Les forêts africaines deviennent de puissants puits de carbone au détriment de l’Amazonie

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La capacité des forêts tropicales à capturer du CO2 de l’atmosphère diminue. Mieux, sous l’effet du changement climatique et de la déforestation, elles deviennent des puits de carbone de moins en moins efficaces. Ainsi, alors qu’elles sont considérées comme d’importants puits de carbone, les forêts tropicales vont bientôt émettre davantage de CO2 qu’elles n’en capturent et donc devenir au contraire une source de carbone.   

L’Amazonie est la plus grande forêt tropicale de la planète, elle héberge une grande biodiversité, et une diversité de cultures. Elle est aussi devenue récemment le sujet de débats passionnés concernant son futur. Soumis au réchauffement climatique, continuera-t-elle à jouer un rôle de puits de carbone, en fixant le CO2 atmosphérique ? Certains experts répondent par la négation.

En effet, jusqu’à présent, de toutes les forêts tropicales, l’Amazonie était considérée comme le plus puissant puits de carbone. Mais les forêts africaines viennent de la détrôner : elles absorbent désormais une partie plus importante de l’augmentation des émissions mondiales de CO2.

C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Nature, jeudi 5 mars 2021, qui alerte sur l’affaiblissement de ces puits naturels, essentiels pour atténuer la hausse des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. « Le pic de séquestration du carbone par les forêts tropicales a eu lieu dans les années 1990 et, depuis, leur capacité diminue », avait expliqué le docteur Wannes Hubau, chercheur au Musée royal de l’Afrique centrale (Bruxelles) et premier auteur de l’article. L’Amazonie, dont la capacité de séquestration a baissé d’un tiers en vingt ans, pourrait même rejeter davantage de CO2 qu’elle n’en absorbe d’ici à 2040.

Ce déclin s’explique d’abord par la déforestation, mais la dynamique interne des écosystèmes forestiers sous l’effet du réchauffement entre aussi en jeu. C’est l’originalité de cette étude d’avoir concentré ses observations sur des « forêts intactes », afin d’y mesurer l’impact du dérèglement climatique sur la croissance et le dépérissement des arbres. 565 parcelles, d’une superficie moyenne d’un hectare, réparties en Amazonie et en Afrique ont été suivies à intervalles réguliers sur une trentaine d’années.

L’Asie où les « forêts intactes » sont résiduelles a été laissée de côté. « La destruction des forêts a jusqu’à présent davantage attiré l’attention des scientifiques, mais il existe aussi une transformation plus invisible dont il faut prendre conscience », a cohnhclu Wannes Hubau.

Moctar FICOU / VivAfrik  

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