L’ONU estime à 180 milliards $ le montant annuel pour l’adaptation au changement climatique

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Après la publication du rapport du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNSDIR) alertant que le changement climatique est le principal responsable du doublement des catastrophes naturelles dans le monde en vingt ans avec 1,2 million de personnes tuées depuis 2000 et 4,2 milliards de personnes touchées et publié lundi 12 octobre 2020, l’Organisation des Nations unies (ONU) revient à la charge.

A l’en croire, la hausse des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes fait courir de graves dangers aux populations du monde. Suffisant pour l’institution d’estimer les investissements annuels à 180 milliards $ nécessaires aujourd’hui pour l’adaptation au changement climatique, si l’on veut sauver des vies, souligne un autre rapport de l’ONU.

Les catastrophes naturelles feront environ 150 millions de victimes par an, d’ici à 2030, selon les estimations d’un rapport de l’ONU sur la situation des services climatologiques en 2020, publié le mardi 13 octobre 2020. Soit une augmentation d’environ 50% par rapport à la situation en 2018, où environ 108 millions de personnes, victimes de tempêtes, inondations, sécheresses ou incendies, ont été forcées de recourir à l’aide humanitaire internationale. Les coûts de ces catastrophes devraient par ailleurs atteindre 20 milliards $ par an, d’ici à 2030.

Le rapport établi sous la houlette de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) par 16 institutions financières et organismes internationaux souligne que l’augmentation des catastrophes liées au climat impose naturellement une hausse des investissements en faveur de l’adaptation.

Si le financement de l’action climatique atteint des niveaux records, les mesures prises sont en revanche loin de répondre aux besoins d’un scénario de réchauffement planétaire de 1,5 °C.

Selon les estimations de la Commission mondiale sur l’adaptation, pour la période 2020–2030, il faudra dépenser 180 milliards $ par an, à cette fin. Bien que le financement annuel de l’action climatique ait atteint pour la première fois les 500 milliards $ en 2018, le financement de l’adaptation n’en constitue qu’une très petite partie (5 %).

Le rapport insiste également sur la nécessité d’orienter plus d’investissements vers les petits Etats insulaires en développement (PEID) et les pays les moins avancés (PMA) africains afin de combler les lacunes en matière de systèmes d’alerte précoce.

Depuis 1970, les aléas météorologiques, climatologiques et hydrologiques ont fait perdre aux PEID 153 milliards $. Il s’agit d’un montant significatif si l’on considère que le PIB moyen des PEID est de 13,7 milliards $. Ils ont aussi fait 1,4 million de victimes (70 % du total des décès) dans les PMA.

Sous l’effet du changement climatique, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes ont augmenté en fréquence, en intensité et en gravité, et ont durement touché les communautés vulnérables.

Pourtant, une personne sur trois n’est toujours pas couverte « de manière adéquate par les systèmes d’alerte précoce » pourtant « indispensables pour prévenir efficacement les catastrophes et s’adapter au changement climatique », met en garde ce document.

En la matière, les pays en développement et le continent africain en particulier, sont les plus mal lotis, même s’ils sont persuadés que les systèmes d’alerte précoce doivent être « une priorité absolue ». En Afrique, alors que « les connaissances des risques et la prévision de ceux-ci sont bonnes, seulement 44 personnes sur 100 ont pourtant accès aux alertes précoces, dans les pays où des données sont disponibles ».

Le rapport recommande par ailleurs d’agir afin de rendre les systèmes d’alerte avancée plus efficaces et donc de sauver des vies et d’économiser de l’argent.

Sur le continent africain, les auteurs recommandent, outre d’investir dans ces systèmes d’alerte, de faire en sorte que les investissements permettent de passer des alertes à l’action rapidement, mais aussi de mieux surveiller l’allocation des ressources et l’efficacité des systèmes mis en place.

Moctar FICOU / VivAfrik

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