Journée mondiale de l’environnement 2022 : Khady Camara alerte sur l’enjeu du thème de de l’année 2022              

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Le thème choisi cette année pour célébrer la Journée mondiale de l’environnement : « Une seule terre », nous invite, selon la présidente des Vacances vertes du Sénégal, à célébrer la planète par « une action environnementale collective ». « Comme constaté, nos choix de consommation individuels font la différence, c’est l’action collective qui initiera le changement environnemental transformateur dont nous avons besoin », a soutenu Mme Khady Camara, à l’occasion de cette 48ème édition.

Sortir de l’aveuglement cynique du modèle actuel, ou disparaître

Mieux, l’initiatrice de la grande marche des femmes pour la justice climatique ajoute : « La destruction de la nature met l’humanité en danger. Qu’on l’intègre ou pas, l’économie mondiale repose sur les services rendus par la nature. Près de la moitié de notre économie repose sur la biodiversité. Tous ses services indispensables sont rendus possibles, grâce à la nature. Mais le maintien de ces écosystèmes est en péril à cause des dérives du modèle dominant, qui détruit pour produire ».

Les coûts de l’inaction ou de l’aveuglement

Pour elle, une terre sans insectes, sans arbres, sans ressources halieutiques, devient invivable. « Ce scénario désavantage les êtres vivants, car un environnement malade produit une humanité malade. Pestes climatiques, Covid-19, guerre perpétuelle, sécheresse, famine mondiale, inégalités, insécurité alimentaire, chaleur mortelle… seront les mots d’ordre », a-t-elle expliqué la lauréate du Forum génération égalité et Prix justice climatique dans sa note.

Mme Khady Camara estime que les trajectoires actuelles sont très loin des engagements pris lors de l’Accord de Paris. « Le monde entier s’est accordé sur un objectif de limitation à 2°C du réchauffement planétaire par rapport à l’ère préindustrielle pour limiter l’ampleur des catastrophes climatiques. Or, la tendance actuelle nous mène déjà vers un réchauffement de 4°C. Qui, rien que dans le secteur de l’agriculture, va entraîner une calamité, comme le soutient l’enquête de David Wallace-(theDoomedEathCatalog), dans cette situation : « chaque degré de réchauffement supplémentaire diminue les rendements agricoles de 10 %. Certaines estimations montent à 15 ou 17%. » Avec un réchauffement de 5°C à la fin du siècle, l’équation cauchemardesque serait donc : comment nourrir une population 50% plus nombreuse avec 50% de céréales en moins ?, s’interroge-t-elle.

Miser sur la biodiversité pour une stabilité planétaire

Soulignant qu’au total, plus de 40% de notre économie dépend des services écosystémiques (photosynthèse, matières premières, qualité de l’air…) rendus par la nature, la lauréate du Prix African Women Leadership, catégorie Femme leader pour la justice climatique renseigne que récemment, le rapport de l’organisation de la coopération et de développement économiques (OCDE), Biodiversity : Finance and the Economic and Business Case for Action, estime la valeur économique des services écosystémiques entre 125 et 140 000 milliards de dollars par an, soit presque le double du PIB mondial. D’où la nécessité pour elle de « donner la priorité à la nature, est l’unique porte de sortie qui s’offre à l’humanité.

« En définitive, choisir la terre, c’est renoncer à un système à bout de souffle pour un futur souhaitable et désirable pour tous. Agissons au quotidien en tant que citoyens et consommateurs, afin de transformer nos modèles de gouvernance, de business, d’innovation, de financement et de collaboration », insiste la présidente des Vacances vertes. Qui signale que c’est dans cette exigence que son association célèbre symboliquement la Journée mondiale de l’environnement.

Moctar FICOU / VivAfrik