Gouvernance dans le secteur des mines au Cameroun : Les populations exclues des procédures

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Les habitations des riverains d'un chantier minier au Cameroun

Elles affirment tout ignorer des activités minières qui se déroulent régulièrement dans leurs localités respectives.

« Généralement, les exploitants miniers rentrent dans nos territoires à notre insu et en ressortent après avoir pillé nos ressources », déclare Aboubakar Kombo dans une interview accordée à VivAfrik le 12 mai 2017 à Bertoua. C’était en marge des travaux de l’atelier d’échanges sur la politique nationale pour la promotion d’un secteur minier artisanal et à petite échelle durable au Cameroun qui se tenait à l’Est à l’époque.

Le maire de la commune de Meiganga dans la région de l’Adamaoua se faisait l’écho des constatations faites par le groupe de travail sur la participation des communautés locales et des collectivités dans les activités d’exploitation minière. En effet, selon Ulrich Dikor qui dirigeait les travaux de ce groupe, « les populations riveraines rencontrées dénoncent leur exclusion et celle des communes de l’exploitation minière. Elles arguent qu’elles ne sont jamais consultées et ignorent les caractéristiques du titre minier exploité. » Par conséquent, les dégâts des activités minières sur leurs biens, notamment les plantations, ne peuvent être réparés. « Généralement, expose un élu local de l’Est, les exploitants miniers et leurs complices profitent de l’ignorance des textes par nos populations pour les flouer dans un contexte où le gouvernement prône la transparence dans ce secteur. »

Corruption

Au cours de cet atelier d’échanges, les participants ont tôt fait de trouver un responsable de tous les maux évoqués plus haut : « la corruption ». Et entrepris d’élaborer un certain nombre de recommandations pour lui tordre le coup. A commencer par le Capam, incontournable dans la transparence minière mais dont les ressources sont en inadéquation avec les missions : « L’Etat doit doter cette structure des ressources financières, humaines et matérielles adéquates afin qu’elle assure sa mission  d’appui et d’encadrement de l’artisanat minier».

Les participants ont souhaité « l’organisation des consultations publiques avant la délivrance de tous titres d’exploitation et de l’obligation de la publicité autour des titres miniers attribués et des cahiers de charges conformément aux exigences de l’Initiative de transparence des industries extractives (ITIE) consacrée par le code minier du 14 décembre 2016. « Impliquer les collectivités locales dans l’attribution des titres d’exploitation, la surveillance et la gestion environnementale, accélérer le processus de transfert des redevances minières aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) et communautés locales, publier les montants transfères aux CTD et clarifier les modalités de gestion de la quote-part des riverains » sont les autres recommandations de cet atelier conjointement organisé par Foder et l’ONG World Wild Fund for Nature (WWF).

Enquête réalisée par Bernard Bangda / VivAfrik

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