Modernisation du secteur de la pêche et de l’aquaculture : Le PESCAO et la CEDEAO appuient les acteurs non Etatiques

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De manière conjointe, le Programme pour l’alimentation de la gouvernance  régionale des pêches en Afrique de l’Ouest (PESCAO) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) organisent les 7 et 8 novembre 2020 à Lomé, un atelier d’installation de la Plateforme nationale des acteurs non Etatiques du secteur de la pêche et de l’aquaculture. Il s’agit au cours de cette rencontre de deux (2) jours, de structurer le secteur de la pêche et de l’aquaculture à travers le renforcement des capacités des acteurs dudit secteur afin qu’il contribue à la satisfaction des besoins alimentaires et nutritionnels des communautés tributaires du poisson, au développement social et économique et, à la réduction de la pauvreté. « Je vous exhorte à vous sentir concerner pour une réelle professionnalisation du secteur car, nous en avons besoin pour le développement et pour pouvoir être autosuffisant en ce qui concerne les ressources ou les protéines d’origine halieutique, pour créer une industrie autour du secteur de la pêche et de l’aquaculture pour créer des emplois et favoriser la croissance économique », a dit le Ministre de l’Economie maritime, de la Pêche et de la Protection côtière, Edem Kokou Tengue. Au sein de la CEDEAO, le Togo génère un large éventail d’avantages dont la sécurité alimentaire, la nutrition, l’emploi, les exportations, des devises étrangères, l’environnement…etc. Le secteur contribue au Produit Intérieur Brut (PIB) à hauteur de 15%, emploie près de 3% de la population rurale économiquement active. Malgré certaines contraintes à l’instar de la surexploitation des stocks, la pêche illicite non déclarée et non réglementée, le changement climatique, la pollution des écosystèmes marins et côtiers, l’insuffisance de la coordination et collaboration entre les Etats et, l’insuffisance des moyens financiers, le secteur pêche contribue à 4% du PIB primaire et emploie plus de 22 000 personnes dont 10 000 pêcheurs, 12 000 mareyeuses et transformatrices de poissons. La production de la pêche togolaise est de 25 000 tonnes/an couvrant environ 30% des besoins de la population nationale. En Afrique, la région Ouest africaine  est le moteur communautaire régional des pêches et de l’aquaculture. L’Afrique de l’Ouest contribue à 21%  à la production aquacole de l’Afrique et 57% à celle de l’Afrique subsaharienne. Pour le Dr Amadou Tall, Expert PESCAO/CEDEAO, « Nous allons progressivement vers différents pays de la CEDEAO en vue de les structurer et leur permettre d’avoir un interlocuteur unique au plan national voire même régional, leur donnant une capacité de pouvoir contribuer aux prises de décision d’une manière équilibrée ». Ainsi donc, ces acteurs nationaux vont être structurés, avoir une idée sur leurs droits et obligations et une fois structuré ils seront accompagnés en vue de définir un plan d’action avec un budget sur lequel la CEDEAO et ses partenaires vont travailler pour le développement du secteur, renseigne horizon-news.net.  

Quand la pêche INN met en péril l’environnement et les écosystèmes marins

La pêche fournit nourriture et emplois et contribue au bien-être économique de nombreuses personnes à travers le monde. Avec une population mondiale qui ne cesse de croître et des pénuries alimentaires qui persistent, les produits de la pêche sont indispensables à la réalisation de la sécurité alimentaire. Malgré les efforts des états pour assurer la durabilité des ressources halieutiques, celles-ci sont mises en danger par la pêche illicite et illégale. Il est donc plus qu’urgent de la combattre. Le poisson et les produits de la mer font partie des denrées alimentaires les plus commercialisées et consommées dans le monde. Plus de 800 millions de personnes dans le monde dépendent de la pêche comme moyen de subsistance selon le WWF : World Wide Fund (la première organisation mondiale de protection de la nature), les produits de la mer représentent une importante source de protéines, alternative à la viande en ce qui concerne les protéines animales. Pour 1,4 milliard de personnes, ils constituent même le principal apport en protéines avec 20 % de l’alimentation totale. Ces cinquante dernières années, la consommation de produits de la mer a doublé dans le monde, passant de 10 kilos par personne en 1960 à plus de 20 kilos en 2014 par an, d’après un rapport de la FAO (l’organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) paru en 2016. A cela s’ajoute l’augmentation de la population mondiale qui est passée de 3 milliards en 1960 à un peu plus de 7 milliards en janvier 2020 (d’après le magazine Notre Planète Info). Ce gros appétit mondial pour les produits de la mer et la manne financière qu’elle génère attire les trafiquants qui ont pris pour cible principales les eaux des pays en voie de développement. Dans le golfe de Guinée, selon le magazine 360 Afrique, 40 % du poisson pêché l’est de façon illicite, et l’on estime à plus de 1,3 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) le manque à gagner annuel pour les pays de la région. En effet, les abondantes ressources halieutiques de la zone attirent des prétendants du monde entier, prêts à traverser le globe pour venir pêcher au large des côtes d’Afrique de l’Ouest. Cette partie du continent est devenue une zone sensible pour les grands navires commerciaux venus d’Asie, de Chine principalement, mais aussi beaucoup d’Europe de l’Est, de Russie notamment, souligne lepaysann.net.

La pêche illicite, non déclarée et non règlementée de nombreuses conséquences environnementales

La pêche illicite, non déclarée et non règlementée (INN) a de nombreuses conséquences environnementales. En effet, elle participe à la surexploitation des océans et à la destruction des écosystèmes notamment des récifs coralliens. Elle occasionne aussi le trafic et le massacre de certaines espèces maritimes protégées car sans restriction de captures, les ressources sont exploitées au maximum, pour la plupart avec des engins de pêche destructifs qui détériorent considérablement les écosystèmes marins. Certains pêcheurs illégaux utilisent des techniques interdites (pêche aux explosifs, au poison avec des mailles de filets ne respectant souvent pas les normes requises). Quelques fois, les pécheurs illégaux vendent directement le fruit de leur pêche sur le marché local. Il y a aussi les cas dans lesquels les pécheurs illégaux vendent directement une partie de leur pêche en mer pour éviter de payer les taxes. Cette pratique est appelée transbordement. En plus des eaux et des côtes Africaines peu surveillées, la corruption représente aussi un élément important à la réalisation de ce trafic. La complicité de fonctionnaires permet aux navires de pêche d’agir en toute impunité en achetant des licences de pêche irrégulièrement et d’éviter d’être pénalisés en payant des dessous de table. Les principales victimes de la pêche INN sont les Etats (pour le manque à gagner en taxes et le retard dans leur développement économique), les pêcheurs locaux dont les eaux s’appauvrissent, et les populations qui perdent leur sécurité alimentaire. Selon le WWF, les populations marines ont chuté de moitié (49%) entre 1970 et 2012. La pêche INN est encore plus problématique qu’elle empêche les pays de bien gérer leurs stocks de produits de la mer et ainsi d’avoir une industrie durable de la pêche. Le caractère illicite de cette pêche rend difficile l’évaluation précise des prises et donc d’établissement de plans de gestion des stocks. Si rien n’est fait, ce phénomène risque de s’intensifier avec les conséquences désastreuses que nous avons évoquées. Afin de combattre la pêche INN, les Etats de la région s’organisent. Cela a permis de mettre la main sur un nombre important de bateaux clandestins, conclut lepaysann.net.

Moctar FICOU / VivAfrik

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