Avec la hausse des prix du pétrole, l’OPEP+ va-t-elle augmenter sa production ?

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Les regards des investisseurs sont tournés vers les discutions qui se déroulent ce mercredi 2 février 2022 entre les treize membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de leurs alliés emmenés par la Russie. Cette réunion intervient au moment où les prix du brut sont au plus haut en sept ans, dopés par les crises géopolitiques ce qui laisse présager qu’une hausse de la production n’est pas exclue pour faire baisser les prix.

Comme presque chaque début de mois depuis l’éclosion de la pandémie, les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, menés par l’Arabie saoudite, et leurs dix alliés chapeautés par la Russie se retrouvent par visioconférence pour procéder à d’éventuels ajustements.

Pour le mois de mars 2022, de nombreux analystes s’attendent à une nouvelle augmentation du volume total de production de 400 000 barils par jour. Ce qui s’inscrivait dans la stratégie de réouverture prudente des vannes, amorcée par l’OPEP+ en mai 2021, dans un contexte de reprise, après des coupes drastiques pour surmonter le choc de la pandémie. « Cela dit, nous n’excluons pas complètement une hausse plus importante, compte tenu des prix élevés du pétrole et de la récente sous-production de l’OPEP+ », a souligné Capital Economics.

Les analystes sont partagés sur la question. Certains estiment que les pays exportateurs vont s’en tenir à leur stratégie établie en mai 2021, c’est-à-dire une hausse mensuelle de la production au rythme de 400 000 barils par jour. Alors que d’autres pensent qu’une hausse plus importante n’est pas exclue compte tenu des prix élevés. Si rien ne change, les cours risquent de continuer à monter, le PDG du géant des hydrocarbures Chevron voit même un baril à 100 dollars pour le pétrole américain dans quelques mois.

Les causes d’une telle hausse sont, selon RFI, les mêmes que celles qui ont fait grimper les cours ces dernières semaines. Les tensions croissantes entre Moscou et les Occidentaux au sujet de l’Ukraine et la guerre au Yémen font planer des menaces sur l’offre. Les deux grands producteurs d’or noir la Russie et l’Arabie saoudite sont impliqués directement dans ces crises. Les marchés sont aussi tendus en raison des difficultés de certains pays à augmenter leur production en raison de problèmes d’infrastructures et de sous-investissements.

La décision du groupe OPEP+ est relativisée par l’incapacité qu’ont eue plusieurs de ses membres à assurer les quotas définis cet été. Selon des documents d’un comité technique de l’organisation, consultés par l’agence S&P Global Platts, ceux des pays qui se sont engagés sur des quantités données ont manqué leur objectif de 832 000 barils par jour au total en décembre. En janvier, selon un sondage effectué par l’agence Bloomberg, les pays membres de l’OPEP n’ont accru leurs volumes que de 50 000 barils par jour, et leurs alliés de l’OPEP+, de 160 000 barils par jour, soit, au total, à peine plus de la moitié de l’objectif de 400 000 supplémentaires.

Du côté de la demande, la consommation reste dynamique malgré la pandémie. Résultat : l’offre devrait demeurer, à court terme, inférieure à la demande. La solution pourrait venir de l’Iran, grand producteur historique de l’OPEP et dont les exportations sont très limitées à cause des sanctions américaines. Les discussions entre les puissances occidentales et la république islamique concernant son programme nucléaire sont entrées cette semaine dans la dernière ligne droite, les États-Unis y participent de manière indirecte. En cas d’accord, les sanctions pourraient être levées progressivement ; l’Iran reviendrait ainsi sur le marché du pétrole avec une offre abondante de quoi faire baisser immédiatement les prix du brut.  

Moctar FICOU / VivAfrik       

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