Le Plastic Odyssey pour débarrasser les mers des déchets plastiques

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Plusieurs initiatives sont mises en place pour la dépollution des mers du globe. La plus impressionnante est celle du Plastic Odyssey, un projet de tour du monde sur un bateau propulsé grâce aux déchets plastiques récupérés au cours du voyage.

Le précurseur du projet, Simon Bernard, âgé de 26 ans et ancien officier de la marine marchande explique qu’il a été inspiré à Dakar au Sénégal où il était en escale lors d’une mission humanitaire il y a un an. « Le port était infesté de déchets, il y avait beaucoup de plastique. Pourquoi ne pas trouver une solution pour le réutiliser ? », se remémore M Bernard. La vision de Simon Bernard est de recycler le plastique contenu dans les océans. Chaque année, près de 10 millions de tonnes de plastique y sont déversées. Une catastrophe écologique, qui pourrait mener les déchets à dépasser le nombre de poissons dans les océans d’ici à 2050, selon l’ONU. Mais certains déchets, trop petits, ou endommagés, ne peuvent finalement même pas être recyclés dans le circuit classique. Pourtant, tout n’est pas perdu. Au contraire, Simon Bernard leur imagine un avenir : ils seront transformés en carburant. Le processus qu’il nous explique s’avère assez simple : « le plastique est chauffé par pyrolyse, sans oxygène, et nous récupérerons le produit liquéfié de l’opération : du carburant. Il faut se souvenir qu’à la base, le plastique est fabriqué à partir du pétrole. »

Cette ancienne méthode peut faire ses beaux jours dans la production du carburant. Ainsi, l’initiative pensée et mise en œuvre par le personnel Plastic Odyssey n’est pas figée ni ne dispose de brevet.  Résultat, « tout le monde peut s’approprier et améliorer le système ». « Nous travaillons sur de la low tech, afin que ce soit le plus accessible et facile à fabriquer. Une fois installé, le système est autonome, simple à faire fonctionner. L’objectif est de le démocratiser, pour que partout où il y a des problèmes de pollution, on puisse s’en servir », détaille Simon Bernard.

A en croire notre source, le carburant extrait de cet exercice est impropre : il produit du CO2, comme tous les moteurs à explosion. Selon son créateur, le système permet de réduire de 20% les émissions de CO2. « Nous utilisons une matière qui existe déjà, pas besoin d’extraire, de raffiner, de transporter le pétrole. Évidemment, ça n’est pas une solution miracle, mais plutôt un outil de transition, en attendant que le développement des énergies propres avance suffisamment. »

Un tour du monde de trois ans

Un premier prototype va être mis en chantier dans les jours à venir, il sera lancé à Concarneau en mai. Il doit servir de démonstrateur, et à tester certaines fonctionnalités. Puis, ce sera au tour de son « grand frère », un catamaran de 25 mètres, d’être construit. C’est sur ce bateau que sera mené le tour du monde, à partir de début 2020. « L’idée s’inspire un peu de l’aventure Solar Impulse : faire un tour du monde pour attirer l’attention du public et des médias sur un problème », explique Simon Bernard. Au total, l’expédition doit durer 3 ans. Pour suivre l’avancée du projet, c’est par ici.

Moctar FICOU / VivAfrik

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