Pollution. Interpol s’attaque aux déchets de contrebande

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Du 1er au 30 juin, Interpol a mené une opération de grande ampleur visant à recenser et tracer les déchets illégaux à travers le monde. 1,5 millions de tonnes de déchets issus de la contrebande ont ainsi été saisis par l’organisation internationale, un chiffre impressionnant qui laisse imaginer l’ampleur du phénomène mais qui permet aussi de mieux catégoriser ce trafic encore largement méconnu, et ainsi de lancer un avertissement aux acteurs de ce trafic.

Interpol, l’Organisation internationale de police criminelle, a annoncé mardi 8 août la saisie de plus d’1,5 millions de tonnes de déchets illégaux dans le cadre de son opération « Trente jours d’action » qui s’est déroulée du 1er au 30 juin. En mobilisant les systèmes policiers de 43 pays, explique-t-on dans les colonnes du journal lareleveetlapeste.fr, il s’agit de la plus grande opération jamais effectuée concernant la lutte contre la contrebande de déchets illégaux.

Les résultats de « Trente jours d’action » ont confirmé selon ouest-france.fr, que l’Asie et l’Afrique représentent les principales destinations des déchets exportés illégalement depuis l’Europe ou l’Amérique du nord, un trafic existant aussi entre pays européens, relève Interpol. Selon le communiqué, les autorités néerlandaises ont ainsi découvert plus de dix mille tonnes de déchets qui pourraient faire partie d’un trafic au sein même de l’Europe ou actif entre les Pays-Bas et l’Afrique occidentale, ou encore l’Asie du Sud ou du Sud-Est. L’opération a également permis la mise au jour de nouveaux circuits pour ce type de trafic, empêchant notamment le transfert de 300 tonnes de déchets dangereux depuis Chypre vers l’Amérique centrale, alors que cette dernière région n’était pas spécifiquement jusqu’ici liée à ce type de trafic.  Le trafic de déchets, où la criminalité organisée est active, cherche à profiter des différences existant entre les pays et les régions dans la gestion de ce type de produits, ou encore de législations laxistes. Son coût sur l’environnement est considérable, pouvant être à l’origine de la pollution des sols, de l’air ou de l’eau. Ce phénomène figure pour ces cinq prochaines années comme l’une des priorités de l’Union européenne dans la lutte contre la criminalité organisée.

S’il existe un réseau criminel d’une telle ampleur – l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique estime que 10% du fret mondial est composé de déchets dangereux et interdits à l’exportation –, c’est avant tout parce que le traitement des déchets représente un coût important pour les entreprises. Celles-ci cherchent alors à contourner les législations les plus strictes pour profiter des normes laxistes ou des faibles coûts qu’offrent les pays en développement (entre autres). Pourtant, ces déchets sont un réel danger pour l’environnement et dans certains cas pour la santé. Comme le souligne le communiqué publié par Interpol : « Les déchets illégaux sont une problématique mondiale : parmi les 275 millions de tonnes de déchets pastiques produits en 2010, plus de 12,7 millions de tonnes ont été illégalement jetées dans l’océan ; de la même façon, seulement 10 à 40 % des 42 millions de tonnes de déchets électroniques produits à l’échelle globale ont été jetés légalement. Quand des déchets dangereux ne sont pas correctement éliminés, ils contaminent l’eau, le sol et l’air, menaçant la sécurité et la santé mondiales. »

Moctar FICOU / VivAfrik

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