Guinée : l’AGVSAN de décembre 2018 publiée

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Les autorités de la République de Guinée ont rendu publique l’Analyse globale de la vulnérabilité, de la sécurité alimentaire et de la nutrition (AGVSAN) du mois de décembre 2018. En effet, la Guinée dispose de nombreuses ressources naturelles. Son sous-sol renferme le 3ème gisement de bauxite au monde, de même que d’importantes réserves en fer, diamant, or de même que du pétrole et de l’uranium. Le pays dispose également d’importantes réserves hydriques.

Du point de vue économique, l’économie Guinéenne est principalement structurée autour de deux grands piliers que sont l’agriculture et les mines. Si l’agriculture emploie 51% de la population active du pays, elle ne contribue qu’à 16,9% du PIB, tandis que le secteur des mines, qui emploie 2% de la population, compte pour 15,3% du PIB. Le pays peine cependant à faire fructifier ces ressources naturelles, et la pauvreté y est élevée. La dernière enquête de 2012 faisait état de 55,3% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire, fixé à 8 875 GNF par jour par personne (soit 1,25 USD).

Des chiffres de 2014 montrent également que la pauvreté multidimensionnelle atteignait 7,5 millions de personnes. A partir de 2009–2010, la croissance du pays a connu un net ralentissement dû à l’instabilité politique. Si le Gouvernement Guinéen a su mettre en place des réformes pour un retour de la croissance, celle-ci a connu une nouvelle décélération entre 2013 et 2015 suite à la chute des cours de minerais et à l’arrivée de l’épidémie de Maladie à Virus Ebola (MVE). Depuis 2016, la croissance est repartie à la hausse soutenue par le prix de l’or, de la bauxite et la hausse de l’activité minière. L’économie Guinéenne, très ouverte sur l’extérieur, reste cependant vulnérable aux fluctuations des cours mondiaux ainsi qu’aux variations de taux de change, pour les minerais et les cultures de rente par exemple.

Méthodologie de l’enquête Cette enquête AGVSAN 2018, mise en œuvre par le Gouvernement Guinéen à travers le Ministère du Plan et de la Coopération Internationale, le Ministère de l’Agriculture, et le Ministère de la Santé, avec l’appui des agences du Système des Nations Unies en Guinée (PAM, UNICEF, PNUD, OMS et FAO) et grâce à un financement du Gouvernement du Japon et du Programme Santé de la Banque Mondiale, a pour objectif d’analyser la vulnérabilité ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations en Guinée.

Plusieurs années après la dernière Enquête Nationale de la Sécurité Alimentaire et de la Vulnérabilité (ENSAV) publiée en 2014 et l’Evaluation de la Sécurité Alimentaire en Situation d’Urgence (EFSA) de 2015 réalisées avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (PAM), cette nouvelle étude a pour but de fournir des informations actualisées à l’ensemble des acteurs travaillant dans la sécurité alimentaire et la nutrition en Guinée. Plus particulièrement, les résultats permettront de répondre aux questions suivantes :

• Qui sont les personnes en sécurité et insécurité alimentaire et en malnutrition ?

• Combien sont-elles ?

• Où vivent ces populations ?

• Quel est le profil de ces personnes vulnérables ?

• Quelles sont les causes sous-jacentes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition ?

Conformément aux recommandations de la méthodologie 4, cette enquête a consisté en une collecte de données quantitatives et qualitatives à travers des groupes de discussion et des entretiens avec les ménages et d’autres informateurs clés. Ainsi :

• Une enquête ménage a été réalisée auprès de 15 151 ménages interrogés sur 15 thématiques différentes (démographie, éducation, santé, migration, habitat et équipement du ménage, agriculture, élevage et pêche, source de revenus et moyens d’existence, crédit et dépenses, consommation alimentaire et source des aliments, chocs, stratégies de consommation, assistance et priorités, nutrition, et suivi par téléphone);

• Une enquête de nutrition auprès des enfants de moins de 5 ans et des femmes en âge de procréer (15–49 ans) a été conduite : les enfants ont été pesés, mesurés et leur périmètre brachial pris (PB ou MUAC (Mid-Upper Arm Circumference). Pour les femmes en âge de procréer, seul le PB a été pris.

Au total, 24 534 enfants et 15 099 femmes ont été dépistés;

• Une base de 955 villages a été développée à travers des groupes de discussions avec des informateurs clés dans chaque communauté (chef de village, personnel de l’éducation et de la santé, agriculteurs, représentants des associations de femmes et de jeunes, etc.), portant sur les thématiques suivantes : démographie, migration, transport, communication, éducation, marchés, assistance, chocs et sécurité alimentaire;

• Une enquête marché a été conduite ciblant les commerçants, les transporteurs et les producteurs.

Au total, 38 marchés ont été visités sur lesquels 303 commerçants, 76 transporteurs et 34 producteurs ont été interrogés;

• En complément, une collecte de données secondaires a également été conduite afin d’obtenir des informations contextuelles.

L’échantillonnage a été défini par l’INS à travers un tirage aréolaire, stratifié à deux degrés : au premier degré, les Zones de Dénombrement (ZD) ont été tirées par sondage en grappes avec probabilité proportionnelle au nombre de ménage. Pour calculer l’échantillon minimum en termes de nutrition, le logiciel ENA for SMART a été utilisé. Les ménages ont ensuite été sélectionnés au second degré. Des coefficients de pondération ont également été appliqués afin d’obtenir une représentativité nationale, régionale mais également préfectorale, ce qui constitue une des spécificités de cette enquête. La collecte des données s’est déroulée du 10 Avril au 13 Mai, pendant l’intersaison, et a été réalisée par 178 enquêteurs répartis en 36 équipes formées et sélectionnées avec les organisations partenaires de l’enquête, ainsi que 16 superviseurs mis à disposition par l’Institut National de la Statistique, l’Agence Nationale des Statistiques Agricoles et Alimentaires, la Division de l’Alimentation et de la Nutrition, l’OMS, la FAO et le PAM. Les résultats préliminaires de l’enquête ont été présentés au Comité de Pilotage mis en place pour cette activité le 5 Juillet et validés par les partenaires de l’enquête et les ministères impliqués le 8 Août à Conakry.

(reliefweb.int)

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