Un accord visant à réduire de 30% les émissions de méthane d’ici à 2030 signé à Glasgow

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Le deuxième jour de la 26ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) a été marqué par la signature deux accords majeurs notamment réduire les émissions de méthane et enrayer la déforestation. Ainsi, une centaine de pays se sont engagés à réduire de 30% leurs émissions de méthane d’ici à 2030 par rapport à 2020.

L’accord avait été rendu public en septembre 2021 par l’Union européenne et les Etats-Unis, ses premiers signataires. Mais de plus en plus de pays se joignent à l’initiative. Mardi 2 novembre 2021, à l’occasion de la COP26, une centaine de pays se sont engagés à réduire leurs émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre, de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2020. Selon un responsable américain, ces nouveaux signataires du « Global Methane Pledge » (en français : pacte global pour le méthane) représentent deux tiers de l’économie mondiale, dont « la moitié des 30 principaux émetteurs de méthane ». 

En effet, près de 90 Etats ont rejoint un « pacte global pour le méthane », une initiative des Etats-Unis et de l’Union européenne pour s’attaquer à ce polluant très puissant, responsable d’un quart du réchauffement climatique depuis l’ère préindustrielle.

L’Indonésie, le Pakistan, l’Argentine, le Mexique, le Nigéria ou encore le Canada s’y trouvent. Cependant, la Chine, la Russie et l’Inde manquent à l’appel.

« Le méthane est l’un des gaz que nous pouvons réduire le plus vite » et le réduire « ralentirait immédiatement le réchauffement », a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, rappelant que ce gaz est responsable d’« environ 30% » du réchauffement de la planète depuis la Révolution industrielle. « C’est un des plus puissants gaz à effet de serre », a renchéri le président américain Joe Biden.

Le méthane (CH4), émis par l’agriculture et l’élevage, les combustibles fossiles et les déchets, est le deuxième gaz à effet de serre lié à l’activité humaine après le dioxyde de carbone (CO2). Même s’il fait moins parler de lui, son effet de réchauffement est environ 29 fois plus important par kilogramme que celui du CO2 sur un horizon de cent ans, et environ 82 fois sur une période de 20 ans.

Réduire ces émissions représente donc une « opportunité importante » de ralentir le réchauffement « à court terme » et d’« aider à combler l’écart entre les trajectoires actuelles et celles compatibles avec un réchauffement de + 1,5 °C ou 2 °C », a souligné la semaine dernière le Programme des Nations unies pour l’environnement.

Des calculs précis existent. Supprimer 40% des émissions de ce puissant gaz à effet de serre permettrait de réduire les températures à la surface du globe entre 0,2 et 1°C d’ici à 2050, révélait une étude américaine parue fin septembre 2021. Un récent rapport du PNUE et de la Coalition pour le climat et la qualité de l’air (CCAC) estime quant à lui qu’une réduction de 45% du méthane d’origine humaine au cours de cette décennie permettrait de maintenir le réchauffement en dessous de +2°C, comme visé par l’accord de Paris. 

Sous un autre registre, une centaine de pays abritant 85 % des forêts mondiales, dont le Brésil, très critiqué pour sa politique environnementale, se sont également engagés, mardi 2 novembre 2021, à enrayer la déforestation d’ici à 2030. Poumons de la planète avec les océans, les forêts jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique, en absorbant une partie importante des gaz à effet de serre libérés chaque année dans l’atmosphère par les activités humaines.

L’initiative bénéficiera d’un financement public et privé de 19,2 milliards de dollars (16,5 milliards d’euros) sur plusieurs années. Une promesse jugée trop molle par les défenseurs de l’environnement. Pour Greenpeace, l’objectif de 2030 reste trop lointain et donne le feu vert à « une décennie supplémentaire de déforestation ». L’ONG Global Witness a expliqué craindre de voir se répéter « les échecs de précédents engagements » similaires, en raison d’un financement insuffisant et d’un suivi incertain de la parole donnée.

Moctar FICOU / VivAfrik

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