La BAD se réjouit d’accueillir le Centre mondial pour l’adaptation en Afrique, selon Akinwumi Adesina

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Le Président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a soutenu que son institution « se réjouit d’accueillir le Centre mondial pour l’adaptation‑ Afrique ». Akinwumi Adesina s’exprimait, mercredi 16 septembre 2020, lors de la cérémonie de lancement du Centre mondial pour l’adaptation en Afrique en présence de plusieurs chefs d’Etats dont Cyril Ramaphosa, président de la République d’Afrique du Sud, président de l’Union africaine et coordinateur de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement africains sur le changement climatique et Ali Bongo Ondimba, président de la République du Gabon et président de l’Initiative d’Adaptation pour l’Afrique.

Dans son discours inaugural, M. Adesina, réélu le 27 août 2020 à la présidence de la BAD avec 100 % des suffrages des actionnaires régionaux et non‑régionaux de la Banque admet qu’il vit une « étape majeure dans nos efforts visant à renforcer la résilience climatique de notre continent ».

Suffisant pour le Nigérian de rendre public ses priorités. « L’une de mes principales priorités pour les cinq prochaines années sera de faire en sorte que la Banque stimule les investissements dans la croissance verte et le financement en faveur du climat en Afrique. Nous nous engageons à aider l’Afrique à se reconstruire après la pandémie de Covid‑19, à être meilleure, plus forte et plus résiliente dans les domaines de la santé et du climat », a-t-il confié.

Avant de poursuivre : « nous réalisons d’excellents progrès. Le financement de la Banque en faveur du climat a été multiplié par quatre entre 2016 et 2019, passant de 9 % à 36% de notre portefeuille total. D’ici à la fin de l’année 2021, nous atteindrons notre objectif fixé à 40% du portefeuille ».

La Banque s’est également engagée à fournir 25 milliards de dollars américains au titre du financement climatique à l’horizon 2025. Le défi majeur pour l’Afrique est de savoir comment réussir au mieux son adaptation au changement climatique. Pour cette raison, la Banque a relevé le pourcentage de ses financements en faveur de l’adaptation, de 26 % en 2016 à 55 % en 2019.

Akinwumi Adesina a également tenu remercier vivement les autorités allemandes, norvégiennes et suédoises pour leur accompagnement dans la lutte contre le changement climatique en Afrique. « Je tiens tout particulièrement à remercier la ministre allemande Maria Flachsbarth, le ministre norvégien Ulstein et le ministre suédois Eriksson pour leur appui indéfectible à mon égard et aux efforts déployés par la Banque dans le cadre de la lutte contre le changement climatique en Afrique. Je vous remercie pour votre appui à la création du Centre mondial pour l’adaptation en Afrique ».

Aujourd’hui, le changement climatique provoque des ravages dans les économies, les vies et les moyens de subsistance en Afrique. En 2019, les cyclones tropicaux Idai et Kenneth ont détruit les économies du Mozambique, du Malawi et du Zimbabwe, causant la mort de 800 personnes et des pertes estimées à plus de deux milliards de dollars américains.

Il y a tout juste quatre ans, rappelle le chef de fil de la BAD, El Niño dévastait l’Afrique orientale et australe, provoquant de graves sécheresses. On estime entre 7 et 15 milliards de dollars américains les pertes que l’Afrique devrait subir, à partir de 2020, à cause du changement climatique.

« La pandémie de Covid‑19 a rendu le financement de l’adaptation au climat plus difficile. C’est pourquoi la Banque a engagé dix milliards de dollars américains pour aider l’Afrique à faire face à la pandémie. Et pas plus tard que la semaine dernière, notre Conseil d’administration a approuvé un montant de 27 millions de dollars en faveur du Centre africain de contrôle des maladies. Nous poursuivrons nos efforts pour aider l’Afrique à renforcer sa résilience au changement climatique », a assuré le président de la Banque africaine de développement.                      

Si l’on se fie à ses dires, l’an dernier, l’initiative de la Banque intitulée « Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique » (TAAT) a apporté à l’Afrique australe un appui en semences de maïs tolérantes à la sécheresse, que les agriculteurs ont plantées sur 600 000 hectares.

L’initiative TAAT a également soutenu les agriculteurs d’Afrique de l’Est avec des variétés de blé tolérantes à la chaleur, qui ont été plantées sur 20 000 hectares dans la vallée d’Awash en Éthiopie, et sur 94 000 hectares dans le cadre du projet d’irrigation d’El-Ghezira au Soudan, renforçant ainsi la sécurité alimentaire.

Nous mettons en œuvre le Mécanisme de financement de l’assurance contre les risques de catastrophes en Afrique afin d’assurer les pays contre les pertes dues à des événements climatiques extrêmes, soutient-il.

Se prononçant sur le secteur énergétique, il note que « la Banque est pleinement engagée dans la promotion des énergies renouvelables. Nous avons financé le projet du lac Turkana au Kenya, qui est la plus grande centrale éolienne d’Afrique, mais aussi des projets solaires en Afrique du Sud et la plus grande centrale solaire à concentration du monde au Maroc ».

Si l’Afrique n’a pas accès aux énergies renouvelables et n’obtient pas de financement substantiel pour ces énergies, l’environnement subira des dommages importants et irréversibles à cause de la déforestation liée à la consommation du bois de chauffe. La grande muraille verte du Sahel risque de se transformer en un mur de bois de chauffe pour la production de charbon de bois, a encore alerté le patron de la BAD dans son discours inaugural.

« C’est pourquoi la Banque a lancé l’initiative « Desert to Power » pour aménager la plus grande zone d’énergie solaire au monde dans le Sahel. Cette initiative permettra l’approvisionnement de 250 millions de personnes en énergie », a-t-il dit invitant à conjuguer nos efforts pour construire une Afrique plus résiliente au changement climatique.

« Mobilisons ensemble les 7 à 15 milliards de dollars américains par an dont l’Afrique a urgemment besoin pour l’adaptation au climat ! L’Afrique a été lésée par le changement climatique. Elle ne peut se permettre aujourd’hui d’être désavantagée pour ce qui est du financement climatique. Je suis sûr qu’en travaillant avec le Centre mondial pour l’adaptation, nous serons en mesure de mobiliser et de combler le déficit de financement pour l’adaptation au changement climatique en Afrique. C’est une promesse que nous faisons et nous devons la tenir », a conclu Akinwumi Adesina.

Moctar FICOU / VivAfrik                                

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