L’extrême pauvreté va devenir un phénomène exclusivement africain en 2030 (BM)

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L’extrême pauvreté va devenir un phénomène presque exclusivement africain à l’horizon 2030 faute d’initiatives d’envergure pouvant permettre la création de débouchés économiques et l’atténuation des risques pour les pauvres, a indiqué la Banque mondiale dans un rapport consacré à la conjoncture économique africaine. « Faute d’initiatives d’envergure pour créer des débouchés économiques et atténuer les risques pour les pauvres, l’extrême pauvreté va devenir un phénomène presque exclusivement africain à l’horizon 2030 », lit-on dans ce rapport rendu public mercredi à Washington. Le document intitulé « Africa’s Pulse » rappelle qu’en 2015 déjà, quatre Africains sur dix, soit plus de 416 millions d’individus, survivaient avec moins de 1,90 dollar par jour. La lutte contre la pauvreté doit donner aux pauvres les moyens d’agir et s’attacher à accélérer la transition démographique et la baisse des taux de fécondité, préconise la Banque mondiale dans son rapport. L’institution financière internationale appelle également à mieux tirer parti du système alimentaire par la valorisation de l’agriculture et le développement des activités rurales non agricoles. Elle invite dans le même temps à s’intéresser aux facteurs de risque et de conflit et à augmenter et optimiser l’allocation de fonds publics pour améliorer le quotidien des plus vulnérables. La résorption des inégalités entre les hommes et les femmes en matière de santé, d’éducation, d’autonomie et d’emploi sera essentielle, souligne le rapport. Il fait remarquer que l’Afrique subsaharienne est la seule région du monde pouvant se targuer d’avoir plus de femmes au profil entrepreneurial que d’hommes, renseigne faapa.info.

A Dakar, Sénégal et France s’accordent pour lutter contre l’immigration irrégulière

La France et le Sénégal ont renouvelé dimanche leur engagement à coopérer pour lutter contre les migrations irrégulières à l’occasion de la visite à Dakar du Premier ministre français Edouard Philippe venu également s’entretenir avec le président Macky Sall de la lutte antijihadiste au Sahel. Sept semaines après un débat au Parlement français sur l’immigration voulu par Emmanuel Macron, qui a notamment abouti à la future instauration de quotas d’immigration professionnelle, France et Sénégal se sont notamment engagés à « poursuivre une coopération efficace contre les migrations irrégulières », selon les termes de la déclaration commune. « Une politique migratoire ce n’est pas qu’une addition de contraintes, c’est aussi l’expression de choix affirmés », a résumé M. Philippe, qui a été accueilli à la mi-journée par M. Sall au palais présidentiel. « La délivrance des titres de séjour doit répondre à des principes clairs et ne pas être le fruit d’une forme de passivité », a ajouté le Premier ministre devant la communauté française vivant à Dakar. Parmi les leviers dont dispose la France, l’aide publique au développement, dont le budget total doit atteindre 0,55% du PIB en 2022. Environ 2 milliards d’euros ont été distribués au Sénégal depuis 2007 : des « efforts » qui doivent « produire des résultats sur l’immigration irrégulière », souligne Matignon. « La coopération (…) peut encore s’améliorer dans la logique d’engagement réciproque », a insisté M. Philippe dimanche. La France soutiendra ainsi la modernisation de l’état civil sénégalais ainsi que certains services de police et gendarmerie dédiés aux contrôles des frontières et à la lutte contre le trafic des migrants. Un des campements sauvages des migrants installés à la porte de La Chapelle, dans le nord de Paris, France, 17 août 2017. Concernant l’immigration légale, Matignon salue la « vraie dynamique », « de l’ordre de 7% », d’admission d’étudiants sénégalais (12.500 en 2019) dans l’enseignement supérieur français.

– Trois patrouilleurs vendus –

M. Philippe souhaite « augmenter le nombre de passeports talents », réservés aux étrangers disposant de certaines qualifications, « et de visas de circulation de longue durée ». Il s’est aussi engagé à réduire de moitié dès début 2020 les délais de traitement des demandes de visas. Quatre feuilles de route ont été paraphées à l’issue du 4eme séminaire intergouvernemental entre les deux pays: elles portent sur les enjeux de sécurité et de défense; l’éducation, la jeunesse et la formation; l’émergence du Sénégal; la mobilité et la migration. Pour le volet économique, alors que la France est le premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger au Sénégal, un accord a été signé pour la vente de trois patrouilleurs hauturiers du groupe français Kership. Un contrat de plusieurs centaines de millions d’euros qui se double de la vente de missiles du groupe européen basé en France MBDA. La cérémonie a revêtu une dimension symbolique avec la restitution du sabre d’El Hadj Oumar Tall, un chef de guerre et érudit musulman qui a conquis au XIXe siècle un immense territoire à cheval sur le Sénégal, la Guinée et le Mali, et a lutté contre l’armée coloniale française. « Il fallait du courage pour s’élever au-dessus du tumulte et entreprendre l’exercice délicat de rapatriement du patrimoine africain. Le président Macron a eu ce courage », a salué M. Sall.

Moctar FICOU / VivAfrik                       

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