Accès universel à la cuisson propre : Le monde entier à la quête de 156 milliards $

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L’accès à une énergie propre et durable pour tous, l’Objectif de développement durable n°7 des Nations unies, est toujours possible, mais il faudra fournir des efforts considérables pour l’atteindre, notamment dans les secteurs de la cuisson et des transports.

La tendance actuelle est d’atteindre l’accès aux moyens de cuisson moins polluants. En effet, le taux d’accès à des combustibles de cuisson propre dans le monde ne cessent de grimper passant de 57% en 2010 à 61% en 2017. Cependant, environ 3 milliards de personnes cuisinent toujours avec des combustibles toxiques pour leur santé et pour l’environnement. La principale cause en est que la croissance démographique est plus rapide que la croissance de l’accès à des combustibles propres, surtout en Afrique subsaharienne.

Ainsi, l’accès universel à l’énergie inclut l’utilisation par tous de moyens de cuisson non nocifs pour la santé humaine et pour l’environnement. L’Alliance pour une cuisine propre vient d’estimer les investissements nécessaires à l’échelle mondiale pour atteindre cet objectif, d’ici à 2030.

Un investissement de 156 milliards $ par an est nécessaire pour assurer l’accès universel à la cuisson propre, d’ici à 2030. C’est ce qui ressort d’un document de l’Alliance pour une cuisine propre (CCA) approuvé par les Nations unies, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Association africaine des raffineurs et distributeurs (ARDA), et d’autres parties prenantes.

Selon la CCA, environ 26 % des besoins de financement doivent provenir de sources du secteur public, afin de réduire le risque pour les investissements privés. Les ménages fourniront 67 % du financement et le secteur privé les 7 % restants.

De leur côté, l’ARDA et d’autres experts estiment que plus de 600 000 Africains pourraient mourir chaque année de la pollution atmosphérique domestique si l’Afrique ne parvient pas à adopter rapidement une énergie de cuisson moderne et propre.

Le document relève qu’« à ce jour, le niveau d’engagement et d’investissement dans la cuisson propre n’est pas à la hauteur de l’ampleur mondiale du défi. Compte tenu du bilan annuel sur la santé humaine, les forêts, le climat et les économies locales, les solutions de cuisson propre devraient être au cœur des stratégies mondiales et des plans de relance nationaux ». La cuisson propre devrait ralentir le changement climatique et la déforestation.

Pour relever les défis, l’Alliance appelle les gouvernements à intégrer la cuisson propre dans leurs contributions nationales déterminées (CDN) actualisées avec des objectifs robustes pour atteindre les objectifs climatiques et de développement. Ils doivent également s’engager dans une planification énergétique intégrée qui répond à l’ensemble des besoins énergétiques des ménages, y compris la cuisson propre, afin de maximiser les avantages de l’accès à l’énergie en termes de santé et de moyens de subsistance. En outre, la CCA propose la création d’unités gouvernementales de mise en œuvre de la cuisson propre qui dirigent et coordonnent les efforts de cuisson propre entre les agences et les départements.

Selon les experts, les gouvernements pourraient soutenir le développement de grandes industries de cuisson propre par des exemptions de taxes et de droits d’importation et des subventions intelligentes. En outre, il est nécessaire d’appeler la communauté internationale à soutenir davantage les solutions de cuisson propre par le biais du financement climatique.

Moctar FICOU / VivAfrik

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