Réchauffement climatique: l’Afrique paierait les pots qu’elle n’a pas cassés

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Peu émetteur de gaz à effet de serre, le continent africain est pourtant l’un des premiers touchés par les effets du réchauffement climatique. Pire : c’est aussi elle qui a le moins de moyens pour faire face au risque de submersion marine ou aux sécheresses à répétition entraînés par le réchauffement climatique souligne le rapport du programme des Nations unies pour l’environnement.

« L’Afrique est le continent dont les conditions climatiques changent le plus rapidement », rappelle le rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) via mediaterre.org dans sa livraison du 17 octobre 2015 et visité par vivafrik.com. Les prévisions des scientifiques indiquent que dans de vastes zones du continent, l’augmentation de la température moyenne annuelle dépassera les 2 degrés dès les deux dernières décennies du siècle présent. Avec un impact grave sur la production agricole, la sécurité alimentaire, la santé humaine ou la disponibilité en eau.

Une femme allant chercher de l’eau à des kilomètres
Le continent africain commence déjà à expérimenter des températures moyennes à un niveau jamais constaté dans le passé. « C’est déjà le cas en Afrique centrale et cela devrait concerner l’ensemble du continent dans les deux ou trois prochaines décennies », ajoutent les experts du Pnue. Qui indique que, outre les risques de pénurie en eau, des millions d’africains sont menacés par les risques d’inondation dans les villes côtières du Mozambique, de la Tanzanie, du Cameroun, d’Égypte, du Sénégal ou du Maroc. « Dans un monde où la hausse des températures attendrait les 4 degrés, les estimations en qui concerne l’Afrique suggèrent que le niveau de la mer pourrait augmenter plus vite que la moyenne mondiale et atteindre jusqu’à 80 cm au-dessus des niveaux actuels le long des côtes des océans Indien et Atlantique d’ici à 2 100 », précise le rapport.

D’après les calculs du Pnue, renseigne notre source, les coûts d’adaptation au changement climatique s’élèveraient pour la seule Afrique à 50 milliards de dollars par an à partir de 2050. Et si des pays comme le Ghana, l’Éthiopie ou l’Afrique du sud s’engagent déjà à mobiliser certaines ressources propres, le compte n’y est pas. « Un financement international sera nécessaire pour combler le fossé croissant de l’adaptation », assure le Pnue.
Si l’on se fie au rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement, les pays les plus riches se sont déjà engagés dans le cadre des négociations onusiennes à abonder un fonds vert pour le climat à hauteur de 100 milliards de dollars à partir de 2050. Les promesses de financement actuelles ne dépassant guère 10 milliards de dollars. La montée en puissance de ce fonds sera donc l’un des enjeux majeurs de l’accord mondial sur le climat attendu en décembre prochain à Paris.

Le Pnue rappelle par ailleurs que des efforts pour limiter drastiquement les émissions de gaz à effet de serre sont indispensables pour éviter un dérapage incontrôlable des coûts d’adaptation. « Un réchauffement climatique de 2 degrés menacerait plus de 50 % de la population du continent africain de sous-alimentation », rappelle déjà le rapport. Or, la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre actuelle nous mène tout droit à un réchauffement à plus de 4 degrés
Moctar FICOU / VivAfrik