La Commission de l’UE se dresse contre la pollution plastique

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La Commission européenne a proposé lundi 28 mai 2018 à Bruxelles une série de mesures, allant de l’interdiction de certains produits à l’obligation de recycler, visant à réduire considérablement l’utilisation d’objets à usage unique en plastique, comme les cotons-tiges, les couverts de pique-nique ou même les ballons mais aussi de réduire le nombre de plastiques retrouvés sur les plages et dans les mers.

En janvier dernier, la Commission européenne avait tiré la sonnette d’alarme. « Si on ne fait rien, en 2050, il y aura davantage de plastiques dans les océans que de poissons », avait-elle averti.

Pour ne pas en arriver là, elle devrait proposer ce lundi d’interdire les pailles et les couverts en plastique et les cotons-tiges, qui font partie des dix produits qu’on retrouve le plus souvent échoués sur les plages. « Le problème, c’est que vous avez des pailles en plastique qui ne sont pas collectées correctement, qui ne sont pas recyclées et qui se retrouvent sur les plages et ensuite dans les mers. On est dans un type de plastique parfaitement substituable, par des pailles en fer, voire pas de paille du tout », fait valoir Stéphane Arditi, du Bureau européen de l’Environnement.

Pas question, en revanche, d’interdire les bouteilles en plastique. La Commission devrait proposer plutôt un système de consigne, comme pour les bouteilles en verre. Et pour les filtres de cigarette, qui font également partie des principaux déchets marins, les producteurs devraient à l’avenir assumer le coût de leur collecte, avec très certainement une incidence sur le prix des paquets de cigarettes.

Une dizaine de produits à usage quotidien, ainsi que des équipements de pêche, sont dans le collimateur de Bruxelles qui veut lutter contre la pollution des sols et surtout des mers et des plages par ces plastiques. Ces derniers représentent à eux seuls 70% des déchets marins en Europe. « Le plastique peut être fantastique, mais nous devons l’utiliser de façon plus responsable », a lancé l’un des vice-présidents de la Commission, Jyrki Katainen.

Des objectifs fixés par les Etats membres

Les assises de Bruxelles prônent l’interdiction des cotons-tiges en plastique, couverts, assiettes, pailles, mélangeurs de cocktails et tiges de ballons, qui devront être fabriqués en matériaux plus durables à la place. Les verres en plastique à usage unique ne seront autorisés que si le couvercle est attaché.

Pour les contenants alimentaires et les gobelets, les Etats membres devront chacun se fixer des objectifs de réduction, en proposant par exemple des produits alternatifs dans les points de vente ou en faisant payer ces contenants à usage unique.

Il incomberait aussi aux différents pays, selon les propositions de la Commission, de parvenir à ramasser 90% des bouteilles en plastique à usage unique d’ici 2025. La Commission suggère par exemple de mettre en place un système de consigne.

Des propositions à l’étude

D’autres obligations reviendraient aux fabricants de ces produits, qui devront aider à couvrir les coûts de la gestion des déchets et du ramassage et devront obligatoirement indiquer sur les étiquettes comment recycler tel ou tel produit.

Ces obligations s’appliqueraient pour les emballages alimentaires comme les paquets de chips ou de bonbons, les gobelets, les filtres de cigarettes, les lingettes ou les sacs plastiques légers.

C’est une nouvelle étape dans la chasse aux plastiques pour l’UE, qui compte déjà une petite victoire en la matière: après l’entrée en vigueur d’une législation restrictive sur les sacs en plastique, près de trois Européens sur quatre indiquent avoir réduit leur consommation, selon l’Eurobaromètre.

Ces propositions de la Commission vont désormais être discutées par les deux législateurs de l’UE, le Parlement et le Conseil (les Etats membres).

Moctar FICOU / VivAfrik