La climatisation au cœur de la COP28, quelles sont les raisons ?

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La 28ème Conférence de l’ONU sur le climat (COP28) en cours à Dubaï, aux Emirats arabes unis (du 30 novembre au 12 décembre 2023) est l’occasion d’annoncer la mise en place d’autres initiatives. C’est le cas par exemple de la création d’une coalition internationale sur le secteur du refroidissement qui regroupe 63 pays. Lors de cette COP28, la majorité des efforts sont consacrés à l’élaboration d’un texte qui satisfasse les près de 200 pays présents à Dubaï.  

Quand on pense refroidissement, la climatisation vient tout de suite en tête. Mais le secteur est en réalité bien plus vaste et se trouve à la croisée des préoccupations climatiques. Il recouvre en effet la climatisation résidentielle, dans les commerces ou les bureaux, mais également l’alimentation et l’agriculture pour la conservation des denrées, ou encore la médecine et la chaine du froid pour ne pas dégrader médicaments et vaccins.

Dans ce sillage, avoir accès au froid est donc un enjeu d’équité, d’adaptation à la montée des températures, mais également une affaire de lutte contre le réchauffement climatique. Avec plus de deux milliards de climatiseurs en circulation dans le monde, le secteur pèse lourd : il consomme à lui seul 20% de l’électricité mondiale. « Le refroidissement est en fait un double fardeau dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il consomme beaucoup d’électricité car on utilise des climatiseurs inefficaces dans des bâtiments mal conçus. Ces équipements utilisent par ailleurs des réfrigérants qui sont des gaz à effet de serre très puissants. Le secteur compte aujourd’hui pour 7% des émissions mondiales. Si on ne change rien, ça va doubler en 2050 », a expliqué Lily Riahi, du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUD).

« Élargir l’accès à un refroidissement durable »

En effet, l’usage du froid va grandement augmenter dans les années à venir. Rien qu’aujourd’hui, on estime qu’un milliard de personnes qui en auraient besoin n’y ont pas accès. Tout l’enjeu est donc de s’assurer que la demande, qui sera croissante, sera satisfaite, sans pour autant augmenter les émissions de gaz à effet de serre associées. Il faut au contraire les diminuer le plus possible. « Nous voulons mettre en place une feuille de route pour réduire les émissions associées à toutes les composantes du secteur, tout en élargissant l’accès à un refroidissement durable », résumait John Kerry, l’envoyé spécial américain pour le climat, à la tribune de la COP28, lors du lancement de cette coalition.

Le Global Cooling Pledge, l’engagement mondial pour le refroidissement, vise notamment une réduction de 68% des émissions liées d’ici à 2050. Soixante-trois pays l’ont aujourd’hui rejoint. Pour y parvenir, il s’agira de rendre plus efficaces et moins énergivores les équipements, décarboner l’électricité dont ils ont besoin, lutter contre les fuites de gaz réfrigérants. Des solutions passives existent également, comme une meilleure conception et isolation du secteur du bâtiment, en favorisant la ventilation naturelle.

Moctar FICOU / VivAfrik

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