Le secteur agricole marocain sera-t-il au chevet de l’entrepreneuriat ?

0

Depuis quelques années émerge au royaume plusieurs stratégies pour développer le secteur agricole. Si les plans Maroc Vert et Halieutis sont largement mis sur le devant de la scène, certains chiffres méritent d’être soulignés.

L’agriculture, futur levier entrepreneurial ? Le Fonds d’investissement agricole OCP en fait le pari. Créée en 2011, la filiale de l’Office chérifien des phosphates vient de lancer un appel à projets agricoles et agro-industriels sous forme de capital-risque pour les jeunes pousses, ou par le biais de capital-développement tourné vers des entreprises déjà existantes. Les entrepreneurs sélectionnés bénéficieront ainsi d’un appui technique et financier. Le fonds, dont le cycle d’investissements devrait s’étaler sur cinq à sept ans, prendra 49 % des actions dans les sociétés où il investira.

L’autosuffisance, une première carte en main…

L’initiative doit donner un coup d’impulsion au secteur agricole dans un pays où il constitue surtout l’épine dorsale du tissu socio-économique marocain. L’agriculture représente entre 11 et 18 % du produit intérieur brut (Pib) selon les années (14 % en 2014) et reste le principal moteur de l’emploi au royaume : environ 40 % de la population active en dépend – 75 % pour les populations rurales. Un secteur vital qui permet au Maroc d’enregistrer un taux d’autosuffisance de 40 % en moyenne pour le sucre, contre 30 à 75 % pour les céréales. Autre filière concernée par cette politique d’autosuffisance, l’industrie laitière. En juillet 2015, le pays annonçait un investissement à hauteur de 6,6 milliards de dirhams (plus de 600 millions d’euros) sur cinq ans, selon Jeune Afrique, censé atteindre une production de 4 milliards de litres en 2020. Soit un objectif double : garantir une sécurité alimentaire et partir à la conquête des marchés subsahariens. Le chiffre d’affaires de la filière laitière est actuellement de 8 milliards de dirhams par an.

…soutenue en amont par une vaste surface agricole

Autant de produits qui, en plus des agrumes et des tomates exportés vers la France – porte d’entrée du Vieux continent – sont cultivés sur une surface agricole de 9 millions d’hectares hors parcours, quand ceux destinés à l’élevage en couvrent 21 millions. C’est sans compter les 400 000 hectares supplémentaires mis en culture entre 2005 et 2015 principalement pour l’arboriculture fruitière, soit une augmentation de 5 % de la surface agricole hors parcours. Des surfaces cultivées dont la productivité est surveillée de près par le plan Maroc Vert initié en 2008 qui, outre la création de pôles économiques et le renforcement de l’agriculture exportatrice, comprend aussi un programme de développement de la petite agriculture et de lutte contre la précarité des travailleurs du monde agricole.