Étude de cas sur les stratégies inter-cluster d’intervention contre la famine au Soudan du Sud

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La crise du Soudan du Sud reste complexe et prolongée, avec des besoins aigus et chroniques ressentis à différents niveaux dans 78 comtés du pays et dans la région d’Abiyé. Près de 4 millions de personnes restent déplacées par la crise humanitaire : 1,5 million dans le pays et plus de 2 millions en tant que réfugiés. Le pays est toujours dans une période critique d’insécurité alimentaire grave et sans précédent (2017-2020), avec environ 6 millions de personnes considérées comme en insécurité alimentaire et des prévalences élevées de malnutrition aiguë dépassant régulièrement les seuils d’urgence de 15 %. Le manque d’accès aux services de base et la fragilité des capacités ont affaibli la résilience de populations déjà vulnérables. Les questions de protection restent très préoccupantes, les hommes, femmes, garçons et filles vulnérables étant confrontés à des menaces et à la violence fondée sur le genre. Le processus de paix récemment revitalisé promet d’offrir de nouvelles opportunités dans les années à venir pour les femmes, les hommes et les enfants du Soudan du Sud. Le lancement de la stratégie nationale de développement 2018-2021, dont l’objectif global est de consolider la paix et de stabiliser l’économie, fait écho à l’optimisme de la paix. Bien que présentant des défis, l’expérience du Soudan du Sud, documentée dans cette étude de cas, a introduit une série de pratiques qui ont été maintenues. Il s’agissait notamment d’assurer un forum de coordination conjoint pour que les partenaires puissent se rencontrer, discuter et écouter ce qu’ils savent et attendent de l’intégration. Ces forums ont également été l’occasion de clarifier, d’encourager et de répondre aux préoccupations. Des analyses régulières ont été effectuées lors des réunions des groupes de travail afin de suivre les lacunes ainsi que l’engagement des partenaires et de les tenir redevables de délais convenus. Une autre pratique qui a été établie est l’utilisation progressive d’évaluations et d’analyses communes, parmi d’autres. À présent, les clusters continuent à utiliser l’ensemble des services minimums de réponse à la famine, tout en s’engageant à une approche intégrée dans les plans sectoriels de réponse humanitaire, lit-on dans les colonnes de scalingupnutrition.org.

L’entreprise malgache Nutri’zaza propose une poudre enrichie contre la malnutrition

Madagascar, près de 42% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance ou de malnutrition chronique. Face à cela, l’entreprise Nutri’zaza a conçu un super aliment afin de subvenir aux besoins nutritifs essentiels chez les enfants. Nutri’zaza, en partenariat avec l’entreprise agroalimentaire locale TAF, a développé un réseau de restaurants pour bébés dénommé Hotelin’jazakely, et distribue du « Koba Aina », un aliment de complément au lait maternel. C’est une farine composée de soja, de maïs, de riz et d’arachide, qui permet de faire de la bouillie. Vendu en sachets ou détaillé en portions, ce super aliment vise à réduire la malnutrition chez les enfants de 6 à 24 mois. Nutri’zaza met également à disposition des familles un espace de contrôle de santé des enfants dont elle surveille la nutrition. Le DG, Mandresy Randriamiharisoa, a relevé sur Le Monde que les repas des enfants composés majoritairement de riz et de gras ne sont pas toujours adaptés à leur âge : « Bien souvent, les mères donnent du riz à leur bébé dès 6 mois, voire avant […] Le riz est un pilier de la culture malgache, on en mange 3 fois par jour, et de grosses quantités. C’est très important pour les familles que les enfants aiment le riz, mais ce n’est pas un aliment adapté pour la croissance des petits. Souvent, au goûter, on leur donne aussi un mélange de pâtes malgaches, de gras de porc et de macaronis qu’on trouve dans les gargotes. Ça, c’est vraiment le pire », a-t-il déploré. Selon des données de l’UNICEF datées de 2020, près de 42 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance ou de malnutrition chronique à Madagascar. Le gouvernement a entamé depuis quelques années un vaste programme de création de structures et d’usines alimentaires, ainsi que la mise en place de centres de réhabilitation nutritionnelle et médicale pour soutenir les politiques d’amélioration des habitudes alimentaires. En proposant un super aliment accessible de par son prix en priorité aux familles défavorisées, Nutri’zaza lutte contre le fléau de la malnutrition tout en développant une activité entrepreneuriale rentable. Elle a un impact positif sur la santé infantile, puisque son produit contribue à la diminution de la mortalité des enfants et à l’amélioration des indicateurs anthropométriques (poids et taille en fonction de l’âge) des jeunes enfants malgaches. Parmi les défis rencontrés par l’entreprise, la réticence des populations face aux aliments industrialisés déjà cuits. L’entreprise a recruté des animatrices proches de ces populations pour sensibiliser sur les avantages de sa bouillie. « Les gens les connaissent très bien, elles nous permettent de tisser des liens de confiance avec la population », a précisé Mandresy. Depuis son lancement en 2013, Nutri’zaza a distribué près de 59 millions de portions de farine dans environ 33 communes et plus d’une centaine de quartiers et groupements ruraux. L’entreprise travaille à présent à fabriquer une version améliorée de son produit, informe agenceecofin.com.

Famine : la RDC exposée à une insécurité alimentaire « aigüe »

La République démocratique du Congo (RDC) viendrait même à la troisième position sur une liste de douze pays IDA (Association internationale de développement) les plus exposés au cours des douze prochains mois à l’insécurité alimentaire. Selon la Banque mondiale (BM), la montée de l’insécurité alimentaire va ruiner tous les efforts accomplis durant les dernières décennies dans le domaine de la nutrition des femmes et des enfants. Le Programme alimentaire mondial (Pam) a donné le ton en estimant le nombre total de personnes en situation alimentaire aigüe dans 54 pays IDA à 233 millions à fin 2020. Au moins 96 millions de personnes ont basculé dans ce statut rien que l’année passée, s’ajoutant ainsi aux 137 millions déjà dans cette situation. Certaines de ces personnes vivent dans des environnements en proie à la fragilité ou aux conflits. En d’autres termes, ce sont des zones réputées très exposées. Pour 2021, les projections de la BM restent alarmistes, avec son chiffre de 330 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aigüe. Il s’agit, explique-t-elle, des résultats d’une modélisation stochastique. Toutefois, l’institution de Bretton Wood décrit une situation chaotique qui annihilera à coup sûr une grande partie des progrès accomplis ces dernières décennies dans la nutrition des femmes et des enfants. Selon elle, il faut s’attendre à la recrudescence des retards de croissance chez les enfants. Quant aux causes de ce phénomène, elles sont  multiples. Il faut se rappeler qu’il n’y avait pas de coronavirus lors de la crise alimentaire de 2008, qui était le fruit des perturbations sur les marchés mondiaux. Il y a eu, à cette époque, un mélange entre les pertes de revenus massives et la chute des remises migratoires qui ont entamé la capacité des ménages urbains et ruraux à couvrir les dépenses alimentaires. Parmi les maux, l’on cite aussi les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les dépréciations monétaires, les restrictions de circulation, la fermeture des marchés de produits frais, la diminution de la main d’œuvre, le manque de liquidité, l’arrêt des activités des micro-petites et moyennes entreprises informelles et fragiles, etc. La liste n’est pas exhaustive. Enfin, il y a la Covid-19 aujourd’hui : « Les effets de la Covid-19 viennent s’ajouter aux multiples facteurs qui contribuent depuis 2014 à une aggravation de la faim dans le monde ». La tendance est plus prononcée et plutôt ancienne dans les pays IDA. A cause des dérèglements climatiques, des conflits, des zoonoses (maladies infectieuses transmissibles des animaux à l’homme) et des invasions ravageuses, sans oublier les chocs économiques, l’Afrique subsaharienne avait commencé à enregistrer des pertes majeures dans la production agricole tous les 2,5 ans en moyenne entre 2007 et 2016, précise la BM. Si l’on rajoute les effets pervers de la Covid-19, il devient aujourd’hui de plus en plus difficile d’avoir une croissance durable de la production alimentaire par habitant. On en arrive alors à identifier les zones les plus exposées à une insécurité alimentaire aigüe. Au cours des 12 prochains mois, il y a exactement 12 pays qui sont concernés : Afghanistan, Burkina Faso, RDC, Éthiopie, Haïti, Niger, Nigéria, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Yémen et Zimbabwe. Au niveau de l’aide mobilisée par la BM à travers l’IDA, le montant alloué en faveur des pays touchés par l’insécurité alimentaire a atteint les 5,3 milliards de dollars US entre avril et septembre 2020. Depuis 2008, l’IDA est arrivée à tripler ses financements annuels en faveur de l’agriculture et de la protection sociale. Il devient impérieux aujourd’hui d’aligner les politiques et les dépenses publiques pour parvenir à améliorer la sécurité alimentaire, renseigne pour sa part adiac-congo.com.

Moctar FICOU / VivAfrik

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