Les participants du Sommet mondial de l’océan planchent sur l’avenir des océans

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Le One Ocean Summit (Sommet mondial de l’océan, en français) ouvert mercredi 9 février 2022 pour trois jours à Brest en France pourrait devenir un rendez-vous régulier, au même titre que ceux sur le climat ou la biodiversité.

Ainsi, du 9 au 11 février 2022 se tient en Bretagne, le 5ème « One Ocean Summit » consacré à la protection des océans qui occupent 70% de la surface du globe. Souhaité par Emmanuel Macron, le One Ocean Summit lance un cycle de rendez-vous internationaux en 2022, consacrés à ce milieu essentiel et fragile, mais riche d’intérêts géopolitiques et financiers.

Le Sommet mondial de l’océan, ou One Ocean Summit, entend se pencher sur la protection de ce milieu de plus en plus pollué qui se réchauffe et où la hausse du niveau de l’eau s’accélère (4,5 mm par an au cours des cinq dernières années). Brest doit attirer 18 chefs d’État et de gouvernement, dont ceux de Colombie, d’Islande, des Seychelles et du Portugal, y compris Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen.

Les océans occupent 70% de la surface du globe et jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ils nourrissent les populations, abritent de nombreuses espèces. Pour autant, ils restent mal connus et mal protégés. Selon Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), « nous n’avons pas idée de ce qu’est l’océan ». Les ONG, politiques et scientifiques et entrepreneurs attendent des annonces fortes,  même si certains regrettent que des questions aussi essentielles que la surpêche ne soient pas à l’ordre du jour.

« Nous, les scientifiques, attendons beaucoup de ce sommet, nous ne savons pas jusqu’à quand l’océan pourra jouer son rôle de régulateur du climat, s’est interrogé Françoise Gaill, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique.

Le nombre de chefs d’État a été réduit de 70 à moins d’une vingtaine en l’espace de deux mois, à mesure que le variant Omicron se propageait sur la planète. Plus prudents, en raison de la pandémie, les États-Unis ont reporté à mi-avril la tenue de leur réunion internationale sur l’océan, qui devait se dérouler à Palau, dans l’océan Pacifique, fin février 2022.

La pollution plastique a atteint « toutes les parties des océans » et menace la biodiversité marine « du plus petit plancton à la plus grosse baleine », a déploré WWF qui appelle à s’engager rapidement vers un traité sur les plastiques.

« Chaque année, entre 19 et 23 millions de tonnes de plastiques arrivent dans les eaux de la planète, dont une bonne partie finissent en mer. Nous atteignons un point de saturation pour les écosystèmes marins qui fait peser une menace non seulement sur des espèces données mais affecte tout l’écosystème », s’est indigné Eirik Lindebjerg, responsable du dossier plastique à l’ONG WWF.

Les oiseaux sont eux aussi exposés. Dans le nord-ouest de l’Atlantique, 74% des oiseaux de mer examinés par une étude avaient mangé du plastique, 69% selon une autre étude à Hawaï. Suffisant pour les défenseurs des océans d’espérer un coup de pouce des politiques lors du « One Ocean Summité pour faire enfin aboutir un traité destiné à protéger la haute mer, fragilisé par les activités humaines.

En outre, plusieurs associations, dont France nature environnement (FNE), ont l’intention de remettre à la ministre française de la Mer une pétition signée par plus de 460 000 personnes contre les captures accidentelles de dauphins communs, tués dans des engins de pêche au large des côtes françaises. Cette pétition aura pour mission de sauver les dauphins.

Moctar FICOU / VivAfrik