« Le principal enjeu de la politique sectorielle du Sénégal est de réduire les risques environnementaux », confie Amadou Lamine Guissé

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Le ministère sénégalais de l’Environnement et du Développement durable (MEDD) passe en revue, du jeudi 21 au vendredi 22 avril 2022 à Dakar, le résultat des actions réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de son Projet annuel de performances, conformément aux directives de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Venu présider cette cérémonie au nom du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall empêché, le secrétaire général du MEDD, Amadou Lamine Guissé a dressé un bilan élogieux des actions réalisées en cours de l’année 2021 par son département.

« Le principal enjeu de la politique sectorielle du Sénégal est de réduire les risques environnementaux à travers une gestion durable des ressources naturelles, la protection du cadre de vie et la lutte contre les changements climatiques », a-t-il laissé entendre lors de la cérémonie d’ouverture de ces travaux.

Il s’agit de rechercher un équilibre entre les besoins socio-économiques et les capacités de la nature en cernant les contraintes et en jugulant les menaces afin de permettre aux populations de profiter au mieux des besoins et services écologiques.

Cela revient, selon lui, à adopter des mesures pertinentes en matière de protection, de restauration des forêts et des sols, de reverdissement du territoire national, de conservation de la biodiversité, de prévention des maladies zooniques et risques biotechnologiques, de lutte contre les pollutions et nuisances, de prévention des risques liés à l’exploitation du pétrole et du gaz, d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.  

« Au regard de ces nombreux défis, l’ambition du Sénégal demeure forte et s’affirme de manière particulière au niveau des Objectifs de développement durable (ODD) qui révèlent spécifiquement de l’environnement à savoir l’ODD 11 : villes et communes durables, l’ODD 12 : consommation et production responsable, l’ODD 13 : lutte contre le changement climatique, l’ODD 14 : la vie aquatique et l’ODD 15 : la vie terrestre », a fait valoir le responsable Sénégalais.       

A ses yeux, l’amélioration de la gouvernance environnementale reste une condition majeure pour lever les contraintes découlant des processus de production, de transformation et de consommation des biens et services à l’origine des déséquilibres naturels.

Evoquant la nouvelle lettre de politique sectorielle du secteur de l’environnement et du développement durable 2021-2025 qui opérationnalise les engagements internationaux du Sénégal, le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Environnement et du Développement durable a vanté le bilan de l’exercice du premier projet annuel de performance.

« Le bilan de l’exercice du premier projet annuel de performance de cette lettre que nous dressons aujourd’hui, expose la situation d’une année assez particulière qui coïncide avec la relance de l’activité économique du pays suite à la pandémie de Covid-19 que nous vivons toujours mais aussi avec le démarrage et la structuration du Plan Sénégal émergeant vert (PSE vert) et la mise en œuvre de la Contribution déterminée au niveau national (CDN). Il fait état des avancés réalisés par chacun des quatre programmes qui découlent de l’orientation stratégique du secteur », a expliqué M. Guissé.

« De ce bilan, nous pouvons retenir que, le niveau d’atteinte des cibles techniques annuelles se situent à hauteur de 79% soit une hausse de 23% comparativement à l’année 2020. Sur le plan financier, les ordonnancements en fin d’exercice 2021 sont établis à 85% du niveau d’exécution. L’ensemble a induit des progrès dont les plus importants sont notés dans le domaine de la reconstitution du couvert végétal, du renforcement de la résilience face aux effets néfastes du changement climatique, de la communication et de l’éducation relative à l’environnement avec notamment plus de 6 200 kilomètres de pares feu fonctionnels, une augmentation de 89% des terres reboisées et/ou régénérées ainsi qu’une progression de 0,8% de la superficie des terres forestières sous gestion durable par rapport à 2020 ; 63% de mise en œuvre des plans d’aménagement et de gestion des parcs nationaux, réserves et aires marines protégées rendant possible le suivi de 61% des espèces menacées. Il est à noter que 31% de taux de suivi et de mise en œuvre des plans de gestion environnementale et sociale et 34% de mise en conformité des installations classées de première et deuxième classe inspectées », a détaillé Amadou Lamine Guissé.

Qui ajoute que « plus de 70 tonnes de produits plastiques prohibés ont été saisi et détruit et la disparition des gobelets et sachets plastiques des rayons des grandes surfaces constatée ; 274 857 tonnes de CO2 évitées et 1 448 tonnes de CO2 séquestrées ; 34% de revenus de plus en plus pour 2 294 ménages ayant bénéficié d’aménagements divers : ouvrages et maîtrise de l’eau, périmètre agricole, unité de transformation et enfin 7 478 jeunes recrutés et formés dans cadre du programme « Xeyu ndaw ni » sur une projection de 10 000.

Rapporté aux indicateurs du PSE attribué au secteur, ce résultat demeure significatif. Mais notamment il montre tout de même que les seuls efforts du ministère de l’Environnement et du Développement durable ne sauraient suffire pour atteindre l’objectif d’un Sénégal vert et résilient dans un horizon proche.

En effet, « du fait de la pertinence et de l’augmentation de certains problèmes tels que la coupe de bois, le braconnage, les feux de brousses ou les pollutions, beaucoup de défis restent à relever pour arriver à protéger nos forêts, conserver nos aires protégées, améliorer notre cadre de vie et nos moyens d’existence. C’est pourquoi, il faudra, ensemble, analyser de manière très objective et lucide les résultats de l’année 2021 pour en tirer les leçons qui s’imposent et se fixer de nouveaux objectifs », a conclu M. Guissé.   

Moctar FICOU / VivAfrik