Afrique : la BAD forme à l’élaboration de projets éligibles au financement du FVC

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La Banque africaine de développement (BAD) vient de lancer un programme de formation des formateurs pour l’élaboration des projets éligibles au financement du Fonds vert pour le climat (FVC) de l’Organisation des Nations unies (ONU). La formation concerne 80 participants sur l’ensemble du continent africain. Le but du nouveau programme de formation lancé par la Banque africaine de développement (BAD) est de renforcer les compétences de 80 institutions gouvernementales, organisations de la société civile et universités d’Afrique. Les participants à ce programme auront ensuite la responsabilité de transmettre leurs connaissances aux bénéficiaires potentiels du Fonds vert pour le climat (FVC). « À l’issue d’un processus de sélection indépendant et approfondi, 80 participants ont été sélectionnés, dont environ 40 issus de pays anglophones et 40 de pays francophones et lusophones », indique la BAD. La formation qui se déroule en ligne durera 120 heures. Une période au cours de laquelle les participants acquerront des connaissances grâce au département du changement climatique et de la croissance verte de la BAD. Dans le cadre de cette initiative visant à décupler le financement climatique du FVC en Afrique, l’institution financière panafricaine reçoit le soutien du Fonds fiduciaire de coopération économique Corée-Afrique qui finance les travaux. Selon la BAD, le programme de formation s’appuie sur le travail qu’elle mène avec le FVC et d’autres partenaires « pour aider les pays membres régionaux de la Banque à accéder directement aux ressources du Fonds vert pour le climat », note afrik21.africa.

Des obstacles à l’accès aux financements du FVC

Lancé par l’Organisation des Nations unies (ONU) dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le but du Fonds vert pour le climat est de transférer des fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables. Des investissements qui devront leur permettre de mettre en place des projets combattant les effets des changements climatiques ou d’adaptation au changement climatique. Mais en Afrique, l’accès à cette source de financement climatique se heurte à un défi majeur, notamment « la complexité de la conception des projets sur le changement climatique pour répondre aux critères de financement. Cette formation renforcera les capacités des autorités, des gouvernements et des consultants africains déterminés au niveau national en formant des formateurs pour animer les futurs cours de formation », explique Gareth Phillips, le directeur de la division du financement de l’environnement et du climat au sein du département du changement climatique et de la croissance verte de la BAD. À travers son programme de formation, l’institution de financement du développement espère réduire ces obstacles pour rendre les pays africains plus éligibles aux financements du FVC, ajoute afrik21.africa.       

La crise climatique menace toujours plus la santé et la sécurité alimentaire des Africains

Sécheresses, inondations, cyclones : le continent le moins polluant de la planète subit de plein fouet les conséquences du réchauffement. Le continent qui contribue le moins à la pollution mondiale pourrait être celui où le dérèglement climatique bouleverse le plus de vies. Selon un rapport d’une quinzaine d’organisations, coordonné par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et publié lundi 26 octobre, l’augmentation des températures, l’élévation du niveau de la mer, la modification du régime des précipitations ou encore la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes font peser de graves menaces sur la santé, la sécurité alimentaire et le développement socio-économique en Afrique. « Le changement climatique a un impact croissant sur le continent africain. Il frappe plus durement les plus vulnérables et accroît l’insécurité alimentaire, les déplacements de population et les pressions exercées sur les ressources en eau, indique Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM, dans un communiqué. Ces derniers mois, nous avons assisté à des inondations dévastatrices et à une invasion de criquets pèlerins. A présent, la perspective inquiétante d’une sécheresse causée par un épisode La Niña [un refroidissement d’une partie de l’océan Pacifique équatorial] se dessine. » Ce rapport sur l’état du climat en Afrique, une première, se concentre sur les données de 2019, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur le continent – la deuxième année la plus chaude à l’échelle mondiale. La température augmente désormais de 0,4 °C par décennie en Afrique, soit davantage que le taux de réchauffement global de 0,2 °C à 0,25 °C par décennie. Il en découle une multiplication des vagues de chaleur et des journées caniculaires. Cette hausse du thermomètre provoque d’autres conséquences en cascade. D’abord, une modification du régime des pluies : les précipitations diminuent en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais augmentent dans la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan. Sous l’effet du réchauffement, le continent est aussi soumis à une élévation du niveau de la mer, de 5 mm par an, notamment dans le sud-ouest de l’océan Indien, de Madagascar à Maurice, soit davantage que l’augmentation moyenne à l’échelle mondiale – entre 3 et 4 mm par an, relève afriquenvironnementplus.info.

Moctar FICOU / VivAfrik

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