Cameroun : Des drones pour booster l’agriculture

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Le Cameroun peut s’enorgueillir de l’esprit créatif de sa jeunesse qui développe de plus en plus des solutions technologiques pour augmenter sa production agricole. Un collectif d’ingénieurs camerounais créé en 2015 une start-up qui d’après le site d’actualité Sputnik ambitionne cette année (2020) de mettre sur le marché des drones destinés à améliorer les pratiques agricoles. Cette technologie vise à régler les nombreuses difficultés liées au traitement et l’irrigation rapide des cultures. Les drones, aussi appelés « véhicules aériens sans pilote » (UAV) ou « systèmes aériens sans pilote » (UAS). Cette dernière dénomination inclue le capteur, les logiciels et d’autres composantes qui permettent de nombreuses applications : cartographie, aménagement du territoire, gestion des actifs agricoles.

Le choix de ce secteur n’est pas fortuit en effet, l’agriculture constitue l’un des secteurs clés de l’économie en Afrique et particulièrement au Cameroun car employant plus de 60 % de la population active. D’après les récentes projections des Nations Unies la population Africaine devrait doubler d’ici 2050 passant d’un milliard d’habitants à près de 2,4 milliards. Ce qui signifie que les besoins en nourriture vont également augmenter.

Malgré cet état de fait, l’agriculture africaine est confrontée à d’énormes difficultés parmi lesquelles nous pouvons retenir une utilisation de matériaux et techniques archaïques qui conduit à une sous exploitation des terres.

Avec ces drones, des gains énormes de temps et d’argent sont désormais possibles. Habituellement pour arroser un hectare de terre il faut compter des heures de travail et en moyenne 375 à 600 litres d’eau tandis qu’un drone n’aura besoin que de 18 à 25 litres pour la même surface. Grâce à une cartographie et un examen préalable (avec des capteurs) sur la plantation.

C’est aussi, une technologie qui leur permet d’identifier les zones à problèmes afin d’apporter aux plants le traitement adéquat rendant ainsi plus efficace le rendement agricole et la lutte contre les maladies et les parasites. Comparé aux satellites, les drones peuvent voler et enregistrer des images en très haute résolution sous la couverture nuageuse et aux intervalles de temps voulus. C’est d’ailleurs cette facilité et cette vitesse d’acquisition des images par drone qui offrent le plus grand potentiel pour améliorer la réactivité des agriculteurs dans les champs cultivés. De nombreuses études pilote, de recherche et activités d’exploration ont été menés dans le but de déterminer dans quelle mesure les drones pouvaient profiter au développement de l’agriculture parmi lesquelles l’étude de cas menée en 2017 par Hardy, Makame, Cross, Majambere & Msellem.

Cette start-up n’est pas une première en Afrique. En 2018, le cabinet de conseil Dalberg dénombrait quelques 390 solutions numériques pour l’agriculture en Afrique. Nous pouvons citer « Twiga Foods » du Kenya qui se positionne comme un intermédiaire entre les producteurs et les revendeurs. Avec son application mobile, la start-up livre directement les produits, à des meilleurs coûts et de meilleure qualité que sur le marché informel. Les producteurs gagnent également en visibilité et en revenus.

Contrairement à « Twiga Foods », la start-up camerounaise a encore du chemin à faire comme toutes les innovations notamment l’accès au financement pour le développement et la formation du personnel, mais c’est sans compter avec l’ambition de son promoteur. Dans le moyen et long terme, elle entend s’implanter dans les principales zones de production et nouer des accords de partenariat public-privé pour la vulgarisation de sa technologie sur toute l’étendue du territoire camerounais.

Evelyne MENDY (Stagiaire) / VivAfrik

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