Sénégal : la DGPRE appuyée dans l’élaboration du PGE

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L’atelier national de restitution des résultats des études d’élaboration du Plans de gestion des ressources en eau (PGE) des sous-unités de gestion et de planification (S-UGP) de la Somone et du CAR CAR, organisé jeudi 23 mai 2019 à Diourbel, a pour mission d’accompagner la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE). C’est ce qu’a affirmé Moctar Sall, Chef de la division planification et système d’information de la direction de la gestion de la planification des ressources en eau du ministère de l’Eau et de l’Assainissement lors cet événement.

Présentant une communication à l’assistance via un diapo, il a soutenu que « l’objectif général de la mission est : d’accompagner la DGPRE dans l’élaboration du Plan de gestion des ressources en eau de la Car Car qui vise à préserver durablement les ressources en eau à l’échelle locale et à améliorer le niveau et les conditions d’accès à l’eau » à travers quatre (4) objectifs spécifiques :

  • Evaluer le cadre de planification actuel des ressources en eau
  • Identifier une stratégie optimale
  • Evaluer l’impact de l’exploitation actuelle et future des ressources en eau et proposer les mesures de sauvegarde nécessaires,
  • Opérationnaliser les dispositions prévues dans le Code de l’Eau ».

Se prononçant sur les étapes et produits de la mission, le responsable parle d’une mission organisée en sept étapes successives à savoir les activités de préparation et de démarrage de la mission ; d’un atelier régional d’information et de sensibilisation qui sera sanctionné d’un rapport de démarrage ; d’un inventaire des ouvrages et de la collecte de données de terrain ; de la construction de la base des ouvrages hydrauliques. Cette étape sera également sanctionnée d’un rapport de collecte de données et d’informations ; des travaux de synthèse sur l’état de connaissance des ressources en eau, des usages et des prélèvements d’eau. La production d’un rapport bilan-diagnostic des ressources en eau et des usages est aussi attendue ; l’évaluation des besoins et définition d’une stratégie de mobilisation et gestion des ressources en eau à l’horizon 2035 avec à la clé une étude prospective et un plan d’investissement.

A ces étapes, s’ajoutent la définition du cadre d’orientation et un plan d’action opérationnel. Les résultats attendus sont 60 PLGIRE et un rapport sur le Plan d’actions opérationnel ; la capitalisation des résultats des études sur l’élaboration du PGE Car Car couronnée d’un apport final de synthèse des études et la restitution des résultats des études lors d’un atelier national de restitution (non contractuel) et un atelier régional de restitution.

Evoquant la configuration hydrographique de la Sous UGP Car Car, M. Sall laisse entendre qu’elle couvre une superficie de 9435 km2. Elle est un réseau hydrographique relativement dense composé de trois ensembles hydrologiques :

  • Drain principal qui s’étend depuis le Nord-Est du département de Louga jusqu’au département de Fatick au Sud-Ouest de la SUGP en passant d’amont en aval par Sagatta, Pékesse, Baba Garage, Khombol, Fissel et Tattaguine;
  • Ensemble de marigots situés en rive droite et en rive gauche et qui alimentent le drain principal en saison des pluies
  • Estuaire fluvio-maritime sous l’influence de la marée.

Poursuivant son inventaire, il indique qu’elle est localisée à l’Est où les sables du Maastrichtien sont le plus exploités ; à l’Ouest où les calcaires karstifiés de l’Eocène sont le plus sollicités et localisée plus au sud où la nappe des calcaires du Paléocène est plus exploitée.

« La dynamique de développement de la Sous UGP Car Car est sans équivoque. La sous UGP qui appartient à la zone éco-géographique du Bassin est un espace rural et agricole, centré sur les cultures pluviales et l’élevage, et peu industrialisé. L’horticulture de contre saison y est pratiquée dans les bas-fonds et vallées fossiles notamment dans les départements de Thiès et Mbour.

Le potentiel de terres de cultures pluviales et de contre saison est estimé à 830 000 ha. Les superficies boisées sont peu étendues (3 965 ha dont 2 570 ha dans la commune de Pire Goureye et 495 ha dans la vllée de Car Car entre Thiaytou et Tiekane). La Sous UGP n’abrite ni Zone d’intérêt cynégétique, ni Réserves naturelles intégrales, ni Réserves naturelles spéciales et encore moins de Zones amodiées. Les activités minières y sont circonscrites à la commune de Ngoudiane avec l’exploitation à ciel ouvert du gisement de basalte de Ngoudiane depuis plusieurs décennies », a précisé Moctar Sall.

Qui ajoute que la « La Sous UGP Car Car, de par sa position continentale, l’aridité et la pauvreté des sols, son enclavement et son faible niveau d’accès aux services d’eau potable et d’assainissement, ne présente pas le meilleur profil  qui pourrait favoriser l’expansion d’activités économiques porteuses de croissance et la diversification des opportunités qui aujourd’hui sont limitées au secteur de l’élevage et du commerce inter-régional. Elle entretient néanmoins des flux commerciaux avec des zones à fort poids économiques comme la zone maraîchère des Niayes, l’agglomération urbaine de Touba et la zone sylvopastorale de Linguère (gros marchés à bétail  de Darha, Linguère et Gassane) ».

Suffisant pour lui de préconiser des mesures à prendre pour promouvoir une utilisation rationnelle de l’eau. A cet effet, il conseille d’adopter une approche responsable, favorisant les économies d’eau et l’utilisation rationnelle de cette ressource ; promouvoir des technologies et des pratiques d’irrigation économes en eau ; mettre en place des bases de données actualisées sur les ouvrages d’hydrauliques dans la sous-UGP ; adopter la redevance et la tarification de l’eau basée sur le comptage volumétrique.

Parlant des mesures à prendre pour assurer le respect du droit à l’eau et à l’alimentation, Moctar Sall compte promouvoir l’extension du réseau d’AEP dans les zones côtières ; assurer la qualité de l’eau distribuée ; identifier et aménager de sites pouvant accueillir des ouvrages de stockage des eaux de ruissellement ; promouvoir une gestion intégrée des zones humides et des plans d’eau (RNC de la Somone) et réaliser régulièrement un suivi de la qualité de l’eau de surface mais aussi des eaux souterraines.

Moctar FICOU / VivAfrik

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