Les poids lourds des pays du Sud, une pollution d’exportation                             

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L’exportation de poids lourds d’occasion est un marché très lucratif pour les pays industrialisés qui se débarrassent de leur flotte de véhicules vétustes contre argent comptant. Ces poids lourds d’occasion ont des conséquences néfastes dans les pays importateurs, comme révèle un rapport publié vendredi 23 février 2024 par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUD).

Dans de nombreux pays en développement, ils font partie intégrante du paysage : de vieux camions et bus branlants, venus d’autres pays et souvent d’autres époques. Entre 2015 et 2020, le Japon, l’Union européenne et la Corée du Sud ont exporté 2,4 millions de poids lourds d’occasion vers des pays en développement et représentent à eux trois 60% du marché d’export mondial. En Europe de l’Est, en Afrique et en Asie, ces véhicules utilitaires d’occasion de plus de 3,5 tonnes sont nécessaires au développement économique et aux besoins toujours plus pressants de mobilité.

Seulement voilà : ces camions et bus d’un autre âge sont, de façon disproportionnée, responsables de la pollution de l’air, d’accidents de la route et d’émissions de CO2, alertent les chercheurs onusiens.

Des 146 pays importateurs analysés dans leur rapport, 18 ont complètement interdit l’achat des poids lourds d’occasion et 123 autres ont certes mis en place des régulations, comme une restriction d’âge pour ces véhicules. Mais dans la majorité de ces pays, ces règlementations ne sont pas appliquées. Or, soulignent les experts onusiens, une régulation du marché pourrait permettre aux pays en développement d’accéder, à terme, à des poids lourds de meilleure qualité, comme des bus électriques. Ce afin de protéger l’environnement ainsi que la santé de leurs populations. Pour l’instant, seuls la Sierra Leone et le Suriname ont inclus l’import de poids lourds d’occasion dans leurs stratégies nationales de lutte contre le réchauffement climatique.

Au Bénin, les camions désignés coupables de la pollution des villes du pays

Les poids lourds sont très nombreux et visibles à Cotonou et ses environs. Ils assurent le transport de sable, de gravier, de conteneurs de marchandises, de carburant, etc. Une pollution aux lourdes conséquences sur l’environnement et la santé que dénoncent plusieurs militants de l’environnement.

Pas besoin d’outils de mesure pour conclure que les camions qui circulent au Bénin sont très loin des normes anti-pollution. Le parc gros porteurs compte de vieux camions, de plusieurs décennies d’âge, aux moteurs à bout de souffle. Leurs tuyaux d’échappement lâchent à chaque coup d’accélérateur un épais nuage de fumée noire. Quand ils sont à l’arrêt au carrefour, les motos s’éloignent, certains usagers portent le masque pour se protéger. Ce sont les mal-aimés de la circulation, ils polluent mais on leur reproche aussi la surcharge et une conduite dangereuse.

Pour Myriam, militante de l’environnement, les camions sont des pollueurs qui empoisonnent : « ils ont des conséquences directes sur notre santé, à savoir les problèmes respiratoires, les allergies. Il faut sensibiliser aux conséquences de la pollution des camions et encourager les politiques visant à réduire cet impact négatif. »

Dans la loi cadre sur l’environnement, il existe le principe de pollueur-payeur. La police réprime mais pas toujours. Le gouvernement dans sa loi des finances exonère l’achat les véhicules neufs des taxes de douanes et de la TVA.

Avec RFI

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