’eau parce qu’on forme un micro climat », souligne Aly Ndiaye, maître d’œuvre du projet.

Face à la crise du coronavirus, l’Agence nationale de la reforestation a voulu aider ce village sans eau et sans électricité à devenir plus autonome, de façon écologique. « On est surtout sur la régénération du tissu forestier. Et on est surtout sur l’autosuffisance alimentaire et médicinale. Ce programme va avoir pour objectif de régénération naturelle car c’est une banque de semences qui se créée », explique Karine Fakhoury, directrice des écovillages et des filières vertes. D’ici à 2021, 1 000 sites similaires pourraient voir le jour à travers le Sénégal.

Moctar FICOU / VivAfrik                                                            

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