Les enjeux de la COP21 pour le continent noir

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L’Afrique subsaharienne est la région du monde qui a le moins contribué au réchauffement climatique, avec moins de 4 % d’émissions de CO2, contre 26 % pour la Chine et 15 % pour les Etats-Unis, en 2012. Et pourtant, les Africains paient très cher la facture du changement climatique : alternance de sécheresse et d’inondations, baisse de la productivité agricole, aggravation de la crise alimentaire. Quelques chiffres pour illustrer ce paradoxe:

Un continent qui consomme peu d’énergies

621 millions d’individus n’ont pas accès à l’électricité et d’un pays à l’autre, les différences sont considérables. En RDC, l’accès à l’électricité est de 16%, 53% au Botswana, et 85% en Afrique du Sud. c’est d’ailleurs dans ce pays qui est consommé 60% de l’énergies subsaharienne.

Vue d’Afrique, les habitudes de consommation d’énergies des pays riches appartiennent à un autre monde.

L’Afrique subsaharienne qui compte 860 millions d’habitants, hors Afrique du Sud, consomme 139 milliards de Kwh, c’est bien moins que l’Espagne peuplée seulement de 47 millions d’habitants et qui pourtant consomme 243 milliards de Kwh.

A titre de comparaison, un tanzanien mettra 8 ans à consommer autant d’énergie qu’un américain en 1 mois. Une bouilloire utilisée deux fois par une famille en Grande Bretagne consomme 5 fois plus d’électricité que la consommation annuelle d’un malien.

Conséquence, une empreinte écologique dérisoire.

L’Afrique subsaharienne est la région du monde qui a le moins contribué au réchauffement climatique.

En 2012, la part des émissions de gaz à effet de serre était de moins de 4% pour l’Afrique subsaharienne, contre 26% pour la Chine et 15% pour les Etats Unis. Les africains polluent donc moins mais payent très chère la facture du changement climatique.

Ces dernières années, inondations et sécheresse se sont multipliés sur le continent. Une hausse moyenne des températures de 2°C pourrait entraîner la chute de la productivité de certaines denrées agricoles jusqu’à moins 20% d’ici 2050. Ce qui aggraverait la crise alimentaire: Il faut donc s’adapter.

Selon l’ONU, le coût de l’adaptation aux changements climatiques pour l’Afrique s’élève à 45 millions d’euros par an d’ici 2050.

La question du financement par les Pays du Nord est, d’ailleurs, l’un des enjeux de la COP21. Un fonds de soutien permettrait de trouver des alternatives au charbon de bois très utilisé. 4 africains sur 5 en dépendent pour la cuisine. Les conséquences sont écologiques mais aussi sanitaires.

Chaque année, 600 000 africains meurent de l’inhalation de ce combustible presque autant que le paludisme et plus que le Sida en 2030.

Les énergies renouvelables: l’avenir pour mieux respirer

De plus en plus d’Etat africains misent sur les énergies vertes. A l’image de l’Ethiopie qui s’est fixée pour objectif de ne pas émettre d’avantage de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à aujourd’hui grâce à un important programme d’énergies renouvelables et à une réduction de ses émissions liées à l’élevage.

Le Maroc, lui, mettra en service d’ici la fin de l’année 2015 l’une des plus grandes centrales solaires du monde avec le complexe Noor Ouarzazate qui peut alimenter plus de 1,1 million de foyers marocains en électricité.

Avec son important potentiel solaire, l’Afrique peut transformer cette crise climatique en opportunité pour mettre sur pied un modèle de développement énergétique innovent et inédit dans le monde, explique Le Monde

Par Saër SY