Les désastres météo dans les pays multi-ethniques intensifient les conflits armés

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Le déclenchement de 23% des conflits armés dans les cinquante nations ethniquement les plus diverses a coïncidé de 1980 à 2010 avec des catastrophes naturelles, met en avant une étude parue aux Etats-Unis.

Sécheresses ou encore vagues de chaleur… Les désastres météorologiques attisent les conflits armés dans les pays multi-ethniques, selon une étude parue lundi dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (Pnas). L’étude souligne que le déclenchement de 23% des conflits armés dans les cinquante nations ethniquement les plus diverses comme la Somalie, l’Afghanistan ou la Syrie, a coïncidé de 1980 à 2010 avec des catastrophes naturelles survenues le même mois. Comparativement, seuls 9% de l’ensemble des conflits dans le monde sur la même période sont survenus en même temps que ce genre de phénomènes météorologiques, poursuivent les chercheurs qui publient ces travaux.

Un risque intensifié

« Les catastrophes météorologiques ne déclenchent pas directement les conflits mais paraissent (en) intensifier le risque », explique Carl Schleussner, du Potsdam institute for climate impact research (Pik) en Allemagne. Un risque qui devrait croître. Le réchauffement climatique résultant des émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines va clairement augmenter la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur et des sécheresses régionales, ajoute Hans Joachim Schellnhuber, directeur du Pik. « Nos observations combinées à ce que nous savons sur l’accroissement de l’impact du changement climatique peut aider dans l’élaboration des politiques en matière de sécurité qui se concentrent sur les zones à risque », explique-t-il.

La stabilisation du climat pour obtenir la paix ?

Des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement planétaire ou recourir à des cultures résistantes à la sécheresse, peuvent réduire les risques de conflit dans les pays où il y a de nombreuses divisions ethniques, estiment ces chercheurs. Plusieurs régions parmi les plus à risque, comme le nord et le centre de l’Afrique et l’Asie centrale, sont à la fois extrêmement vulnérables au changement climatique et marquées par de profondes divisions ethniques. « Notre étude apporte des preuves du co-bénéfice très précieux de la stabilisation du climat, à savoir la paix », fait valoir Hans Joachim Schellnhuber.

En 2013, le rapport d’un groupe de scientifiques de l’ONU mettait en garde contre le changement climatique qui « accroît indirectement les risques de conflits violents en amplifiant les facteurs de déclenchement bien connus que sont la pauvreté et les crises économiques ».

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