Les chenilles de l’automne, ennemies des gros producteurs de maïs en Afrique

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En conclave à Kigali au Rwanda en marge d’une conférence agricole (African  green revolution forum), les experts ont mis en exergue les pertes considérables, évaluées entre 2,2 milliards et 5,5 milliards de dollars que les chenilles de l’automne font subir aux gros producteurs de maïs en Afrique.

A les en croire, les conditions météorologiques imprévisibles et la propagation des « chenilles légionnaires d’automne » qui détruisent les cultures pourraient entraîner des « pénuries de nourriture » à travers l’Afrique. En d’autres termes, les chenilles légionnaires, issues d’Amérique du Sud et découvertes en Afrique en 2016, se propagent extrêmement rapidement et ont déjà été identifiées dans 44 pays sur le continent (contre 28 l’an dernier). Les experts pensent que la légionnaire d’automne a été amenée en Afrique via des vols commerciaux en provenance d’Amérique du Sud, notamment par des plantes importées.

Dennis Rangi, Directeur général du développement du Centre britannique pour l’agriculture et les sciences biologiques (Cabi) a expliqué la propagation de cette peste par l’accélération des déplacements humains.

« Ces insectes, qui mangent les récoltes, pourraient avoir un effet dévastateur lorsqu’ils sont combinés à des conditions météorologiques imprévisibles » a précisé M. Rangi. Qui ajoute que « les saisons des pluies ne sont déjà plus très fiables, alors quand vous rencontrez un peu de sécheresse ou des fortes précipitations, en plus du légionnaire d’automne, il n’y a plus de récolte du tout ». « La légionnaire d’automne ne se nourrit pas uniquement de maïs. Il va de culture en culture, et dévore tout végétal sur sa route », s’est inquiété le directeur du Cabi, indiquant qu’elle a été retrouvée dans des cultures de pommes de terre, coton, riz, céréales, ou tabac.

S’exprimant sur les conséquences désastreuses engendrées par les chenilles légionnaires, les  recherches du Cabi estiment que 300 millions de personnes sont  menacées en Afrique et que l’insecte pourrait coûter entre 2,2 milliards et  5,5 milliards de dollars aux 10 plus gros producteurs de maïs du continent.

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) avait déjà alerté sur la propagation de cette chenille particulièrement nocive, « qui menace sérieusement la sécurité alimentaire ». Mais selon le représentant de la Fao pour l’Union Africain, Chimimba David  Phiri, il est déjà trop tard pour se débarrasser définitivement de cette peste, puisque la chenille a développé des résistances aux pesticides.

Pour May-Guri Saethre, de l’Institut international d’agriculture tropicale (Iita), basé au Nigeria, les experts ne connaissent pas encore très bien les risques. « Il y a beaucoup de choses auxquelles nous ne savons pas encore répondre », confie Mme Saethre, Directrice adjointe de la recherche pour le développement à l’Iita. « Tout cela est tellement nouveau », a-t-elle dit. Concluant que « nous savons comment cela se passe en Amérique latine, mais nous ne savons pas comment cela peut se modifier en Afrique. C’est un grand défi », a-t-elle ajouté.

Moctar FICOU / VivAfrik

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