La relance de la diplomatie verte au cœur de la troisième édition du One Planet Summit

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Un sommet consacré à la défense de la faune et la flore, à l’heure où la pandémie de Covid-19 illustre les dangers des dérèglements environnementaux se tient ce lundi 11 janvier 2021 à Paris. Lors de cette troisième édition du One Planet Summit consacré à la biodiversité, avec pour objectif de relancer la diplomatie verte mise à l’arrêt par le Coronavirus, une trentaine de décideurs mondiaux doivent présenter des initiatives ou prendre des engagements concrets pour « la préservation des écosystèmes ».

La France organise ce lundi à Paris la quatrième édition du «One Planet Summit», cette fois consacrée à la biodiversité. Un sommet en guise de coup d’envoi d’une année charnière pour l’environnement: côté biodiversité, le congrès de l’Union internationale de conservation de la nature aura lieu en septembre à Marseille, avant la COP15 pour la biodiversité qui devrait se tenir vers la fin de l’année en Chine. Côté climat, la COP26, reportée elle aussi à cause du Covid-19, se déroulera normalement à Glasgow, en Écosse, en novembre. Le «One Planet», organisé en coopération avec les Nations unies et la Banque mondiale, ambitionne donc de «participer à la construction de la mobilisation» pour réussir cette séquence diplomatique en «montrant qu’il est possible d’agir pour la préservation de la planète, de la biodiversité, de façon très concrète».

Ainsi, une trentaine de personnalités doivent intervenir, principalement par visio en raison de la crise sanitaire. Parmi elles, le Secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, le président de la Banque mondiale, David Malpass, l’héritier du trône britannique, le prince Charles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la chancelière allemande, Angela Merkel, les premiers ministres britannique, Boris Johnson, et canadien, Justin Trudeau, le président du Costa Rica, Carlos Alvarado, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, ou le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Chacun devrait présenter des initiatives ou prendre des engagements concrets autour des quatre thèmes de la conférence : protection des écosystèmes terrestres et marins ; promotion de l’agroécologie ; mobilisation des financements ; lien entre déforestation, préservation des espèces et santé humaine.

Un dernier thème brûlant alors que la pandémie de Covid-19 illustre l’inquiétante multiplication des zoonoses, maladies qui passent de l’animal à l’homme, notamment en raison des contacts plus fréquents entre espèces, causés par la destruction des habitats sauvages.

2020, considérée comme une quasi-année blanche

Paris espère ainsi « faire converger les enjeux climatiques et la préservation des écosystèmes », explique une source à l’Elysée. Car, face aux épidémies comme au réchauffement (l’année 2020 vient de se classer comme la plus chaude ex aequo jamais enregistrée), « la préservation de la biodiversité est quelque part notre assurance-vie collective ».

Or, la diplomatie verte a pris du retard, avec une quasi-année blanche en 2020. Côté biodiversité, le congrès de l’Union internationale de conservation de la nature et la COP15, qui a pour objectif d’établir un plan mondial pour protéger et restaurer d’ici à 2050 les écosystèmes indispensables à l’humanité, ont dû être reportés à l’automne 2021. Côté climat, la COP26 prévue à Glasgow (Ecosse) a aussi été retardée d’un an, à novembre 2021 si tout va bien.

Le « One Planet » ambitionne donc de « participer à la construction de la mobilisation » pour réussir cette séquence diplomatique en « montrant qu’il est possible d’agir pour la préservation de la planète, de la biodiversité, de façon très concrète ».

« La crise sanitaire a mis en exergue la nécessité de rééquilibrer notre relation avec notre environnement, et le Sommet représente une occasion rare de faire preuve d’ambition et de détermination en ce sens », estime Marco Lambertini, directeur général du WWF International, dans un communiqué.

Le « One Planet Summit » sera également précédé d’un forum de l’investissement visant à donner un coup d’accélérateur à la « Grande muraille verte » de l’Union africaine, un programme complexe et ambitieux visant à lutter contre la désertification autour du Sahara. L’objectif: obtenir des engagements atteignant au total 10 milliards de dollars pour la période 2021-2025 pour ce projet mis en place il y a déjà plusieurs années.

Divers projets attendus dans l’agroécologie

Concernant la protection des écosystèmes, le sommet veut relancer la « coalition de la haute ambition pour la nature » – chapeautée par la France, la Grande-Bretagne et le Costa Rica –, avec pour objectif d’y intégrer une cinquantaine de pays, chacun s’engageant à placer 30 % de son territoire en espaces protégés.

Sur la question des financements en faveur de la biodiversité, il ambitionne de porter une coalition visant à consacrer 30 % des financements publics en faveur du climat à des « solutions basées sur la nature » (reboisement, par exemple). La création d’une alliance d’investisseurs privés pourrait également être annoncée.

Dans le domaine de l’agroécologie, divers projets devraient être annoncés. Le One Planet sera également précédé d’un forum de l’investissement consacré au programme de Grande Muraille verte de l’Union africaine, qui vise à lutter contre la désertification autour du Sahara. Forum qui a pour objectif d’obtenir des engagements atteignant au total dix milliards de dollars (8,2 milliards d’euros). Un dispositif de suivi doit également être mis en place.

Et sur le dossier « lien entre biodiversité et santé », le One Planet doit notamment lancer une alliance de recherche sur la « prévention de l’émergence de zoonoses » (Prezode), visant à fédérer divers programmes existants.

Une rencontre avec des agriculteurs engagés prévue mardi

Au lendemain de ce sommet, Emmanuel Macron se rendra dans l’Eure pour rencontrer des agriculteurs engagés « dans l’agroécologie et dans la restauration de la biodiversité », rapporte l’Elysée. Il sera accompagné de plusieurs ministres, dont celui de l’agriculture, Julien Denormandie.

Emmanuel Macron s’intéressera notamment à l’action des groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), qui permettent une reconnaissance par l’Etat de l’engagement collectif d’agriculteurs dans la modification ou la consolidation de leurs pratiques en visant une performance économique, environnementale et sociale, a précisé l’Elysée.    

Moctar FICOU / VivAfrik

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