« Le continent africain compte 16% des pauvres du monde », révèle un expert Sénégalais

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Les dirigeants mondiaux comptent miser sur l’agriculture pour éliminer la faim dans le monde entier en général et dans le continent noir en particulier. Cependant, malgré les différentes rencontres tenues au niveau régional et international sans occulter les efforts consentis dans tous les pays, « environ plus de 2 milliards de personnes souffrent de faim dans le monde au moment où l’humanité a réalisé des progrès techniques et technologiques sans précédents dans l’histoire », a regretté le Dr Mohamed Lamine Dia, Conseiller technique au ministère Sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement Rural.      

M. Dia s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture, à Dakar, la capitale sénégalaise, de la première édition de la Foire des Technologies de l’Afrique de l’Ouest (West Africa Technology Fair — WATEF) lundi 25 octobre 2021 sous le thème : « Intégration de la technologie pour développement agricole ». L’objectif principal de cette foire est de promouvoir les technologies de pointe nécessaires à la transformation de l’agriculture ouest-africaine.

Venu représenter le ministre Sénégalais de l’Agriculture à ce rassemblement qui se déroulera sur cinq jours (du 25 au 30 octobre 2021) et qui a enregistré la présence des ministres de l’Agriculture et des Finances d’Afrique de l’Ouest, des organisations paysannes, des entreprises, des membres de la société civile, etc., le Dr Dia a ajouté que, « l’Afrique, avec 16% des pauvres du monde, est le continent plus touché par ce phénomène s’y ajoute que pas moins de la moitié de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté », s’est-il désolé.

La pauvreté et la faim ont une forte dimension rurale. Il est en effet établi que 80% des pauvres du monde entier vivent dans des zones rurales. C’est pourquoi, les propositions d’actions de sortie de crise doivent accorder une attention toute particulière à cette dimension.

Ainsi, « il urge aujourd’hui plus que par le passé d’agir plus résolument pour éliminer la faim dans le monde en général et en Afrique en particulier », a plaidé le Conseiller technique au ministère Sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement Rural lors de son discours inaugural de la première édition de la Foire des Technologies de l’Afrique de l’Ouest organisée conjointement par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) et le Programme Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT) sous les auspices de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  

Pour sa part, Le Directeur exécutif du CORAF a indiqué que « la plupart des innovations présentées sont des technologies déployées à grande échelle par les Centres de spécialisation du CORAF et TAAT afin d’ouvrir des voies pour des partenariats innovants, le courtage des technologies et leur adoption ».

Selon Abdou Tenkouano la « WATEF représente une plateforme pour mettre sur le marché des technologies et des produits éprouvés, créant une situation où la demande rencontre l’offre, et les exposant à de potentiels acheteurs ».

A l’en croire, le salon créera des opportunités pour de nouveaux partenariats avec le secteur privé et d’autres utilisateurs de technologies dans la sous-région.

De son côté, le Dr. Innocent Musabyimana, Directeur du Centre d’Échange TAAT a fait valoir que la « WATEF aidera à intégrer davantage les technologies novatrices dans les programmes agricoles nationaux en vue de la transformation et du développement socio-économique dans la sous-région ».

L’objectif global de TAAT est d’améliorer l’agriculture en tant qu’activité commerciale à travers l’Afrique en déployant des technologies d’augmentation de la productivité agricole dans neuf produits prioritaires, a-t-il précisé.

« Dans le prolongement du Dialogue de haut niveau sur l’alimentation de l’Afrique : Leadership pour intensifier les innovations réussies, organisé par la Banque africaine de développement et le Fonds international de développement agricole en avril 2021, la foire tirera également parti des résultats du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires de 2021, comme chemin vers une Afrique de l’Ouest sûre sur le plan alimentaire. »

Sous le thème « Soutenir l’élan vers la transformation agricole », le salon, qui se tient physiquement et virtuellement sous le parrainage du Professeur Moussa Baldé, ministre Sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement Rural et de Sekou Sangare, Commissaire de la CEDEAO chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau, comprendra les chaînes de valeur agricoles telles que l’aquaculture, le riz, le maïs, le blé, le sorgho et le mil, l’élevage et le manioc. D’autres comprennent la patate douce à chair orange, les haricots et les légumes.

La foire servira également de tribune pour aborder les questions transversales de l’agriculture, telles que l’harmonisation de la politique des semences, la gestion de l’eau et l’irrigation, la fertilité des sols, la lutte contre la chenille légionnaire d’automne et l’autonomisation des jeunes dans l’industrie agro-alimentaire.

Moctar FICOU / VivAfrik

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