Abou Diop rêve d’une association pour un mode de vie éco-citoyen au Sénégal

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Abou Diop envisage de créer une association sénégalaise de développement durable pour vulgariser un mode de vie éco-citoyen au Sénégal. Le formateur en agriculture biologique et producteur de plantes médicinales, ornementales et maraîchères occupait un stand à la Foire de promotion de l’agriculture biologique, qui a pris fin jeudi 27 avril 2018 après, six jours d’exposition à la « Promenade des Thiessois », à l’initiative de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab).

Il y présentait toute une variété de plantes médicinales et ornementales, d’origine locale et étrangère, cultivées en pots. Sur une table, se trouvait posée une pile de feuilles listant les bienfaits de toutes ses plantes.

Du basilic (’ngoun-ngoun’, en wolof) au céléri, en passant par le fenouil, l’aneth la menthe. Juste une vitrine de ce qu’il appelle son « champ », chez lui, au quartier Nguinth de Thiès. Il cultive sur sa terrasse, en trois paliers, environ 300 espèces et variétés de plantes médicinales ornementales et de légumineuses, dit-il fièrement.

Originaire de la vallée du fleuve Sénégal, où il a acquis dès son jeune âge la passion des plantes et des animaux, pour avoir pratiqué la pêche, l’élevage et l’agriculture, il a vu cette ardeur augmenter, suite à sa formation agricole.

De son riche parcours au cours duquel il a « traversé plusieurs services agricoles », Abou Diop a tiré un style de vie éco-citoyen, qu’il partage avec sa famille, dont tous les membres sont versés dans les métiers liés à l’agriculture, sauf une fille qui fait des études en informatique.

Il a été contrôleur semencier, chercheur en entomologie (étude des insectes), a fait des études en pédologie (étude des sols), avant d’être chef du service départemental et régional de l’agriculture de Matam (96-2002). Après une maîtrise en psychopédagogie à l’université, il finit son parcourt comme formateur au centre horticole de Cambérène.

« Au fil du temps, j’ai fait la production de plantes à la maison », raconte-t-il. Le tout, en mode bio. « En même temps, j’ai une pratique éco-citoyenne », relève Abou Diop, qui dit procède au tri des ordures ménagères, chez lui, pour rejeter le verre et le plastique à la poubelle et utiliser les éléments biodégradables dans le compostage.

Point besoin d’engrais, ni de produits chimiques. Des plantes sont utilisées pour le traitement phytosanitaire de son jardin suspendu.

« Mon premier projet, c’est de mettre en place l’association sénégalaise pour le développement durable »

Côté alimentation, « à la maison, on ne prend que du bio, pas de bouillon, et depuis 1996, je ne prends que les boissons faites à la maison », relate fièrement le sexagénaire. « C’est une philosophie que nous avons », selon laquelle « c’est notre aliment qui est notre médicament ».

Le passionné d’agro-écologie souhaite que ce style de vie fasse « tache d’huile ». Dans son entourage, il invite les gens à « prêter attention à ce qu’ils mettent dans la bouche », notant qu’un mode de cuisson inapproprié tue les micronutriments et autres propriétés bénéfiques contenues dans les légumes et autres plantes aromatiques.

Toute sa production était distribuée gratuitement dans le quartier aux parents amis et voisins jusqu’au jour où ses enfants ont eu l’idée de mettre en vente ce trésor. « Les enfants ont dit qu’avec une facture (d’eau) de 60.000 tous les deux mois, ce n’est pas normal qu’on ne vende pas », se souvient-il.

 Le GIE Ballal (Aide, en pular), est alors créé en 2016. La petite entreprise familiale en construction, fait de la formation en agriculture bio, de la transformation de fruits et légumes et de la fabrication de produits bio.

Il commence à voir les résultats de sa démarche, puisque beaucoup de gens dans le quartier ont « cessé de demander. Ils viennent acheter pour planter ». Ce qui les motive davantage à s’en occuper. « Je voudrais que ça fasse tache d’huile », confie M. Diop.

« Mon premier projet, c’est de mettre en place l’association sénégalaise pour le développement durable », dit Abou Diop, pour qui la création de cette structure « peut-être le vecteur pour atteindre beaucoup plus de personnes ».

Il est d’avis que « les principes de développement durable retenus à Rio en 1992, s’ils sont bien compris, peuvent être un tremplin pour aller de l’avant ». Abdou Diop cite en particulier l’équité, la responsabilité et la solidarité.

Moctar FICOU / VivAfrik

1 COMMENTAIRE

  1. Abou est un cadre très expérimenté du secteur agricole. Un esprit curieux et très rigoureux dans ses démarches. Il prend soins de vérifier tout ce qu’on lui dit ou presente. A plusieurs fois, en tant que frère médecin, il m’a sollicité pour des avis sur des sujets très pointus en médecine humaine et je me suis rendu compte que ses hypothèses de questionnement sont toujours fondées sur une rigueur scientifique.
    Je souscrits entièrement à cette idée qui est salutaire pour tous ceux qui veulent changer positivement leur mode de vie afin de préserver ce qui reste de leur capital santé.

    Dr Abdoulaye Cire Anne

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