La Turquie a officiellement ratifié l’Accord de Paris sur le climat

0

Mieux veut tard que jamais. Cet adage est bien assimilé par la Turquie tardait à ratifier l’Accord de Paris sur le climat, invoquant des injustices liées aux obligations et au partage du fardeau en termes de réduction des émissions polluantes.  

Pour Ankara, les efforts doivent être différenciés entre pays industrialisés, catégorie à laquelle le pays appartient néanmoins. Les émissions nettes de gaz à effet de serre de la Turquie ont augmenté de plus de 150 % depuis 1990, selon les chiffres officiels turcs.

C’est désormais chose faite. En effet, la Turquie a ratifié mercredi 6 octobre 2021 l’Accord de Paris sur le climat. C’est ce qu’a relayé la chaine parlementaire qui retransmettait le vote en direct, suivant ainsi l’engagement de son président devant l’Assemblée générale de Nations unies en septembre dernier.

Recep Tayyip Erdogan avait annoncé cette décision fin septembre 2021 à New York, faisant de son pays le 191ème Etat à ratifier cet accord qui devait permettre, lors de son adoption en 2016, de limiter la hausse des températures moyennes sur la planète à 2 degrés et si possible à 1,5°C.

A trois semaines de la conférence mondiale sur le climat sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU) (COP26), qui se tiendra du 1er au 12 novembre 2021 à Glasgow au Royaume-Uni, la Turquie a fait un pas en faveur de l’environnement.

Signalons que la question climatique s’est brutalement imposée dans en Turquie cet été après une succession d’événements météorologiques extrêmes, dont des incendies de forêt sur la côte méditerranéenne et des inondations dans le nord, qui ont fait une centaine de victimes et causé d’importants dégâts à la nature. La Turquie est également frappée par une sécheresse persistante, qui oblige déjà certains producteurs à abandonner leur terre et d’autres à se tourner vers de nouvelles cultures moins gourmandes en eau.

La Turquie avait signé l’Accord de Paris en 2016. Elle était l’un des derniers grands pays émetteurs de gaz à effet de serre à ratifier le texte. Manquent encore l’Iran, l’Irak, la Libye, le Yémen et l’Éthiopie.

Cependant, les défenseurs de l’environnement s’alarment de la volonté d’Ankara de renforcer sa production énergétique à base de charbon, alors que la Turquie projette officiellement de réduire de 21% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

Sur la base des engagements actuels des États membres de l’Accord, « le monde est sur le chemin catastrophique de + 2,7°C », a récemment mis en garde le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, soulignant que « si nous ne changeons pas de trajectoire collectivement, il existe un grand risque d’échec de la COP26 » à Glasgow. La conférence se tiendra en Écosse du 31 octobre au 12 novembre.

Une étude menée en avril a montré que les trois quarts des Turcs avaient conscience des changements climatiques. Parmi les principales conséquences citées par les personnes interrogées, la multiplication des évènements météorologiques extrêmes, la pollution de l’air et la hausse des prix des denrées alimentaires, sujet brûlant dans un pays frappé par l’inflation.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire