COP21: La lutte contre la déforestation mobilise les négociateurs

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La lutte contre la déforestation a mobilisé les négociateurs hier à la COP21. Une arme capitale pour limiter le réchauffement climatique d’autant que des solutions existent, rapporte Le Parisien, avec la préservation des forêts.

Le calcul est simple. Les arbres absorbent jusqu’à un quart des gaz à effet de serre et permettent de stabiliser le thermomètre mondial. Hier, au deuxième jour de la COP21, la forêt s’est ainsi retrouvée au cœur des débats, défendue à la tribune par un ambassadeur royal, le prince Charles.

Et les annonces d’hier sont plutôt prometteuses : le Brésil et la Norvège ont annoncé un partenariat pour stopper la réduction de la forêt amazonienne, poumon vert de la planète mais qui a perdu entre janvier et juillet 2015 6 000 km 2 de forêt, soit la moitié de la superficie de l’Ile-de-France !

Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Norvège ont promis ensemble qu’ils mettraient la main à la poche : 5 Mds$ (4,7 Mds€)entre 2015 à 2020 puis 1 milliard supplémentaire par an pour aider les pays engagés dans un programme de sauvegarde des forêts. D’ores et déjà, des actions efficaces existent à travers le monde. Voici quelques exemples.

Au Mexique, des ananas sous les cimes

Dans le Yucatan, l’Agence française pour le développement (AFD) soutient les agriculteurs qui s’essaient à la préservation de leur forêt. «Depuis cet été, je plante des ananas sous les arbres au lieu de les raser, explique Santos Francisco Garcia, de la communauté de San Augustin. Ils bénéficient ainsi d’une terre plus riche et ils sont bien plus savoureux.» Jusqu’alors, il plantait autant de maïs que possible nourri aux engrais. Avec comme conséquence qu’il appauvrissait la terre, et qu’après deux ans, il fallait brûler de nouveaux lopins.

Il se retrouvait ainsi à grignoter tout le sous-bois. Cette gestion concertée est une exception dans le pays qui perd chaque année environ 800 000 ha de forêt. Face à ces terrains dévastés, Armando Lara, activiste vert de la première heure, a installé des conseils de villages pour mieux gérer les forêts dans l’Etat du Jalisco, «en s’inspirant des parcs naturels régionaux français».

Au Niger, le salut vient du faidherbia

Cet arbre de la famille des acacias qui mesure jusqu’à 30 m de haut a la particularité de fixer l’azote dans le sol, c’est-à-dire qu’il sert d’engrais au sorgho, mil ou toute autre plantation. Résultat notamment dans le Zinder, au sud du pays, il y a aujourd’hui plus d’arbres que dans les années 1980.

«Beaucoup l’appellent l’arbre miracle, rapporte Jean-Luc François, spécialiste agriculture et forêt de l’AFD. Car avec son cycle inversé, ses feuilles donnent de l’ombre pendant la saison sèche et fertilisent le sol en tombant pendant la saison des pluies.» Cet arbre constituerait une grande partie de la « muraille verte », longue de 7 600 km prévue pour faire reculer le désert dans le Sahel et portée haut et fort hier par François Hollande lors d’une réunion avec une vingtaine de chefs d’Etat africains.

Et en France ?

«Il n’y a pas de déforestation mais une mauvaise gestion de nos ressources, selon Frédéric Amiel, responsable forêt pour WWF. 60 % de la forêt est détenue par des particuliers qui, pour beaucoup, la délaissent.» Mais il existe des solutions comme dans le Morvan ou des amoureux de la nature se constituent en groupement forestier et achètent des parcelles pour «préserver les paysages et la biodiversité et non pas exploiter le bois», selon Frédéric Beaucher, gérant d’une telle structure. Les membres de son groupement ont investi entre 200 € et 4 000 €, et l’idée fait des émules dans le Limousin et dans l’Yonne.

Par Saër SY

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