Le Cameroun sous le diktat de trois crises, la FAO en situation d’urgence

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Le Cameroun est confronté à une « augmentation drastique des besoins humanitaires », avait alerté l’Organisation des Nations unies (ONU). Environ 4,3 millions de personnes, « soit une (…) sur six, en majorité des femmes et des enfants », ont besoin d’une « assistance vitale » au Cameroun, a précisé Allegra Baiocchi, coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Cameroun, estimant que les attaques contre les civils se sont multipliées. « De nombreuses personnes touchées par le conflit survivent dans des conditions difficiles sans assistance humanitaire », a-t-elle ajouté

Ce qui fait dire à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) que le pays est confronté à des urgences multiples et complexes, principalement dans la région de l’Extrême-Nord en raison de l’insurrection de Boko Haram, de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de celle liée à l’arrivée de réfugiés de la République centrafricaine dans les régions de l’est. Si l’on se fie à fao.org, ces trois crises sont caractérisées par des conflits armés, affectant considérablement la population et exacerbant leurs vulnérabilités.

L’insurrection de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad continue de provoquer un afflux massif de réfugiés provenant du Nigéria ainsi que des déplacements internes de personnes dans la région de l’Extrême-Nord. De plus, l’est du pays accueille des réfugiés de la République centrafricaine. La crise dans les deux régions anglophones du pays a également touché le Cameroun et notamment les régions du Littoral et de l’Ouest, en raison des populations qui recherchent des zones sécurisées. Plus d’1 million de personnes sont déplacées et les agriculteurs sont contraints d’abandonner leurs champs et par conséquent leurs moyens d’existence. De surcroît, les personnes déplacées exercent des pressions sur les ressources naturelles, déjà limitées, des communautés d’accueil vulnérables.

Situation préoccupante de la sécurité alimentaire

En dépit d’une légère baisse des prix des céréales et de l’aide alimentaire fournie durant 2018, l’insécurité alimentaire reste généralisée, en particulier dans le nord du pays où les effets de la sécheresse et des inondations s’ajoutent à l’insécurité et à la perte des moyens d’existence. Pendant la période de mars à mai 2019, 749 430 personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire grave et 227 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë globale en 2019.

Les activités agricoles continuent d’être gravement touchées, en particulier dans la région de l’Extrême-Nord, en raison des chocs climatiques récurrents et de troubles sociaux qui s’étendent depuis le Nigeria. Dans la région, les activités d’élevage ont également été touchées par la crise, avec un nombre important de vols de bétail. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où 70 pour cent de la population dépendent de l’agriculture pour leurs moyens d’existence, la recrudescence de la violence entre groupes armés et forces gouvernementales a engendré le déplacement d’environ 438 000 personnes, obligeant les agriculteurs à abandonner leurs champs. Cela a entraîné une baisse de la production agricole ainsi qu’une hausse des prix des produits alimentaires de base, tels que le maïs et les haricots. L’insécurité a également entravé les mouvements de population et a limité l’accès aux marchés, ce qui entraînera l’épuisement des stocks et accroîtra la vulnérabilité de la population face à l’insécurité alimentaire aiguë.

Améliorer la production alimentaire

L’irrégularité des conditions météorologiques et l’insécurité généralisée continuent de réduire la production agricole. En 2019, il est fondamental de continuer à fournir une assistance agricole aux communautés vulnérables du Cameroun, tout en soutenant les moyens d’existence afin d’accroître la production alimentaire et de renforcer leur résilience. Dans le cadre du Plan de réponse humanitaire pour 2017–2020, la FAO requiert 20 millions d’USD pour 2019 afin d’assister 231 350 agriculteurs touchés par la crise, à travers notamment l’amélioration de la production vivrière  et maraîchère, et de l’élevage.

La FAO codirige les activités du Cluster sécurité alimentaire afin de renforcer la résilience des populations vulnérables et soutenir les acteurs locaux à faire face aux crises. Grâce à la collecte et l’analyse de données sur les risques futurs, ainsi que à la mise en place d’une assistance coordonnée et vitale aux populations vulnérables, la FAO vise non seulement à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, mais aussi à renforcer l’accès à l’information.

Contrôler les maladies animales transfrontières

La FAO travaille afin de renforcer les capacités en matière de prévention, de détection et de réponse face aux menaces de maladies. Les activités sont mises en œuvre par le Centre d’urgence pour la lutte contre les maladies animales transfrontières (ECTAD) de la FAO, au Cameroun et dans 34 autres pays. De nombreuses communautés dépendent des animaux pour leurs moyens d’existence, leur sécurité alimentaire et leur nutrition. Lorsque les maladies passent des animaux à l’homme, elles peuvent se propager à l’échelle planétaire en quelques heures ou jours et constituent une menace à la sécurité sanitaire mondiale. La FAO vise à réduire l’impact des maladies animales sur les vies et les moyens d’existence et contribue à empêcher l’émergence et la propagation de potentielles pandémies.

Moctar FICOU / VivAfrik                     

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