L’« urbanisation peut être une chance pour le développement », selon Alé Badara Sy

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Les tendances mondiales de l’urbanisation ne cessent de croître. C’est du moins ce qu’a affirmé le spécialiste en développement des villes vertes au Global Green Growth Institute (GGGI) Sénégal. A en croire, Alé Badara Sy, « près de 70%  de la population mondiale vivra dans les villes d’ici à 2050 contre 55% aujourd’hui ». L’expert qui révèle que 90% de la croissance urbaine mondiale se produira dans les pays en développement précise que les villes couvrent 2%  de la superficie du monde.

Rappelant qu’en 1950, 30% de la population mondiale vivait en villes contre 70% en 2050, selon les estimations, M. Sy est d’avis que « notre avenir est urbain ». Suffisant pour lui de renseigner que 80% du Produit intérieur brut (PIB) sera généré dans les villes ; 75% des ressources naturelles ; 50% des déchets ; 70% de l’énergie mondiale et 80% des émissions mondiales des Gaz à effet de serre (GES).

Sous cet angle, l’urbanisation se présente comme un phénomène mondial irréversible. Elle est inévitable et essentielle pour le maintien de la croissance économique. Car, avec plus d’urbanisation, on assiste à plus de croissance.

« Cette urbanisation peut être une chance pour le développement, mais elle demande des efforts importants de gouvernance, d’investissement et d’adaptation au changement climatique », a signalé le spécialiste en développement des villes vertes lors du séminaire de formation des journalistes spécialisés dans le domaine de l’environnement organisé par l’Institut mondial pour la croissance verte – en anglais – Global Green Growth Institute (GGGI) et le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) à travers la Cellule de communication les 17 et 18 mai 2021.

Alé Badara Sy qui présentait, à l’aide d’un diapo, une communication sur « Les villes vertes : principes, tendances et enjeux post Covid » a fait valoir, sous un autre registre, que les indications du changement climatique sont notamment l’augmentation de la température mais aussi l’élévation du niveau de la mer, le changement dans les précipitations et les catastrophes naturelles et les conditions météorologiques extrêmes.

A ses yeux, l’urbanisation rapide est une menace pour la santé et l’environnement. C’est pourquoi, les défis à relever de cette urbanisation sont multiples et variés. Parmi lesquels la faible capacité d’anticipation, de planification et de gestion urbaine, l’inefficacité des ressources et pollution de l’air, l’accès inégal au logement et aux services urbains, la vulnérabilité au changement climatique et à l’instabilité sociale, les infrastructures et services urbains de faible qualité, une forte concentration de pauvres et pression sur l’environnement de marginalisés, et le fait que les villes contribuent largement au changement climatique.

Les villes vertes sont un nouveau modèle de la ville durable, résiliente, inclusive et prospère. Elles « visent la mixité fonctionnelle, la végétalisation urbaine, promotion de l’efficacité énergétique et l’utilisation des énergies renouvelables », a fait savoir M. Sy.

Qui ajoute que l’objectif est de construire une ville compacte, économe en ressources environnementale et foncières, qui offre une meilleure qualité de vie à ses populations, qui consomme moins d’espaces, moins d’eau, moins d’énergie et produit moins de déchets.

De l’avis de l’expert, « les villes vertes peuvent offrir une plus grande sécurité contre les risques environnementaux et les changements climatiques. Elles sont des villes compactes, résilientes et sobres en carbone et qui consomment moins d’espaces, moins d’énergie, moins d’eau, moins de ressources naturelles et produit moins de déchets ».

Les besoins énergétiques sont en constante évolution. Ce qui fait que les villes représentent plus de 60 % des consommations d’énergie et produisent plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre, selon UN Habitat publié en 2012. Ainsi, la maitrise de l’énergie devient ainsi un enjeu prioritaire pour les villes.

Les préoccupations majeures en termes d’adaptation et d’atténuation face au changement climatiques sont directement ou indirectement liées à l’eau. La transformation de la gestion de l’eau pour les besoins de consommation et productifs, des eaux usées et pluviales dans les villes secondaires du Sénégal repose sur l’innovation, la technologie, la rationalisation et la valorisation.

Se prononçant sur la gestion des déchets, l’expert indique que « les villes secondaires du Sénégal adoptent des pratiques de gestion des déchets solides basées sur l’innovation et la technologie, qui favorisent la réduction des quantités produites et une meilleure optimisation du potentiel de valorisation. Au-delà de la nécessité de réduire les quantités produites, la valorisation énergétique des déchets constitue une des forces des villes vertes ».

La gestion des déchets est un secteur à fort potentiel économique et de développent durable. Une gestion efficace des déchets est source de richesse (création d’emplois), de bien-être social (amélioration du cadre de vie) et préservation de l’environnement.

Moctar FICOU / VivAfrik    

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