Quand le numérique fait son entrée dans l’agriculture africaine

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La deuxième édition des AfricaDays à l’Ecole des hautes études commerciales (Hec) de Paris en France le mardi 3 avril 2018 s’est penchée sur l’avenir de l’agriculture en Afrique, avec un sous-thème : la nécessité de la révolution verte avec l’apport du numérique, la 1ère édition avait quant à elle pour thème l’entrepreneuriat.

L’agriculture occupe une place de choix dans la chaine de développement du continent noir. Si l’on se fie aux statistiques, l’Afrique produit aujourd’hui un tiers de ses besoins alimentaires et dépense chaque année 30 milliards de dollars pour nourrir sa population. Ce seront 120 milliards en 2030, si la productivité ne s’améliore pas. Il est donc impératif d’augmenter considérablement les rendements agricoles.

C’est un aspect qui intéresse le groupe français Suez, spécialisé dans les cycles de l’eau et des déchets, comme le dit Pierre-Yves Pouliquen, directeur général Afrique, Inde et Moyen-Orient. « Notre contribution passera par l’apport de compost qu’on pourra faire à partir de déchets organiques ou par l’apport d’eau contrôlée par des compteurs intelligents. À travers l’eau on comprend bien le lien avec l’agriculture, puisque l’agriculture utilise environ 70 % des ressources en eau. Donc, on voit bien qu’on ne peut pas penser le cycle de l’eau sans penser l’agriculture. Pour les déchets, c’est la même chose, puisque la spécificité des déchets c’est la haute teneur organique et c’est donc nutritif pour l’agriculture en tant que tel. »

La révolution verte, une solution inadaptée

Géographe au CIRAD, Patrick Caron préside le Comité d’experts des Nations unies sur la sécurité alimentaire. Il préfère parler de transformation agricole que de révolution verte. « La révolution verte a été conçue au XXe siècle, dans un contexte très particulier d’augmentation de la population et de manque d’alimentation. Aujourd’hui, les termes et les enjeux sont complètement différents. Je suis absolument convaincu qu’il faut une transformation profonde des systèmes agricoles et des systèmes alimentaires de manière générale, pas forcément en imitant ce qui s’est fait dans le passé, mais en inventant quelque chose de complètement nouveau. »

Pour Henriette Gomis-Billon, directeur développement durable du groupe ivoirien Sifca, spécialiste de l’huile de palme, de l’hévéa et de la canne à sucre, l’objectif de l’accroissement des rendements doit se faire en respectant des normes précises. « Nous apportons pas mal de solutions, naturellement de par notre métier, aux planteurs villageois, qui constituent plus de 75 % de notre production. Mais il n’y a plus de terres dans les zones où nous sommes, surtout en Côte d’Ivoire. Donc, il va falloir réfléchir à des solutions, pour pouvoir tenir compte des réalités du monde contemporain, telles que les engagements RSPO [Roundtable on Sustainable Palm Oil] par exemple pour l’huile de palme, Boursucro pour le sucre, SNRI pour l’hévéa, qui nous obligent à ce que ce produit soit le plus propre possible. »

L’amélioration des rendements agricoles en Afrique devrait préserver l’emploi… Les deux tiers de la population active africaine travaillent dans l‘agriculture.

Moctar FICOU / VivAfrik

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