Les défis à relever au Mali : sécurité alimentaire et protection des végétaux

0

La production de mil dans le cercle de Yélimané  pourrait enregistrer une baisse lors de la campagne agricole prochaine.

Les épis de mil sont  vulnérables aux attaques d’oiseaux  granivores avant la récolte. En effet « l’épi du mil n’est recouvert d’aucune feuille pour la protection des grains, contrairement au maïs. Ce handicap amène de plus en plus de producteurs à opter pour la  culture du maïs », a  affirmé à maliactu.net le président de la Chambre d’agriculture de Yélimané, Checkné Mariétou Doucouré. Le moral des producteurs de mil de cette zone est sapé à cause des attaques des oiseaux granivores. Les services chargés de la protection des végétaux  ont fait des recommandations qui ne suffisent pas à endiguer ce phénomène inquiétant de la perte des grains  des épis de mil. En fait les spécialistes recommandent la lutte traditionnelle qui consiste à détruire le nid de ces ravageurs. Cette technique n’est pas à notre portée, a expliqué  Cheickné Mariétou Doucouré.  Cet agriculteur expérimenté souligne que « les ravageurs dissimulent  leurs nids ». La difficulté majeure découle du fait que de nombreuses bandes d’oiseaux prédateurs nous arrivent de la Mauritanie voisine. Il est impossible pour les paysans d’intervenir au moment de la ponte pour prévenir les invasions de granivores. La seule solution semble l’abandon de la culture du mil dans notre zone ». Chaque année des poches de sécheresse entraînent un problème de croissance des végétaux et  exposent les cultures à des attaques de ravageurs. A  cause de la sécheresse ils prennent les champs pour cible. La conséquence est l’insécurité alimentaire qui frappe par endroits le Mali, plongeant des milliers de personnes dans la précarité. L’année dernière 423 000 personnes avaient besoin d’aide alimentaire immédiate, et des actions de résilience devaient être entreprises en faveur de 3 029 128 personnes  « en situation de stress ou en situation alimentaire  difficile. Ces statistiques ressortent  de l’analyse de la situation de l’insécurité alimentaire aiguë au Mali. La problématique de la sécurité alimentaire  est prise très au sérieux par les autorités maliennes. Depuis  quatre ans, une enquête nationale de la sécurité alimentaire a lieu chaque année. Elle était financée au début par des partenaires techniques et financiers. Aujourd’hui l’enquête entièrement prise en charge par l’Etat malien coûte 200 millions de Fcfa. Ce budget sert à  préparer des ripostes appropriées à la situation d’insécurité alimentaire.

Conduite par le système d’alerte précoce (Sap), l’enquête «  mobilise depuis le 7 février 2017  environ 73 équipes de quatre personnes », selon Assekou Maouloud Kounta, chef de la cellule de production et de diffusion des informations du Système d’alerte précoce (Sap). L’enquête nationale concerne  1016  grappes  (agglomérations)  Bamako et environs. Elle se passe dans de meilleures conditions  hormis certaines zones du nord. L’utilisation de smartphones permet la diligence de la collecte des données, mais expose les enquêteurs à des dangers. Les bandits armés pensent que ces moyens sont utilisés par l’Etat pour « géolocaliser » des sites. La régularité de l’enquête a permis au Sap de se familiariser avec les difficultés sur le terrain et de les surmonter.

Moctar FICOU / VivAfrik

Laisser un commentaire