Le programme PARFAO au service de l’agro écologie

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« Le programme PARFAO qui vise à promouvoir l’agro écologie par la recherche et la formation en Afrique de l’Ouest, est un projet co-porté par l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et l’Agence universitaire de la francophonie (Auf). Le projet se déroule sur trois ans (2017-2019) dans trois pays : Burkina Faso, Côte d’Ivoire et Sénégal », a expliqué Joanna Schlesinger, chargée de valorisation et de l’innovation Ird, en charge du programme PARFAO.

Mme Schlesinger s’exprimait samedi 10 mars 2018 à Dakar lors du week-end des solutions PARFAO. Selon notre interlocutrice, le projet PARFAO comporte deux axes principaux. Un axe « formation », il repose sur le recrutement d’un collège doctoral de 10 doctorants travaillant sur l’agro écologie dans ces trois pays. Ils bénéficieront d’un accompagnement de bourses de mobilité et de formation pendant deux ans et l’axe « interface science-société » avec une programmation d’événements pour interconnecter le monde de la recherche, le monde universitaire avec le monde socio-économique.

2 700 000 FCFA par projet

Le Sénégal est le pays pilote pour déployer les activités, elles seront ensuite déployées au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. L’axe « interface science-société » se décline en quatre grandes étapes. La première étape concerne, selon elle « les enquêtes préparatoires pour identifier des problématiques rencontrées par les acteurs de terrains dans les secteurs de l’agro écologie et de la pêche artisanale. La deuxième s’articule autour de l’organisation des ateliers de rencontre entre les acteurs scientifiques, étudiants chercheurs et les acteurs du monde socio-économique : agriculteurs, pêcheurs, entrepreneurs, pour croiser les regards et identifier ensemble des problèmes à résoudre dans ces secteurs et proposer des idées de solutions. A la troisième étape, on a sélectionné cinq (5) projets de solutions qui sont tous co-portés à la fois par des acteurs du monde scientifique et du monde socio-économique. Et la dernière étape consistera à accompagner ces projets pendant 6 mois. Cet accompagnement commence avec le week end des solutions qui est un atelier de travail de deux jours pour spécifier l’idée de solution. Au bout de ces deux jours, les projets ressortiront avec des cahiers de charge fonctionnels et techniques des avec des plans d’actions sur 6 mois pour un budget détaillé. Chaque projet se verra attribué un financement de 2 700 000 FCFA pour, à l’issu des 6 mois, développer un prototype de solutions qui seront également accompagnées », a-t-elle expliqué.

Dans le détail, la chargée de valorisation et de l’innovation Ird, en charge du programme PARFAO indique que les projets retenus sont :

Projet 1 : Mise en place d’un système d’alerte et de surveillance dans la nouvelle zone de pêche protégée (ZPP) de Hann – Bel Air (Sénégal).

Projet 2 : Développement d’un système QR « quid Response » pour améliorer la gestion de la pêcherie de ceinture (Trichiurus lepturus) à Cayar (Sénégal).

Projet 3 : MySemoir (Mycorhize Semoir) – Le semoir 2 en 1  qui permet de semer et d’épandre le biofertilisant (mycorhize) dans le champ.

Projet 4 : Conception d’une application mobile smartphone d’identification des insectes ravageurs des cultures maraichères.

Projet 5 développement d’une unité de compost et methanidation bas coût.

L’agriculture n’est pas l’administration agricole

Pour sa part, Amadou Ndiaye, enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger UFR S2ATA a salué la mise en place du système LMD. A l’en croire, toutes les universités ont des incubateurs et la question de l’entreprenariat est une question très délicate mais ces incubateurs peuvent aider les jeunes à monter leur projet de développement personnel. Mieux poursuit-il, avec la réforme LMD, très souvent, on a des unités d’enseignement qu’on appelle projets personnels. C’est donc l’enseignement qui doit prendre en compte le besoin de chaque étudiant pour qu’il puisse élaborer lui-même son projet de développement personnel. Ensuite, les jeunes doivent s’engager, a-t-il estimé.

Avant d’ajouter : « je pense qu’il y a un petit changement de mentalités qu’il faut avoir entre les producteurs agricoles, entre les jeunes et l’agriculture. Nous tous nous avons fait des études agricoles mais on a tendance à penser que l’agriculture, c’est l’administration agricole alors que l’agriculture n’est pas l’administration agricole. L’agriculture c’est d’abord le producteur agricole, la production agricole donc, c’est de l’entreprenariat agricole. Tout le reste sont des para agricoles. Aujourd’hui, si on veut développer l’agriculture, il nous faut des entreprises agricoles. Les jeunes formés ou qui s’intéressent à l’agriculture, leur intérêt seul ne suffit pas. Il faut un système d’accompagnement pour qu’ils s’installent et les incubateurs universitaires jouent ce rôle d’accompagnement », a conclu l’enseignant chercheur.

Moctar FICOU / VivAfrik

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